Ori Lahav : gérer une start-up est un marathon
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Interview

Ori Lahav : gérer une start-up est un marathon

Le directeur technique et cofondateur d'Outbrain emmène son fils à l'école, déteste quand les choses s’enlisent, et organise un voyage annuel pour aider une ONG

Ori Lahav, le cofondateur d'Outbrain, organise une fois par an un voyage pour faire de la voile pour les entrepreneurs technologiques (Crédit : Autorisation)
Ori Lahav, le cofondateur d'Outbrain, organise une fois par an un voyage pour faire de la voile pour les entrepreneurs technologiques (Crédit : Autorisation)

Ori Lahav, 47 ans, directeur technique et cofondateur d’Outbrain, accompagne son fils de 8 ans à l’école le matin et essaie de rentrer dîner à la maison avec sa famille. Il passe ses journées en réunion et a le loisir de choisir les projets qu’il décide d’entreprendre.

Outbrain, fondé en 2006 par Lahav et Yaron Galai, qui ont servi ensemble dans la marine israélienne pendant leur service militaire obligatoire, a développé un logiciel qui permet aux sites d’information, comme CNN, Fox News et Slate, d’offrir à leurs lecteurs un contenu pertinent en se basant sur leurs précédentes recherches.

L’entreprise emploie quelque 600 employés à travers le monde, dont 250 en Israël, principalement en recherche et développement. Outbrain, qui a levé quelque 193 millions de dollars à ce jour auprès d’investisseurs privés, a été nommé par le Centre de recherche IVC, qui suit de près le marché de la haute technologie israélienne, comme l’une des 24 entreprises israéliennes mûres pour lancer une première offre publique de vente d’actions.

Gérer une grande entreprise pose des défis différents de la gestion d’une start-up naissante, a expliqué Lahav. Mais à chaque étape de la croissance d’Outbrain, il a travaillé et travaille encore très dur. Plus la compagnie est grande, plus les malheurs sont grands, a-t-il souligné. Il aime chaque minute de ce défi. Sauf quand les choses s’enlisent sans raison. Cela l’irrite au plus haut point.

Pendant son temps libre, cet ancien kibboutznik adore naviguer. Chaque année, il organise un voyage en Grèce pour les entrepreneurs en technologie, pour qu’ils échangent des idées et puissent faire de la voile. En échange, il leur demande de soutenir une organisation à but non-lucratif qu’il soutient.

Lahav a refusé d’évoquer un éventuel projet d’introduction en bourse de sa start-up.

Ori Lahav, co-fondateur et directeur technique chez Outbrain (Crédit : Autorisation)

Quels défis rencontrez-vous dans la gestion d’une entreprise technologique plus importante par rapport à une petite entreprise ?

Lorsque vous êtes une entreprise de plus grande taille, votre objectif n’est plus votre produit unique, mais un ensemble de produits destinés à un certain nombre de marchés et traitant de différentes cultures. Tout cela doit être géré de manière professionnelle, et cela est un véritable challenge.

De plus, quand plus vous êtes gros, vous gérez des sommes importantes — vous devez donc être mieux organisé — une petite erreur peut vous coûter beaucoup d’argent.

Vous vous êtes également chargé de décider de l’ADN de votre entreprise. En tant que petite entreprise, la culture de l’entreprise se transmet à la machine à café. Mais à mesure que l’organisation se développe, il y a beaucoup moins d’interaction entre la direction et les employés, et vous devez donc commencer à formaliser l’ADN — pour donner tous les outils nécessaires pour devenir des ambassadeurs de cette culture.

Quelle est la culture d’Outbrain ?

Faire le boulot, mettre en place un lien de confiance avec nos employés et nos clients. La mission de l’entreprise est d’aider les gens à découvrir du contenu intéressant, et notre travail consiste à créer cette confiance.

Qu’avez-vous le plus aimé, diriger une start-up ou gérer votre entreprise maintenant ?

Je me suis amusé à lancer la start-up et je m’amuse maintenant. Nous aimons les défis, cela fait aussi partie de notre culture d’entreprise. Les défis nous poussent vers l’avant. En tant que start-up ou entreprise développée, les défis sont toujours nouveaux et développent vos capacités. Et c’est ce qui nous donne ce frisson.

Et à chaque étape, vous vous dites, maintenant je suis vraiment au maximum, et là il faut passer à l’étape suivante. Les défis grandissent au fur et à mesure que votre entreprise se développe.

À quel point est-ce facile pour vous de déléguer ?

Nous recevons toujours l’aide de personnes que nous employons pour travailler avec nous — c’est la beauté d’une organisation plus grande. Vous pouvez obtenir l’aide de personnes qui sont les meilleures, qui sont meilleures que vous dans d’autres domaines. Ça ne tue pas de déléguer un peu.

Qu’avez-vous appris pendant votre service dans les marines qui vous aide aujourd’hui ?

Comment diriger des gens qui sont beaucoup plus professionnels que vous, et c’est une compétence incroyable pour quiconque rentre dans le monde des affaires et de la technologie.

Parfois, les fondateurs sont un obstacle à la croissance de l’entreprise. Que pensez-vous de cela ?

Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, les fondateurs sont un élément clé de l’entreprise, même après la croissance de l’entreprise. La plupart des entreprises, comme Apple et Google, par exemple, ont atteint les plus hauts sommets lorsque leurs fondateurs sont revenus. Les fondateurs font quelque chose de différent pour l’entreprise, ils sont une partie importante de l’entreprise.

Les entrepreneurs — les fondateurs — sont généralement une équipe et ils apprennent beaucoup de choses en cours de route.

Qu’avez-vous étudié ?

J’ai étudié l’ingénierie logicielle pratique au Ruppin Academic Center, un institut privé en Israël.

Votre conseil aux start-ups

Allez-y doucement, c’est un long chemin. Ne vous épuisez pas sur des sprints très rapides car c’est un marathon. Faites les choses de la bonne manière, ne vous pressez pas.

Il est préférable de mettre en place une start-up quand vous êtes plus âgé, et après avoir acquis de l’expérience de travail dans une grande entreprise de technologie. J’ai gagné en expérience chez Shopping.com et eBay. Lorsque vous travaillez dans une grande entreprise, vous créez le milieu – le cadre social — de personnes qui peuvent ensuite venir travailler avec vous.

À quoi ressemble votre journée typique ?

« Je me lève quand l’un de mes enfants me réveille. J’ai trois enfants, âgés de 8, 14 et 17 ans. Je passe du temps avec eux et moi ou ma femme préparons leurs sandwichs pour l’école et ensuite j’emmène mon enfant de 8 ans à l’école, soit en voiture ou à pied. Je vais travailler vers 9h30. Si je fais du sport, de Cross-Fit, je vais au travail à 10 heures.

Ma journée est remplie de réunions – de réunions internes, d’évaluations pour le recrutement, de réunions de direction une fois que les États-Unis se réveillent, ce qui est dans l’après-midi en heure israélienne. Ma journée est très chargée. La plupart de mon travail se passe en Israël – je suis le responsable technologique de l’entreprise et je suis impliqué dans les développements technologiques de notre produit.

Nous avons atteint le stade où je n’ai plus besoin d’être impliqué dans tous les petits détails — je peux choisir si j’interviens ou pas. Et c’est parce qu’il y a une équipe de gestion en place pour couvrir tous les aspects.

Je rentre à la maison entre 18 et 20 heures, je dîne avec ma famille, je met le petit au lit et ensuite, si nécessaire, je travaille encore la nuit, à cause du marché américain.

Qu’est-ce qui vous agace ?

Quand les choses s’enlisent, sans raison. Quand les choses ne progressent pas aussi vite qu’elles le devraient, je dois alors intervenir pour débloquer les choses.

Où trouvez-vous de la joie dans votre travail ?

Lorsque nous créons de la valeur pour nos clients, nous pouvons mesurer cela avec des données. Et en équipe, nous apprenons quelque chose de nouveau sur nos capacités.

Travaillez-vous plus dur maintenant ou était-ce plutôt le cas lorsque l’entreprise était petite ?

« J’ai toujours travaillé dur. »

Comment vous détendez-vous ?

Je vais à la plage.

Quels sont vos hobbies ?

Je suis un marin et j’aime le kayak. J’emmène ma famille et mes amis en vacances et, une fois par an, j’embarque des entrepreneurs en technologie pour un voyage pour faire de la voile, pour tisser des liens, échanger des idées. C’est un voyage de cinq jours. Nous louons trois yachts et naviguons dans les eaux grecques. Je ne facture pas pour l’organisation du voyage, mais je demande aux entrepreneurs de contribuer à Tmura, un organisme à but non lucratif qui obtient des options dans les start-ups comme des dons et donne tout ce qu’il gagne dans la promotion de l’éducation.

Comment vous définiriez-vous ?

Comme une personne d’action qui ne peut pas se reposer quand les choses ne bougent pas assez vite. Les gens me fascinent et j’aime le contact direct avec les gens. J’aime les défis, c’est en cela que la technologie me comble. J’aime l’horizon ouvert. Je serai toujours attiré par la mer et le désert.

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