Pandémie : un magnat de la tech propose une stratégie de sortie à la Knesset
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Pandémie : un magnat de la tech propose une stratégie de sortie à la Knesset

Le directeur général de Mobileye, Amnon Shashua, et le scientifique informatique Shai Shalev-Shwartz clament que leur solution peut résorber la crise en quelques mois

Amnon Shashua, directeur technique, cofondateur et président de Mobileye. 27 mai 2015 (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)
Amnon Shashua, directeur technique, cofondateur et président de Mobileye. 27 mai 2015 (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

L’un des plus éminents entrepreneurs du secteur des technologies israéliennes va présenter à la Knesset un plan qui, affirme-t-il, permettra au pays de résoudre largement la crise actuelle du coronavirus et de faire repartir l’économie en quelques mois.

Amnon Shashua, directeur général de Mobileye, fabricant de technologies pour les voitures autonomes, une entreprise rachetée par Intel et dont le siège est à Jérusalem, devrait détailler son plan devant la commission spéciale de Gestion du coronavirus mardi au Parlement. Il exposera une série de mesures qui, croit-il, permettront d’éviter la récession entraînée par la fermeture d’un trop grand nombre d’entreprises.

Le taux de chômage israélien a atteint les 23,3 % dimanche, après avoir continué à grimper pendant le week-end. Il s’établissait au niveau historiquement bas de 4 % avant l’apparition de la pandémie.

Amnon Shashua et Shai Shalev-Shwartz, professeur en sciences informatiques à l’université Hébraïque, avaient d’abord présenté leurs idées sur la plateforme internet Medium, la semaine dernière, dans un article intitulé « Pouvons-nous contenir le Covid-19 sans confiner l’économie ? ».

Une femme israélienne porte un masque de peur du coronavirus au marché de Ramle, le 19 mars 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

L’idée de base, ont-ils expliqué, est que la population soit divisée en « groupes à risque faible d’un côté et à risque élevé de l’autre ».

« Mettez en quarantaine le groupe à risque élevé et réintroduisez graduellement le groupe à risque faible, de manière à obtenir une immunité de groupe gérée de la population. Cette phase de gestion a pour objectif de permettre au système de santé de s’adapter au nombre attendu de cas graves. Au vu de l’immunité de groupe pour la population présentant un risque faible, nous pourrons petit à petit libérer la population à risque élevé », soutiennent-ils.

Les deux hommes ont proposé que toute personne âgée de 67 ans et plus soit intégrée dans la catégorie de population à risque élevé et que le reste de la société « revienne à sa routine quotidienne en respectant certains protocoles de distanciation qui viseront à ralentir la propagation tout en évitant de perturber l’économie de manière importante – pour atteindre finalement le niveau de l’immunité de groupe ».

Une fois le seuil de l’immunité de groupe atteint, les restrictions pourront être allégées pour les personnes âgées.

« L’idée sous-jacente est qu’une quarantaine de toute la population n’est pas une solution en soi – c’est une initiative visant simplement à gagner du temps, elle-même suivie par une approche plus gérée – qui permettra d’être non brutale », continuent-ils, expliquant comment leur approche pourrait permettre à l’économie de se maintenir tout en « conservant le bon fonctionnement du système hospitalier en ne surchargeant pas sa capacité à prendre en charge les cas graves ».

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus au marché Mahane Yehuda, à Jérusalem, le 15 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Dans un entretien accordé au site financier Calcalist, Amnon Shashua a affirmé que son plan pourrait mettre un terme à la crise en une courte période de temps.

« La population peut accepter les situations difficiles, mais il faut parler aux gens comme à nos égaux et leur donner une stratégie de sortie. Il n’y a à l’heure actuelle aucune stratégie de ce type », a-t-il dit.

« D’un autre côté, si on dit qu’il va y avoir trois mois difficiles, que le pays versera des subventions de manière à ce que l’économie ne s’effondre pas, mais qu’après, tout ça sera terminé, les gens seront capables de l’accepter. Actuellement, la crainte, c’est que les décisionnaires ne comprennent pas ce qu’ils sont en train de faire. Ils savent qu’une quarantaine est nécessaire mais après ? Jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin, nous resterons vulnérables face à d’autres éruptions de la maladie », a-t-il continué.

Il a ajouté avoir d’ores et déjà commencé à envoyer des copies de son plan à l’étranger et espérer qu’il sera adopté à l’international.

Le professeur Nadav Davidovitch (Crédit : Université Ben-Gurion)

Interrogé sur cette stratégie, le professeur Nadav Davidovitch, directeur de l’École de santé publique au sein de l’université Ben-Gurion du Néguev, estime qu’il va « dans la bonne direction », mais qu’il est trop « simpliste ».

« Nous devons élargir le dépistage des groupes présentant un risque élevé et d’échantillons représentatifs [de la population générale] afin de voir comment nous pouvons mettre en place des mesures plus différenciées, ce qui signifie abandonner ou alléger certaines restrictions de distanciation dans certains lieux, mais à une échelle bien plus petite, dans des quartiers spécifiques, par exemple », explique-t-il.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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