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Otages : Israël dit à l’Égypte donner au Hamas « sa dernière chance » avant d’entrer à Rafah

L'État est prêt à faire des concessions pour garantir un accord mais ne permettra pas au Hamas de faire traîner les choses pour tenter d'éviter l'assaut prévu dans le sud de Gaza

Des Israéliens pendant une manifestation des proches des otages détenus à Gaza par les terroristes palestiniens devant le ministère de la Défense à Tel Aviv, le 25 avril 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des Israéliens pendant une manifestation des proches des otages détenus à Gaza par les terroristes palestiniens devant le ministère de la Défense à Tel Aviv, le 25 avril 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les discussions entre des responsables israéliens et une délégation égyptienne de haut-rang, des discussions qui ont porté sur l’offensive imminente de l’armée israélienne à Rafah et sur les efforts visant à conclure un accord avec le Hamas, se sont terminées vendredi. Israël aurait averti à cette occasion que c’était « la dernière chance » de finaliser un accord de trêve avant que l’armée ne lance son attaque à Rafah, programmée depuis longtemps.

Un officiel israélien de premier plan a déclaré aux médias israéliens que les pourparlers avaient été « très bons », qu’ils s’étaient déroulés « dans un bon état d’esprit » et qu’ils avaient « progressé à tous les niveaux ».

Il a confié au site d’information Ynet que les Égyptiens semblaient désireux d’exercer des pressions sur le Hamas en faveur de la conclusion d’un accord, ajoutant : « En arrière-plan, il y a ces intentions très sérieuses de la part d’Israël d’aller de l’avant à Rafah ».

Le responsable israélien a indiqué que l’État juif avait fait savoir qu’il n’accepterait pas que le Hamas fasse traîner les choses – en particulier le chef du groupe terroriste à Gaza, Yahya Sinwar – sur l’accord sur les otages pour éviter le raid massif prévu par les militaires israéliens dans la ville. Il a fait remarquer que les réservistes avaient été rappelés. « C’est notre dernière chance d’entrer à Gaza », a-t-il dit.

« C’est soit un accord dans un proche avenir, soit Rafah », a-t-il continué. Sinwar, à l’origine du massacre du 7 octobre, se cacherait dans les tunnels du Hamas, dans le secteur de Rafah, conservant à proximité, autour de lui, les otages qui lui servent comme autant de boucliers humains.

Le responsable a confirmé qu’Israël était prêt à trouver un accord sur la libération de moins de 40 otages vivants – un chiffre inférieur à ce qui avait été proposé précédemment – mais il a précisé que l’État juif n’accepterait pas la remise en liberté de 20 otages seulement, comme le Hamas l’aurait suggéré au cours de récentes discussions indirectes. Israël estime que 33 otages du Hamas qui sont encore en vie entrent dans la catégorie dite « humanitaire » – qui englobe les femmes, enfants, les hommes âgés de plus de 50 ans et les malades – et insiste sur la nécessité de tous les relâcher.

Un garçon aidant un vendeur à ranger sa marchandise alors qu’il s’installe devant les décombres d’un bâtiment, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 avril 2024. (Crédit : Mohamed Abed/AFP)

Un reportage diffusé par la Douzième chaîne a précisé que ce sujet pourrait être un point de friction majeur si les efforts de médiation avec le Hamas devaient continuer, soulignant toutefois que ce n’était pas le cas pour le moment.

Le reportage n’a pas fait savoir si ces remises en liberté pourraient être la première phase d’un accord plus large sur les captifs. Il n’a pas parlé de la durée de la trêve qui accompagnerait ces libérations ou de la demande soumise par le Hamas depuis le début des négociations – l’arrêt total de la guerre comme condition de nouvelles remises en liberté d’otages.

« Cela entre dans le cadre de ce qui va dorénavant être au cœur des négociations », a déclaré au site Axios, vendredi, un responsable israélien qui n’a pas été identifié. « Le nombre de jours de cessez-le-feu sera lié au nombre d’otages relâchés. Si le Hamas veut un accord humanitaire, Israël n’y fera pas obstacle ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a écarté, de manière répétée, la possibilité de mettre un terme à la guerre avant que le Hamas soit détruit en tant que force militaire et gouvernante.

L’officiel a également déclaré qu’Israël était désireux de faire davantage de concessions – comme permettre le retour des résidents dans le nord de Gaza et peut-être même, de le permettre sans contrôles visant à empêcher les membres du Hamas de profiter de ces mouvements de foule pour se déplacer. L’État juif a aussi fait savoir qu’il pourrait retirer les soldats d’un couloir déterminant de l’enclave qui coupe la bande en deux, a noté la Douzième chaîne.

Des soldats de Tsahal opèrent à l’entrée d’un tunnel dans le centre de la bande de Gaza, dans une image publiée le 18 avril 2024. (Forces de défense israéliennes)

Selon le reportage, l’armée a terminé toutes ses préparations en vue de l’opération à Gaza mais le gouvernement est au point mort en ce qui concerne la coordination de l’offensive avec l’administration américaine.

Il a aussi toutefois affirmé que de nombreuses sources, au sein de l’establishment de la Défense, avaient le sentiment que « le temps est compté » pour les otages ; que ces derniers doivent être « la priorité absolue » et que l’armée pourra reprendre les combats n’importe quand, même si une pause doit intervenir dans le cadre d’un accord sur les otages conclu entre les deux parties.

Selon la Douzième chaîne, les sources non-identifiées du secteur de la Défense ont estimé que Netanyahu devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir la remise en liberté des otages, notant que le Premier ministre craint l’opposition du flanc d’extrême-droite de sa coalition et notamment celle des ministres Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir.

Le reportage a aussi expliqué que les sources considéraient la nécessité de s’attaquer aux quatre bataillons du Hamas qui restent à Rafah comme moins importante que la question de la sécurisation entre la bande et l’Égypte dans la ville, pour empêcher le Hamas de faire entrer illégalement des armes. Israël et l’Égypte, a dit la Douzième chaîne, sont en train de se coordonner pour mettre en place un système de capteurs qui sera installé le long du couloir Philadelphi, qui court entre Gaza et l’Égypte.

Enfin, a noté la chaîne, l’une des raisons du report de l’offensive terrestre à Rafah est la crainte qu’une telle campagne ne vienne encore diaboliser davantage l’État juif à l’international.

Le chef des renseignements égyptiens, Abbas Kamel, avait pris la tête de la délégation pour discuter avec Israël « d’une nouvelle vision » concernant un cessez-le-feu prolongé à Gaza, avait dit un responsable égyptien avant les pourparlers, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour pouvoir évoquer librement sa mission.

Alors que la guerre traîne en longueur et que le bilan humain s’alourdit, les pressions, à l’international, se sont renforcées en faveur d’un accord entre Israël et le Hamas. Les États-Unis poussent la conclusion d’un accord otages contre trêve qui pourrait donner lieu, à terme, à un cessez-le-feu permanent.

Toutefois, les négociations sont dans l’impasse, les deux parties s’accusant mutuellement de saboter les pourparlers.

Basem Naim, chef du Hamas et ancien ministre de la Santé à Gaza, pendant une conférence de presse à Cape Town, le 29 novembre. (Crédit :Rodger Bosch/AFP)

Le Hamas a fait savoir qu’il ne renoncerait pas à sa requête de cessez-le-feu permanent, un cessez-le feu assorti au retrait de toutes les forces israéliennes – des demandes rédhibitoires pour Israël. De son côté, l’État juif a indiqué qu’il continuerait ses opérations militaires jusqu’à la défaite du Hamas et jusqu’à la libération de tous les otages, et qu’il maintiendrait une présence sécuritaire dans la bande au lendemain du conflit.

Avant les discussions, Basem Naim, un haut-responsable du Hamas, avait indiqué « qu’il n’y a rien de nouveau de notre côté » lorsqu’il avait été interrogé au sujet des négociations.

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