Ouman : 1 000 Hassidim bloqués à la frontière entre l’Ukraine et la Biélorussie
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Ouman : 1 000 Hassidim bloqués à la frontière entre l’Ukraine et la Biélorussie

La Croix-Rouge fournit une aide humanitaire aux voyageurs ultra-orthodoxes bloqués à la frontière, qui se trouvent dans l'impossibilité de se rendre à Ouman ou de faire demi-tour

Capture d'écran d'une vidéo de Hassidim de Breslev à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, septembre 2020. (Haderim10)
Capture d'écran d'une vidéo de Hassidim de Breslev à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, septembre 2020. (Haderim10)

Au moins un millier de Hassidim israéliens du mouvement Breslev seraient pris au piège entre les frontières de la Biélorussie et de l’Ukraine – un dernier revers concernant ce pèlerinage annuel sur la tombe d’un rabbin vénéré à Ouman.

L’évènement de cette année est devenu chaotique, alors que des milliers de pèlerins tentent de contourner les restrictions sur le coronavirus qui les empêchent de circuler.

Selon le Secrétariat national du mouvement hassidique Breslev, il y a environ 2 500 pèlerins au poste frontière – les médias israéliens affirmant que, si près de la moitié d’entre eux ont quitté le territoire biélorusse, ils sont empêchés d’entrer en Ukraine par un fort déploiement de gardes-frontières ukrainiens armés.

Le secrétariat a déclaré qu’il y avait une pénurie de nourriture et d’eau sur le site et a exigé que le ministère des Affaires étrangères intervienne immédiatement, accusant le gouvernement d’être responsable de la situation.

La Croix-Rouge est arrivée pour distribuer de la nourriture, des boissons chaudes et des couvertures aux pèlerins, parmi lesquels se trouvent des familles entières, y compris de jeunes enfants.

Des images vidéo montrent des Hassidim camper sur une route traversant la frontière, qui a été bloquée par des gardes ukrainiens.

Capture d’écran d’une vidéo de Hassidim de Breslev à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine, septembre 2020. (Haderim10)

Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins, pour la plupart en provenance d’Israël, se rassemblent pour Rosh HaShana à Ouman, qui abrite le lieu de sépulture de Rabbi Nahman, une éminente sommité du XVIIIe siècle et fondateur du mouvement hassidique Breslev.

L’Ukraine a interdit aux ressortissants étrangers d’entrer dans le pays pendant tout le mois de septembre, après que le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, Ronni Gamzu, a lancé un appel au président ukrainien Volodymyr Zelensky en août pour tenter d’empêcher le pèlerinage afin de réduire la propagation du coronavirus.

Les autorités locales ont également déclaré qu’elles limiteraient les rassemblements à Ouman pendant la fête d’une durée de deux jours, qui commencera vendredi soir. Néanmoins, de nombreux pèlerins sont déjà arrivés dans le pays, et bien que les vols entre Israël et l’Ukraine ont cessé, certains fidèles ont tenté de venir depuis d’autres pays par voie terrestre.

Les autorités ont également averti qu’elles prévoyaient d’installer des points de contrôle à l’entrée d’Ouman, et quelque 3 000 pèlerins qui devraient encore visiter le sanctuaire cette année devront subir un test de dépistage au coronavirus.

La semaine dernière, la Biélorussie a déclaré qu’elle exigerait des Israéliens arrivant dans le pays une auto-quarantaine de deux semaines.

Le site web Haredim10, qui s’adresse à la communauté ultra-orthodoxe, a rapporté mardi une rumeur affirmant que le poste-frontière de Gomel était ouvert, poussant des milliers de pèlerins bloqués en Biélorussie à se précipiter vers ce lieu lundi. Après qu’un millier d’entre eux ont pu quitter la Biélorussie, ils se sont retrouvés face à des gardes-frontières ukrainiens, qui ont refusé de les laisser entrer en Ukraine.

Capture d’écran d’une vidéo de la Croix-Rouge distribuant des fournitures humanitaires à des Hassidim coincés à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine, en septembre 2020. (Yeshiva World)

« Un groupe de 170 Hassidim a réussi à trouver une faille et, selon leur témoignage, en échange d’un paiement (3 000 dollars chacun), les différentes autorités ont accepté de les laisser passer la frontière ce soir (lundi) », indique le communiqué du Secrétariat Breslev. « En pratique, suite à l’arrivée de centaines d’autres Hassidim au poste-frontière, les gardes-frontières ukrainiens ont déployé des troupes et le commandant ukrainien de la frontière est arrivé lui-même sur les lieux pour s’assurer que personne n’entre. »

Les Hassidim qui ont déjà quitté la frontière biélorusse sont maintenant coincés au point de passage entre les deux pays, selon la déclaration. La raison pour laquelle les pèlerins ne peuvent pas retourner en Biélorussie n’est pas claire.

Le secrétariat a déclaré qu’il plaçait l’entière responsabilité de la situation sur « le gouvernement d’Israël, ses ministres et fonctionnaires qui traquent les Hassidim Breslev, et les bloquent aux frontières, rejetés comme des réfugiés sur le chemin de l’accomplissement de leurs croyances religieuses selon les instructions de leurs rabbins ».

Le site web Kikar Hashabbat, un autre média ultra-orthodoxe, a déclaré que le ministre israélien de l’Intérieur, Aryeh Deri, s’était entretenu ces derniers jours avec des responsables ukrainiens afin de résoudre la question des pèlerins, mais que, jusqu’à présent, les Ukrainiens n’étaient pas prêts à les laisser entrer.

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