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Ormuz : L’Iran campe sur ses positions ; les médiateurs revendiquent des progrès

Un responsable iranien affirme que le détroit ne sera pas rouvert tant que Washington n'aura pas mis fin aux guerres à Gaza et au Liban et débloqué les avoirs ; selon Islamabad, les parties sont "proches d'une sorte d'accord"

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des véhicules passant devant une banderole sur laquelle on peut lire, en anglais et en farsi, « Nous tuerons Trump », ainsi que devant d'autres banderoles représentant les portraits du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite), et de son fils, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, à Téhéran, en Iran, le 10 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Des véhicules passant devant une banderole sur laquelle on peut lire, en anglais et en farsi, « Nous tuerons Trump », ainsi que devant d'autres banderoles représentant les portraits du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite), et de son fils, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, à Téhéran, en Iran, le 10 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Un responsable iranien a promis mardi que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert tant que les États-Unis n’auraient pas cédé à toutes ses exigences, tandis que le Qatar et le Pakistan, deux médiateurs clés, ont indiqué qu’ « une sorte d’accord » était néanmoins sur le point d’être conclu.

Selon l’agence semi-officielle Tasnim, Mohsen Rezaei, le chef du Conseil de sécurité nationale iranien, a déclaré mardi que les États-Unis devaient mettre fin à la guerre, notamment à Gaza et au Liban, débloquer les avoirs iraniens gelés et satisfaire aux autres conditions posées par l’Iran.

Un éventuel accord entre l’Iran et Oman sur le détroit ne garantirait pas pour autant sa réouverture, a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi sur sa chaîne Telegram qu’il avait réitéré des demandes similaires lors d’un entretien téléphonique avec son homologue allemand la veille.

Araghchi a écrit que, lors d’un entretien avec son homologue allemand, Johann Wadephul, lundi soir, il avait « souligné que la sécurité du détroit d’Ormuz passe par la fin des actions agressives et des interventions illégales des États-Unis, notamment le blocus naval et d’autres violations de leurs obligations ».

Wadephul a indiqué sur le réseau social X qu’il avait souligné que « le détroit d’Ormuz devait être ouvert sans condition afin de garantir une navigation libre et sûre pour tous ».

Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi (au centre), entouré d’agents de sécurité alors qu’il se promène lors de la commémoration de l’Arbaeen, à Najaf, en Irak, le 3 août 2026. (Crédit : Anmar Khalil/AP)

Parallèlement, Araghchi a déclaré aux journalistes que l’Iran avait « étonné le monde entier » dans la guerre contre les États-Unis et Israël, prouvant qu’il s’agissait d’une puissance « tenace et invincible ».

Cependant, les médiateurs clés entre Washington et Téhéran, Doha et Islamabad, semblaient optimistes mardi quant à la possibilité qu’un accord soit sur le point d’être finalisé.

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a déclaré lors d’une interview accordée mardi à Bloomberg News que les États-Unis et l’Iran étaient proches d’ « une sorte d’accord ».

« Les choses s’orientent à nouveau en faveur d’un accord de paix ou d’un accord », a indiqué Asif à Bloomberg.

« Les signaux de ces deux ou trois derniers jours indiquent que nous sommes proches d’une sorte d’accord. »

Par ailleurs, deux responsables ont indiqué à l’Associated Press que le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, s’était rendu mardi à Téhéran pour des entretiens visant à encourager l’Iran à reprendre les négociations avec les États-Unis dans le cadre d’un accord de paix provisoire négocié par le Pakistan en juin.

Ces responsables qui ont souhaité garder l’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias, n’ont fourni aucun autre détail.

Le gouvernement pakistanais n’avait pas annoncé publiquement la visite de Naqvi. Il s’agit de son sixième déplacement en Iran dans le cadre des efforts diplomatiques du Pakistan visant à apaiser les tensions entre l’Iran et les États-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (à droite), et le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, à Téhéran, en Iran, le 20 juin 2026. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères, via AP)

Mardi, lors d’un point presse, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a par ailleurs déclaré que les discussions entre Oman et l’Iran sur l’avenir du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz en étaient désormais à un stade avancé.

Ansari a précisé que la priorité consistait à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et à rétablir la situation qui prévalait dans cette voie navigable avant la guerre. Selon lui, tout accord futur concernant le détroit devrait reposer sur « un consensus régional et le respect total du droit international ».

Cependant, lundi soir, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il négociait « plus ou moins » avec l’Iran et qu’il évaluait toujours s’il fallait poursuivre la voie diplomatique ou reprendre les combats, reprenant ainsi les propos qu’il a tenus à maintes reprises ces dernières semaines.

Dans une interview accordée à Real America’s Voice et diffusée lundi soir, Trump a accusé l’Iran d’être des « négociateurs sournois » et a décrit certaines de ses options actuelles dans le conflit : « laisser les choses suivre leur cours » et laisser Téhéran s’effondrer économiquement, ou les frapper « très, très fort ».

« Je négocie en quelque sorte », a déclaré Trump.

« Ce sont des négociateurs très sournois. »

Le président américain a décrit l’une de ses stratégies possibles en ces termes : « Faites ce que je fais en ce moment : contentez-vous de laisser les choses suivre leur cours et regardez à quel point ils sont mal en point. »

« Sur le plan économique, ils sont dans une situation catastrophique. Ils ne peuvent pas emprunter d’argent. Nous contrôlons leur argent, ce qu’ils possédaient, c’est-à-dire beaucoup. Ils en avaient beaucoup, et nous en avons le contrôle total. Je suis leur banquier », a-t-il ajouté, faisant référence aux avoirs iraniens gelés.

Une autre option serait de « les frapper très, très fort », a poursuivi Trump.

Le président a également balayé d’un revers de la main les inquiétudes concernant le manque de munitions, affirmant que les États-Unis en « fabriquaient à tour de bras » et rejetant la responsabilité sur son prédécesseur, l’ancien président américain Joe Biden.

« Nous n’avons aucun problème de munitions… Mais la raison pour laquelle les stocks seraient plus faibles – alors que nous en fabriquons à tour de bras -, c’est que [Biden] a donné pour 300 milliards de dollars de munitions à l’Ukraine », a affirmé Trump.

Selon les analystes, les États-Unis n’auraient fourni à l’Ukraine qu’environ 30 milliards de dollars de munitions et d’armes existantes, un chiffre bien inférieur aux quantités utilisées lors de la guerre de 2025 contre la République islamique d’Iran ainsi que lors des combats qui ont débuté le 28 février.

Les forces armées américaines menant une neuvième soirée consécutive de frappes contre l’Iran, selon une vidéo diffusée le 19 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran via X/CENTCOM)

De nouvelles attaques contre des navires ont été signalées mardi dans le golfe d’Oman et la mer Rouge, ce qui souligne l’aggravation de la menace pesant sur le commerce maritime.

Un hélicoptère militaire américain a tiré sur le gouvernail d’un navire battant pavillon panaméen après que son équipage a ignoré les avertissements du personnel chargé de faire respecter le blocus naval des ports iraniens, a rapporté mardi le Wall Street Journal, citant un responsable américain.

Aucune victime n’a été signalée immédiatement à la suite de cet incident, précise l’article, ajoutant que le navire semblait tenter de transférer son équipage vers un autre navire civil après l’attaque.

Le groupe britannique de gestion des risques maritimes Vanguard et une source spécialisée dans la sécurité maritime ont indiqué plus tôt que, selon les premières évaluations, le porte-conteneurs Vela Nova, battant pavillon panaméen, aurait été touché par un missile alors qu’il naviguait dans le golfe d’Oman.

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