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Ouverture d’un nouveau refuge pour SDF à Tel Aviv

Ce centre, face à la mer, qui a coûté 11 millions de dollars, offre des lits, des repas et des consultations médicales à 144 hommes ; il y aurait 1 000 sans-abri dans la ville

Le nouveau centre pour les sans-abris ouvert dans le sud de Tel Aviv, au mois d'août 2022. (Crédit : Yoav Messer Architects, Ltd.)
Le nouveau centre pour les sans-abris ouvert dans le sud de Tel Aviv, au mois d'août 2022. (Crédit : Yoav Messer Architects, Ltd.)

La municipalité de Tel Aviv a inauguré un nouveau centre pour les SDF qui vivent dans cette ville, qui est considérée comme la plus chère du monde. Là-bas, 150 personnes qui vivent dans la rue pourront dormir, se laver, manger, consulter des médecins ou recevoir des conseils divers.

Ce nouveau refuge, HaGagon, a été baptisé en hommage à feu le rabbin Yechiel Eckstein, fondateur de l’Association internationale des chrétiens et des Juifs. L’organisation a offert les financements nécessaires pour agrandir cet espace qui était, dans le passé, une crèche accueillant les enfants des personnes sans logement.

La municipalité a travaillé avec Lasova, une organisation caritative israélienne – qui a ouvert un certain nombre de refuges de ce type dans la ville – de manière à pouvoir rouvrir le bâtiment sous sa nouvelle forme de centre cet été.

Le bâtiment, qui a coûté 36 millions de dollars et qui a été créé par l’architecte Yoav Messer dont le cabinet est à Tel Aviv, est situé rue Elizabeth Bergner, à proximité de la célèbre Tour de l’Horloge de Jaffa, face à la mer Méditerranée. Il consiste en trois étages et il comprend 19 chambres qui pourront accueillir 144 personnes – des hommes seulement pour le moment, a fait savoir la municipalité. Des arrangements ont été pris de manière à ce que les lieux soient accessibles aux personnes en situation de handicap, a ajouté la ville.

Un lit, une serviette et un casier où les résidents peuvent placer leurs effets personnels sont mis à disposition des sans-abri accueillis au refuge. Ils partagent les douches et les toilettes et ont aussi accès à une buanderie, à une cuisine et à une salle à manger, ainsi qu’à des espaces plus généraux où les résidents « peuvent faire des jeux de société ou jouer aux cartes, où ils peuvent lire des livres ou naviguer sur internet tout en profitant du spectacle direct de la mer par la fenêtre », a indiqué la ville. Des travailleurs sociaux sont sur le site pour offrir leur aide et renvoyer les sans-abri, par exemple, vers des structures où leurs addictions peuvent être prises en charge quand c’est nécessaire.

Le centre est ouvert de 15h à 9h du matin, et les résidents doivent ainsi le quitter pendant environ huit heures par jour.

Vue aérienne du nouveau refuge pour les sans-abri à Tel Aviv, dans le sud de la ville, au mois d’août 2022. (Crédit : Yoav Messer Architects Ltd)

Lors d’une récente visite, le Times of Israel a rencontré un groupe d’hommes rassemblés à courte distance du refuge, regardant la route et attendant. D’autres hommes erraient, pendant ce temps-là, dans les rues voisines ou se reposaient dans les allées séparant les bâtiments.

Côtoyant des appartements d’une valeur de plusieurs millions de shekels, Tel Aviv accueille également une population importante de sans-abri. Ils seraient entre 1 100 (selon la municipalité de Tel Aviv) et un nombre beaucoup plus important et qui, selon les experts et le ministère des Affaires sociales, serait plus proche de la réalité – et ce même si de nombreuses personnes ne perçoivent pas d’allocation de la part des agences gouvernementales et ne sont donc pas enregistrées en tant que sans-abri.

Selon un rapport établi par la Knesset cet été, qui s’est penché sur les données des différents ministères et des différentes organisations, environ 3 000 personnes sans logement ont bénéficié d’un traitement ou reçu des ressources de la part d’un organisme officiel en 2020, et ce dans tout le pays. Près d’un millier de sans-abri supplémentaires, pour leur part, n’ont pas demandé de soins ou d’aide aux autorités.

Comme c’est le cas partout ailleurs, une grande partie des sans-abri, au sein de l’État juif, rencontre des problèmes de toxicomanie, de maladie psychique ou de maladie chronique.

La députée Yasmin Sacks Friedman, élue sous l’étiquette Yesh Atid, qui avait commandé le rapport pour la Knesset, a critiqué « l’absence de compréhension holistique de toutes les ressources nécessaires pour empêcher que les gens se retrouvent à la rue et pour leur réinsertion ».

Un certain nombre de sans-abri attendent l’ouverture du nouveau centre HaGagon à Tel Aviv, le 16 août 2022. (Autorisation : Danielle Nagler)

Le premier refuge temporaire de ce type, à Tel Aviv, avait ouvert ses portes en 1986. Il y a aujourd’hui 13 centres qui accueillent les sans-abri dans la ville, des centres qui sont dirigés par l’organisation Lasova – mais ils n’offrent qu’environ 150 lits. Ils accueillent les toxicomanes, les personnes en situation de handicap et les victimes de violences conjugales. Lasova met aussi à disposition des appartements de réinsertion dans la ville, et procède à des arrangements en termes de location permanente de logement en direction des personnes convalescentes ou atteintes d’une maladie chronique.

Jusqu’à sa fermeture, à la fin de l’année dernière, la gare routière délabrée de Tel Aviv servait de lieu d’accueil aux sans-abri qui espéraient pouvoir trouver un refuge pour la nuit.

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, troisième à droite, avec des responsables de la ville devant un nouveau centre pour les sans-abri dans le sud de Tel Aviv, au mois d’août 2022. (Crédit : Guy Yechiely)

La municipalité espérait pouvoir résoudre cette problématique et elle s’est, en conséquence, intéressée à ce qui pouvait se passer ailleurs dans le monde. Elle avait été très critiquée en 2019 par les résidents de Tel Aviv qui voulaient que les toxicomanes quittent les rues, que les centres de distribution de méthadone soient fermés, ainsi que les maisons closes.

« Tout le monde à Tel Aviv, sans exception, a des droits et mérite qu’on le soigne, qu’on s’occupe de lui. La municipalité a établi le centre sur la base de cette valeur fondamentale », a commenté le maire Ron Hudaï dans un communiqué.

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