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Pakistan : Près de 90 morts dans un attentat contre une mosquée

L'explosion s'est produite lundi à l'heure de la prière du midi dans une mosquée située à l'intérieur du quartier général de la police de Peshawar, lieu extrêmement sensible

Des Pakistanais poussent une civière transportant une victime blessée, dans un hôpital de Peshawar, le 30 janvier 2023, après l'explosion la veille d'une mosquée située à l'intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. (Crédit : Zafar IQBAL/AFP)
Des Pakistanais poussent une civière transportant une victime blessée, dans un hôpital de Peshawar, le 30 janvier 2023, après l'explosion la veille d'une mosquée située à l'intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. (Crédit : Zafar IQBAL/AFP)

Des corps continuaient d’être retirés mardi des décombres après l’attentat ayant visé une mosquée située à l’intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, qui a fait près de 90 morts, en majorité des policiers, et 150 blessés.

L’explosion s’est produite lundi à l’heure de la prière du midi dans ce lieu extrêmement sensible de la ville, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec l’Afghanistan et où la situation sécuritaire s’est dégradée ces derniers mois.

Le chef de la police de Peshawar, Muhammad Ijaz Khan, a indiqué à l’AFP que le bilan était passé à 89 morts, après que « six patients supplémentaires ont succombé à leurs blessures ».

Environ 150 personnes ont été blessées. Près de 90 % des morts sont des policiers, a précisé M. Khan, sans pouvoir encore donner un décompte exact.

« Ce matin, nous allons enlever la dernière partie du toit effondré pour pouvoir récupérer plus de corps. Mais nous sommes pessimistes sur nos chances de trouver d’autres survivants », a déclaré à l’AFP Bilal Ahmad Faizi, un porte-parole du numéro d’urgence 1122.

Dans la nuit, au moins neuf corps ont été découverts dans les décombres de la mosquée, dont le toit et un mur se sont effondrés sous l’effet du souffle de l’explosion.

« Je suis resté piégé sous les débris avec le corps d’un mort sur moi pendant sept heures. J’avais perdu tout espoir de survivre », a déclaré jeudi à l’AFP dans un hôpital Wajahat Ali, un policier de 23 ans.

Au moins 20 policiers ont été enterrés lundi soir lors d’une cérémonie avec garde d’honneur, leurs cercueils alignés et ceints du drapeau pakistanais, a précisé à l’AFP un responsable de la police.

Des secouristes transportent les dépouilles de victimes de l’explosion d’une mosquée située à l’intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, le 30 janvier 2023. (Crédit : Abdul MAJEED / AFP)

Zone très surveillée

Le Pakistan est confronté depuis quelques mois, en particulier depuis la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan en août 2021, à une détérioration de la sécurité.

Après plusieurs années d’un calme relatif, les attentats ont repris de plus belle, menés par les talibans pakistanais du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), l’EI-K, la branche régionale du groupe jihadiste État islamique (EI), ou des groupes séparatistes baloutches.

Les analystes estiment que ces groupes ont été enhardis par le succès des talibans. Le Pakistan reproche à ceux-ci de laisser certains de ces groupes utiliser leur sol afghan pour planifier leurs attaques, ce que Kaboul ne cesse de nier.

Le TTP, un mouvement distinct de celui des nouveaux dirigeants afghans mais qui partage avec lui des racines communes, a nié être responsable de l’attentat de lundi.

Après sa création en 2007, le TTP a tué des dizaines de milliers de civils pakistanais et membres des forces de sécurité, avant d’être chassé des zones tribales du nord-ouest du Pakistan par une opération militaire lancée par l’armée en 2014.

Revenu en force ces derniers mois, il se veut moins brutal que par le passé et affirme ne plus cibler que les forces de sécurité et en aucun cas les lieux de culte.

Le quartier général de la police à Peshawar est l’une des zones les mieux surveillées de la ville. Il abrite aussi les locaux de différentes agences de renseignement. 

Du personnel de sécurité et des secouristes recherchent des victimes dans les débris d’une mosquée située à l’intérieur du quartier général de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, le 31 janvier 2023. (Crédit : Abdul MAJEED / AFP)

« Créer la panique »

Shahid Ali, un policier de 47 ans qui a survécu à l’attaque, a expliqué à l’AFP que la détonation était survenue quelques secondes après que l’imam a commencé la prière.

« J’ai vu une fumée noire s’élever dans le ciel. J’ai couru dehors pour sauver ma vie », a-t-il raconté. « Les cris des gens résonnent encore dans ma tête. Ils hurlaient en demandant de l’aide. »

La capitale et le reste du pays, notamment à la frontière avec l’Afghanistan, ont été placés sous alerte sécurité encore accrue.

« Les terroristes veulent créer la panique en ciblant ceux qui remplissent leur devoir consistant à défendre le Pakistan », a déclaré dans un communiqué le Premier ministre, Shehbaz Sharif. « Ceux qui combattent le Pakistan seront éliminés de la surface de la Terre. »

À New York, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé une attaque « abjecte » contre « un lieu de culte ».

Peshawar a été ravagée par des attentats quasi quotidiens pendant la première moitié des années 2010, mais la sécurité s’y était grandement améliorée ces dernières années. Elle s’est à nouveau dégradée depuis quelques mois.

En mars 2022, un attentat suicide revendiqué par l’EI-K dans une mosquée chiite de Peshawar avait fait 64 morts, le plus meurtrier au Pakistan depuis 2018.

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