Orlando : le tueur inspiré mais pas dirigé par l’EI
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Orlando : le tueur inspiré mais pas dirigé par l’EI

Omar Mateen a été inspiré par la propagande sur internet de l'EI, mais rien n'indique que son crime ait été commandité

Omar Mateen, un citoyen américain d'origine afghane, âgé de 29 ans, qui a perpétré l'attentat au Pulse à Orlando en Floride, le 12 juin 2016, au nom de l'État islamique (Crédit : autorisation)
Omar Mateen, un citoyen américain d'origine afghane, âgé de 29 ans, qui a perpétré l'attentat au Pulse à Orlando en Floride, le 12 juin 2016, au nom de l'État islamique (Crédit : autorisation)

Omar Mateen, l’Américain qui a perpétré dimanche à Orlando le pire attentat aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre, a été inspiré par la propagande sur internet du groupe Etat islamique, mais rien n’indique que son crime ait été commandité depuis l’étranger.

L’attaque à l’arme automatique menée par Omar Seddique Mateen a provoqué la mort de 49 personnes dans une boîte de nuit homosexuelle en vogue d’Orlando, une ville touristique de Floride réputée mondialement pour ses parcs d’attraction.

L’attentat a fait aussi 53 blessés et le tueur, un Américain d’origine afghane né à New York il y a 29 ans, a provoqué une onde de choc et d’indignation dans le monde. Les témoins ont décrit des scènes de « chaos » et d’horreur.

« Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d’informations extrémistes sur internet », a affirmé lundi le président Barack Obama après une réunion dans le Bureau ovale avec le directeur du FBI James Comey et le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson.

Allocution de Barack Obama le 12 juin 2016 suite à l'attentat de l'EI qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay d'Orlando en Floride (Crédit : AFP/Yuri Gripas)
Allocution de Barack Obama le 12 juin 2016 suite à l’attentat de l’EI qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay d’Orlando en Floride (Crédit : AFP/Yuri Gripas)

Toutefois, a précisé le président américain, il n’y a « pas de preuves claires indiquant qu’il était dirigé depuis l’extérieur » ni « de preuves directes indiquant qu’il faisait partie d’un complot plus vaste ».

« Il a annoncé son allégeance à l’EI à la dernière minute mais il n’existe pas de preuve à ce stade qu’il ait été dirigé par eux », a insisté Barack Obama.

Le tueur, employé dans une société de sécurité, a attaqué le Pulse dimanche vers 02H00 avec un fusil d’assaut et une arme de poing. Après avoir abattu plusieurs personnes il s’est retranché dans les toilettes avec des otages et a appelé les services d’urgence pour revendiquer son « allégeance » au groupe Etat islamique.

‘Eventuels liens terroristes’

Le déroulement n’est pas sans rappeler celui de l’attentat du Bataclan, à Paris, le 13 novembre, avec une prise d’otages conclue par un assaut.

« Quand la situation a semblé stabilisée et le suspect barricadé dans les toilettes, nos négociateurs lui ont parlé et il n’y a pas eu de tirs à ce moment-là », a déclaré le chef de la police de Floride John Mina, décrivant un assaillant calme quand il parlait au téléphone avec les forces de l’ordre.

« Mais il y a eu des conversations à propos de vestes explosives, d’explosifs placés partout, ainsi que des déclarations sur d’autres morts imminentes, c’est pourquoi j’ai pris la décision » de donner l’assaut, a justifié le policier.

A ses yeux, « on savait que c’était la bonne décision et on estime avoir pu sauver beaucoup, beaucoup de vies ».

Interrogé sur d’éventuelles victimes atteintes par les balles de la police, John Mina a répondu que l’enquête le déterminerait : « Huit ou neuf de nos agents du SWAT [les unités d’élite] ont ouvert le feu. Ils étaient contre un mur et on leur tirait dessus », a précisé le chef de la police.

Omar Mateen était suivi par le FBI, qui l’avait interrogé à plusieurs reprises, en 2013 et 2014, pour « d’éventuels liens avec des terroristes ». Mais ces enquêtes avaient été classées sans suite.

Selon CNN le tueur s’était rendu en 2011 et 2012 en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis pour y effectuer des pèlerinages religieux.

Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers mais jure que son acte n’était en rien lié à la religion, y voyant plutôt des motifs homophobes. Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, son ex-compagne ne l’avait elle jamais entendu soutenir le terrorisme.

Le groupe EI a confirmé lundi sur sa radio la revendication du massacre d’Orlando.

Laissé libre, sans antécédents judiciaires, Omar Mateen disposait de deux permis de port d’arme et a pu acheter en toute légalité, quelques jours avant l’attaque, une arme de poing et une arme longue.

Contrôle des armes

Cette fusillade, la pire de l’histoire des Etats-Unis, a déclenché une vague d’émotions et d’hommages à travers le monde. Des dirigeants ont exprimé leur « solidarité », certains s’adressant à la communauté LGBT. Le pape François a exprimé son « exécration » face à la « haine insensée » du tireur.

En Floride, les autorités ont commencé à rendre publics les noms des personnes tuées, au fur et à mesure de leur identification et seulement après que les proches eurent été prévenus. Parmi les victimes, âgées de 19 à 50 ans, de nombreux noms à consonance hispanique car il y avait une soirée latino ce soir-là.

La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, le 4 avril 2016, et son rival républicain, Donald Trump, le 16 février 2016. (Crédit : AFP)
La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, le 4 avril 2016, et son rival républicain, Donald Trump, le 16 février 2016. (Crédit : AFP)

Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a semblé déterminé à exploiter cet attentat pour se forger une image d’homme à poigne. Il a estimé que cela donnait raison à sa proposition choc d’interdire aux musulmans d’entrer aux Etats-Unis.

Sa concurrente démocrate Hillary Clinton a estimé que les Etats-Unis devaient « s’attaquer à ce problème de l’auto-radicalisation », affirmant que si elle est élue elle mettra davantage de moyens et créera « une équipe pour détecter et prévenir les attaques de loups solitaires ».

Le débat s’orientait aussi vers le sujet récurrent du contrôle de la circulation des armes aux Etats-Unis.

Pour Obama, cette attaque est « un nouveau rappel de la facilité avec laquelle quelqu’un peut obtenir une arme qui lui permet de tirer sur des gens dans une école, un lieu de culte, une salle de cinéma ou une boîte de nuit ».

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