Oren Hazan, suspendu de la Knesset pour 6 mois
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Oren Hazan, suspendu de la Knesset pour 6 mois

La commission d'éthique déclare que le député Likud a "déshonoré la Knesset, l'amenant à un niveau sans précédent" ; lui inflige la peine maximale pour avoir insulté ses collègues

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député Likud Oren Hazan s'exprimant lors d'une séance plénière de la Knesset, le 27 novembre 2017. (Hadas Parush/Flash90)
Le député Likud Oren Hazan s'exprimant lors d'une séance plénière de la Knesset, le 27 novembre 2017. (Hadas Parush/Flash90)

En proie à des scandales depuis son entrée à la Knesset il y a deux ans, le député du Likud, Oren Hazan, a été frappé d’une interdiction de six mois sur les activités parlementaires mercredi, la commission d’éthique de la Knesset lui infligeant la punition maximale pour une série d’incidents au cours desquels il a insulté ses collègues députés.

Le comité, composé de deux députés de la coalition et de deux députés de l’opposition chargés de surveiller le comportement et les activités publiques des législateurs, a annoncé que la décision avait été prise « après avoir reçu de nombreuses plaintes de commentaires injurieux, humiliants et offensants contenant des propos désobligeants ».

L’interdiction s’applique à tous les débats en commission et en plénière, mais n’empêchera pas Hazan de voter. À la fin de chaque débat, il sera autorisé à entrer dans la salle pour voter avant d’être raccompagné de nouveau.

Le comité a également décidé de suspendre son salaire pendant une semaine, soit 12 600 shekels (3 700 dollars).

La décision concernait neuf affrontements verbaux qu’Hazan a eus avec d’autres parlementaires au cours des deux derniers mois, ainsi qu’un incident survenu en décembre au cours duquel il est monté dans un bus transportant des Palestiniens en route pour rendre visite à des proches incarcérés à la prison de Nafha dans le sud d’Israël et les a qualifiés de « familles d’animaux ».

Le député du Likud Oren Hazan monte dans un bus transportant des membres de la famille de Gazaouis détenus dans une prison militaire israélienne, le 25 décembre 2017. (Capture d’écran : Israel Hayom)

Dans des termes inhabituellement durs, le comité a déclaré que les actions de Hazan « déshonoraient la Knesset, l’amenant à un niveau sans précédent ».

« Il n’y a pratiquement pas un jour qui se passe sans qu’il n’y ait un incident provocateur auquel il soit mêlé », note la décision.

Hazan, qui est entré à la Knesset lors des dernières élections, est devenu l’enfant terrible du Parlement israélien.

Peu après son entrée en politique, la Deuxième chaîne a rapporté que Hazan avait engagé des prostituées pour ses amis et pris de la méthamphétamine ou « crystal meth » alors qu’il dirigeait un casino en Bulgarie en 2013.

Il a poursuivi le journaliste Amit Segal pour diffamation, mais le tribunal a rejeté la plus grande partie du procès, affirmant que le reportage s’apparentait à « un journalisme responsable, sérieux et reflétait la réalité telle qu’elle était ».

Depuis qu’il est entré à la Knesset, Hazan a été inculpé pour agression, s’est moqué publiquement d’un collègue handicapé et a été interdit temporairement de la Knesset à plusieurs reprises pour divers actes répréhensibles.

Les députés Union sioniste Omer Bar-Lev et Michal Biran lors de la mission Ruderman de la Knesset à Newton, près de Boston, le 13 avril 2016 (Elan Kawesch/The Times of Israel)

Dans l’un des récents incidents débattus par le comité, Hazan – répondant au fait d’avoir été traité de « proxénète » par la députée de l’Union sioniste Michal Biran – l’a traité de prostituée en lui précisant que « personne ne te regarderait ».

Mardi, le comité a annoncé qu’il imposerait une interdiction d’une semaine à Biran pour cet incident.

Lors d’une altercation la semaine dernière, Hazan a interpellé le député Jamal Zahalka après que la Liste arabe unie a brandi des pancartes lors du discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset qui mentionnaient : « Jérusalem est la capitale de la Palestine ». D’après les images vidéo communiquées au comité, Hazan a hurlé à plusieurs reprises « terroristes » à l’intention de Zahalka.

Le comité a également reçu des plaintes au sujet de plusieurs autres incidents dans lesquels Hazan a été accusé d’avoir dit à des députés arabes « sortez d’ici » et « retournez à Gaza », tant pendant les débats en commission et en plénière que dans les couloirs du Parlement.

Le mois dernier, Hazan à la tête d’un petit groupe de manifestants a bloqué des bus transportant des Palestiniens de Gaza pour aller rendre visite à leurs proches incarcérés dans une prison israélienne, et a qualifié les proches des détenus de « familles de ces animaux » et a déclaré que les prisonniers méritaient d’être « sous terre ».

« Le comité a été choqué par le comportement récurrent et les déclarations du député Hazan telles qu’elles ont été exprimées dans ces incidents », peut-on lire dans la décision, précisant que ses actes étaient « ravageurs, violents, dégradants et intimidants… et qu’ils étaient souvent racistes et vulgaires. »

Reconnaissant le caractère particulièrement sévère de la punition infligée à Hazan, le comité a déclaré que la décision avait été prise après que des mesures disciplinaires antérieures contre lui n’ont pas réussi à modifier son comportement.

Le député Likud « ne semble toujours pas avoir intériorisé à quel point son comportement est problématique », a ajouté le comité.

Le député du Likud Oren Hazan réagit à un discours prononcé par la députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie à la Knesset le 27 décembre 2017. (Hadas Parush/Flash90)

La seule autre fois où la commission d’Éthique a infligé une punition aussi sévère fut en 2014, lorsque la députée Hanin Zoabi a été interdite pendant six mois à cause de plusieurs déclarations provocatrices dans les médias, notamment pour avoir déclaré que les assassins de trois adolescents israéliens enlevés en juin de cette année-là n’étaient pas des terroristes.

En réponse au verdict, avec une candeur inhabituelle, Hazan a décrit son interdiction comme « un cadeau pour les terroristes » et a accusé le président de la Knesset Yuli Edelstein de « suivre le chemin des terroristes » en n’imposant pas de punitions plus sévères aux députés arabes pour leur protestation pendant le discours de Pence.

La ministre de la Culture, Miri Regev (Likud), a également critiqué cette décision, la qualifiant de « déséquilibrée et injuste ».

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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