Opération Gardien des murs : Benny Gantz félicite l’armée israélienne
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Opération Gardien des murs : Benny Gantz félicite l’armée israélienne

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé un cessez-le-feu sans conditions; Israël demande tout de même aux habitants du sud de rester près des abris

Le ministre de la Défense Benny Gantz parle aux soldats de l'armée de l'air en charge du système de défense antiaérienne du Dôme de fer, le 11 mai 2021. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le ministre de la Défense Benny Gantz parle aux soldats de l'armée de l'air en charge du système de défense antiaérienne du Dôme de fer, le 11 mai 2021. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Israël et le Hamas, mouvement terroriste islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, ont chacun annoncé jeudi soir avoir approuvé un accord de cessez-le-feu « simultané et mutuel », « négocié par l’Egypte » et visant à mettre fin à plus de dix jours d’affrontements meurtriers.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a félicité l’armée israélienne, saluant les « accomplissements militaires sans précédent en termes de force, de précision et d’importance stratégique dans la lutte contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza » au cours de l’opération Gardien des Murs.

Gantz a déclaré que l’armée restait en état d’alerte élevé en cas d’attaques supplémentaires depuis Gaza et que « la réalité sur le terrain déterminera la poursuite de l’opération. »

Il a exhorté les Israéliens à continuer à se conformer aux instructions de sécurité du commandement de la défense passive.

Le chef d’État-major israélien Aviv Kohavi lors d’une conférence de presse, le 16 mai 2021. (Capture d’écran)

« Le cabinet de sécurité, ce [jeudi] soir, a accepté à l’unanimité la recommandation de l’ensemble des responsables de la sécurité, du chef d’état-major de Tsahal, du chef du Shin Bet, du chef du Mossad et du chef du Conseil de sécurité nationale d’accepter l’initiative égyptienne pour un cessez-le-feu mutuel sans conditions préalables, qui prendra effet à un moment à déterminer. Le chef d’état-major de Tsahal, l’armée et le chef du Shin Bet ont informé les ministres des réalisations importantes d’Israël dans l’opération, dont certaines sont sans précédent. La direction politique souligne que c’est la réalité sur le terrain qui déterminera l’avenir de l’opération, » lit-on dans un communiqué du bureau de Benjamin Netanyahu.

Un responsable du groupe terroriste du Hamas a ensuite confirmé à l’agence de presse Reuters qu’un cessez-le-feu « mutuel et simultané » avec Israël avait été conclu, mettant fin au conflit qui dure depuis 11 jours à Gaza.

Le cessez-le-feu entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi à 2 heures du matin.

Alors que l’accord de cessez-le-feu à Gaza venait d’être confirmé, les sirènes d’alerte à la roquette ont pourtant retenti dans les communautés israéliennes proches de la bande de Gaza, signalant l’arrivée d’un barrage de tirs.

Les sirènes ont été entendues dans les communautés de Netiv Ha’asara, Erez et Yad Mordechai.

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi pendant une conférence de presse à l’Elysée, à Paris, le 7 décembre 2020. (Crédit : Michel Euler/AP)

L’Egypte va envoyer deux délégations à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour veiller au respect du cessez-le-feu approuvé jeudi soir par Israël et les groupes armés palestiniens, ont indiqué des sources diplomatiques égyptiennes.

« Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en oeuvre (du cessez-le-feu) et le processus pour maintenir des conditions stables de manière permanente », ont indiqué ces sources à l’AFP, soulignant que ce cessez-le-feu « simultané et mutuel » avait été « négocié par l’Egypte ».

L’Egypte a cherché à renouer avec son rôle régional historique en offrant sa médiation dans le conflit.

En 2014, Le Caire avait été à l’origine d’un cessez-le-feu après la guerre sanglante de plusieurs semaines entre l’Etat hébreu et le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, voisine de l’Egypte.

Mardi, Le Caire a promis « 500 millions de dollars pour la reconstruction » à Gaza après les bombardements et des « entreprises égyptiennes pour mener les travaux ».

Les Etats-Unis avaient demandé au Caire et à d’autres proches alliés arabes, dont Tunis et Doha, de s’investir pour obtenir un cessez-le-feu.

Joe Biden et son homologue égyptien se sont pour la première fois entretenu au téléphone jeudi depuis la prise de fonctions du président américain. Et lundi, le président Abdel Fattah al-Sissi avait fait un point sur ces efforts de médiation avec son homologue français Emmanuel Macron, lors d’une rencontre à l’Elysée.

Benjamin Netanyahu et Joe Biden. (Crédit : montage photos Flash 90/AP)

Alors que les médias égyptiens ont coutume de désigner l’enclave palestinienne de « foyer terroriste », le président Sissi a ordonné « exceptionnellement » la semaine dernière l’ouverture du terminal de Rafah pour permettre à des blessés de Gaza d’être traités dans des hôpitaux égyptiens, et pour faire passer de l’aide médicale.

Dans un discours au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a estimé, à l’adresse d’Israël, que des « concessions » devaient « être faites ».

Auteur d’un livre sur le Hamas et expert du cercle de réflexion Crisis Group, Tareq Baconi juge que l’Egypte cherche encore un juste équilibre entre une coordination en matière de renseignement avec le Hamas et son aversion pour les Frères musulmans, liés au mouvement palestinien maître de Gaza. « La stratégie (…) est similaire à celle d’Israël », résume-t-il: « s’assurer que Gaza ne prospère pas et que le Hamas reste contenu à l’intérieur ».

Osama Hamdan s’adresse à Al Jazeera en août 2014 (Capture d’écran : Youtube)

Selon Osama Hamdan, un haut responsable du Hamas basé à Beyrouth et membre du puissant bureau politique décisionnel du Hamas, le Qatar a aussi été impliqué dans les négociations.

« La résistance a forgé une nouvelle équation et une nouvelle victoire », a estimé Hamdan.

Hamdan a assuré que le Hamas avait reçu des assurances concernant la politique israélienne à l’égard du mont du Temple et de Sheikh Jarrah, où quatre familles palestiniennes risquent d’être expulsées dans le cadre d’un conflit de propriété avec des Juifs nationalistes de droite.

Les responsables israéliens, s’adressant à la radio de l’armée, ont de leur côté nié avoir conclu un quelconque accord avec le Hamas sur les questions qui agitent Jérusalem, qualifiant les propos d’Hamdan
« d’absurdes et faux ». Le cessez-le-feu est sans condition aucune, a souligné les responsables.

Entre-temps la vice-présidente américaine Kamala Harris a annoncé s’être entretenue jeudi avec le roi Abdallah II de Jordanie au sujet des efforts diplomatiques déployés par Washington pour obtenir un cessez-le-feu entre Israël et les groupes terroristes de Gaza.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui terminait jeudi au Groenland une tournée consacrée à l’Arctique au cours de laquelle il aura été fort occupé par le conflit israélo-palestinien, s’est dit prêt à se rendre au Moyen-Orient s’il y a un « bon moment ».

Le leader du parti Tikva Hadasha Gideon Saar a, lui, critiqué l’accord de cessez-le-feu fraichement conclu avec le Hamas par l’intermédiaire de l’Égypte et de Doha.

« Avec les meilleurs renseignements et la meilleure force aérienne du monde, Netanyahu a réussi à arracher au Hamas un ‘cessez-le-feu inconditionnel’ – embarrassant », a tweeté le rival de droite du Premier ministre.

L’AFP a contribué à cet article.

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