Ouverture du procès de l’agresseur du professeur juif à Marseille
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Ouverture du procès de l’agresseur du professeur juif à Marseille

Exprimant des regrets, le jeune franco-kurde sera présenté, lors d'une audience à huis-clos devant un tribunal pour mineur mercredi

Benjamin Amsellem (d), un autre enseignant juif poignardé il y a un an, par un jeune de 15 ans avec une machette, parle à la presse, le 12 janvier 2016. (Crédit : AFP / BORIS HORVAT)
Benjamin Amsellem (d), un autre enseignant juif poignardé il y a un an, par un jeune de 15 ans avec une machette, parle à la presse, le 12 janvier 2016. (Crédit : AFP / BORIS HORVAT)

Armé d’une machette, et se réclamant ouvertement de l’organisation jihadiste Etat islamique, il avait tenté d’assassiner en pleine rue un professeur juif à Marseille début 2016 : un lycéen de 16 ans est jugé pendant deux jours, à huis clos, par un tribunal pour enfants pour cet acte antisémite « en relation avec une entreprise terroriste ».

C’est la première attaque à caractère jihadiste commise ces dernières années sur le sol français à être jugée et la première fois qu’un tribunal pour enfants juge en matière criminelle terroriste.

Selon des interrogatoires et des expertises que Le Monde a pu consulter, le jeune agresseur dit qu’il « regrette ».

Depuis plus d’un an qu’il est en détention, l’adolescent a pris conscience de la gravité de son geste, « et il regrette énormément », a déclaré à la presse son avocat, Me Merabi Murgulia. Son évolution est « flagrante », « impressionnante, dans le sens positif », a ajouté l’avocat, et il compte présenter ses excuses à la victime lors du procès.

Regrets et excuses attendus par l’enseignant Benjamin Amsellem, et qui représentent pour lui une « étape importante pour pouvoir aller de l’avant et retrouver une vie normale ».

On se rappelle que lors de sa garde à vue dans les heures suivant l’agression les seuls regrets qu’ils avaient exprimés concernaient le fait de ne pas avoir « réussi à tuer » Benjamin Amsellem.

Aujourd’hui il affirme que « ce n’est pas bien de tuer des gens » qu’ avant il « ne réfléchissai[t] que religieusement ».

« Maintenant je sais qu’on est d’abord humain et puis ensuite musulman, » a-t-il déclaré selon les documents consultés par le quotidien du soir.

Il raconte sa radicalisation par « l’imam Google »: « pendant des semaines je n’ai regardé que des vidéos de l’Etat islamique, j’ai fait des recherches sur comment tuer avec des couteaux ». Des recherches pour tuer un « yahoudi » un juif.

De son côté Benjamin Amsellem, subit toujours, selon les dires de son avocat un fort stress post-traumatique, lui qui a toujours refusé de voir dans son agresseur autre chose qu’un gamin un peu paumé.

Comme tous les jours, Benjamin Amsellem sortait dans la rue portant sa kippa, quand un adolescent l’a attaqué avec une machette. On se souvient du professeur racontant s’être protégé avec ses bras et la Torah qu’il tenait dans la main. Mais aussi de la polémique qui avait suivi la déclaration de Tsvi Ammar, président du Consistoire de Marseille, recommandant de ne plus porter la kippa dans la rue.

C’était le 11 janvier 2016. Un an et un jour plus tard, rapporte le Point, l’adolescent, qui avait déclaré à la police agir au nom de l’Etat islamique, vient d’être renvoyé devant le tribunal pour enfant, pour tentative d’assassinat « en raison de la religion » et « en relation avec une entreprise terroriste, » a précisé une source judiciaire au Point.

La peine de ce jeune Kurdo-turc, qualifié de bon élève, sera plafonnée à 20 ans puisqu’il n’avait pas 16 ans au moment de l’agression. Un adulte aurait risqué jusqu’à la perpétuité.

Benjamin Amsellem, qui porte désormais la casquette sur sa kippa, a déclaré à la Provence qu’il espérait que le jeune a « changé et qu’il s’est rendu de compte de qu’il a fait ».

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