Pas de prison pour 2 responsables du décès de l’officier de Tsahal au mont Herzl
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Pas de prison pour 2 responsables du décès de l’officier de Tsahal au mont Herzl

Fureur des parents, les responsables ont été condamnés à des travaux d'intérêt général pour mort par négligence, à l'origine de la mort de la lieutenant Hila Betzaleli, 20 ans

Hila Betzaleli au mont Herzl, deux heures avant la tragédie. (Crédit : Capture d'écran Channel 2 News)
Hila Betzaleli au mont Herzl, deux heures avant la tragédie. (Crédit : Capture d'écran Channel 2 News)

Le tribunal de première instance de Jérusalem a prononcé mardi des peines plus légères que prévu à l’encontre de deux ingénieurs responsables de la mort en 2012 d’une jeune officière de Tsahal lorsqu’une poutrelle s’est effondrée sur le site du mont Herzl à Jérusalem lors d’une répétition de la cérémonie du Yom HaAtsmaout qui devait y avoir lieu cette année-là.

Oren Warshavsky, l’ingénieur du site, et Yitzhak Tocker, le consultant en sécurité, ont été reconnus coupables d’avoir négligemment causé la mort du lieutenant Hila Betzaleli, qui a été tuée lorsque la structure métallique imposante est tombée sur elle et sur sept autres soldats. Tous les huit ont été blessés ; seules les blessures de Betzaleli ont été fatales.

Tocker a été condamné mardi à quatre mois de prison qu’il pourra effectuer en travaux d’intérêt général à l’extérieur de la prison, tandis que Warshavsky a été condamné à 400 heures de travaux d’intérêt général, le tribunal notant son état mental fragile, selon le site d’information Ynet.

Les parents de Betzaleli ont réagi avec colère après avoir entendu les sentences légères prononcées mardi.

La mère, Sigalit, s’est mise à crier dans la salle d’audience : « Je n’y crois pas ! Six ans que je me tais, assise sur ce banc puant [dans la salle d’audience]. Laissez-moi mourir, emmenez-moi, je veux en finir avec ce monde. »

Elle a ajouté : « Une jeune fille de 20 ans voulait faire des études de médecine. Qui s’en soucie ? Ma Hila est morte pour rien. C’était de la cupidité, ils voulaient « la plus grande cérémonie », mais le monde est passé à autre chose et seule ma Hila en paie le prix. Pourquoi ne sont-ils pas condamnés à de la prison ? »

Yaron Betzaleli, le père de Hila, a crié aux accusés : « Ordures, vous avez tué notre fille ! ».

Avant la sentence, Yaron a déclaré aux journalistes que la famille « réclamait et voulait les voir aller en prison et réfléchir à ce qu’ils ont fait. C’est arrivé par cupidité. Il y a trois mois, M. Tocker a trouvé un emploi à Ashdod, et Warshavsky travaille aussi ».

Friends and relatives of Hila Betzaleli cry as IDF Chief of General Staff Benny Gantz salutes after laying an Israeli flag on her grave, at the Mount Herzl military cemetery (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Des amis et des proches de Hila Betzaleli pleurent alors que le chef d’état-major général de Tsahal Benny Gantz salue après avoir déposé un drapeau israélien sur sa tombe, au cimetière militaire du Mont Herzl (crédit photo : Miriam Alster/Flash90).

Le mois dernier, au cours d’une audience préalable à la détermination de la peine, les Betzaleli ont soutenu dans la salle d’audience qu’une peine significative sauverait des vies en envoyant le message qu’il y aurait un prix à payer pour la négligence.

L’enquête menée par la police et les procureurs a duré près de trois ans, après quoi des actes d’accusation ont été déposés contre sept personnes et une société qui a aidé à la réalisation de la cérémonie – Itzuv Bama, qui a construit la structure d’éclairage.

Dans cette photo prise en 2012, un policier se tient près de la scène où une grande plate-forme de l’éclairage s’est effondrée et a tué la lieutenant Hila Betzaleli (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Les actes d’accusation ont fait remarquer que les personnes employées pour construire la structure ne possédaient pas l’expertise professionnelle requise pour le travail, et qu’il a été effectué sans la planification et la supervision mandatées par des ingénieurs qualifiés. Le résultat : les employés de l’entreprise ont assemblé un système d’ancrage de fortune qui, une fois la poutrelle soulevée, s’est effondré presque immédiatement.

Deux responsables d’Itzuv Bama ont été condamnés à des peines de six et sept mois de prison dans le cadre d’une négociation de plaidoyer en décembre 2016.

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