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Paul O’Brien regrette d’avoir parlé d’Israël au nom des Juifs américains 

O'Brien présente ses excuses aux 25 démocrates juifs qui l'ont condamné pour avoir déclaré qu'Amnesty International s'oppose à ce qu’Israël continue d’exister en tant qu’État juif

Paul O'Brien, directeur d'Amnesty International USA. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Paul O'Brien, directeur d'Amnesty International USA. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

WASHINGTON (JTA) – Le directeur de la branche américaine d’Amnesty International a présenté ses excuses aux législateurs juifs pour avoir prétendu parler au nom des Juifs américains.

« Je regrette de mettre exprimé au nom du peuple juif », a déclaré Paul O’Brien dans une lettre du 25 mars, rapportée pour la première fois par Jewish Insider, à l’intention des 25 démocrates juifs de la Chambre des représentants des États-Unis, qui s’étaient associés pour condamner ses propos lors d’un déjeuner à Washington DC au cours duquel il a rejeté les sondages qui montraient que la grande majorité des Juifs américains sont pro-israéliens.

« Ce que j’aurais dû dire », a-t-il ajouté, « c’est que, d’après mes visites en Israël et ce que j’ai pu entendre de la part de nombreux militants juifs américains et israéliens des droits de l’homme, je partage un engagement en faveur des droits de l’homme et de la justice sociale pour tous , tout comme les juifs américains et les Israéliens. »

Les 25 Juifs démocrates de la Chambre, un caucus fractionné, rarement d’accord à l’unanimité sur les questions d’intérêt juif, ont réprimandé le mois dernier O’Brien pour ses commentaires sur Israël dans lesquels il a déclaré : « Je crois que mon instinct me dit que ce que les Juifs de ce pays veulent, c’est savoir qu’il existe un sanctuaire qui est un endroit sûr et durable que les Juifs, le peuple juif, peut considérer comme sa maison », a-t-il dit, faisant apparemment référence à une théorie avancée par un petit groupe d’intellectuels qui imagine un État binational judéo-palestinien qui agirait comme un refuge pour les juifs.

O’Brien a déclaré à un journaliste lors du déjeuner qu’il ne croyait pas les sondages qui montrent que la grande majorité des Juifs américains soutenaient Israël. Dans la lettre, il a précisé qu’Amnesty International ne prenait pas position sur le statut juif d’Israël, mais faisait référence à sa loi de 2018 sur l’État-nation, qui, selon lui, « nie explicitement le droit à l’autodétermination d’une partie des citoyens israéliens ».

La secrétaire générale internationale du groupe de défense des droits de l’homme, Agnès Callamard, a écrit séparément à 11 autres démocrates juifs qui avaient fait part de leurs inquiétudes au sujet des remarques d’O’Brien, affirmant qu’Amnesty International n’avait aucune objection à ce qu’Israël se définisse comme un État juif.

« Rien dans le droit international n’empêche l’État d’Israël de s’identifier comme juif, tant que le gouvernement ne fait pas de discrimination entre ses citoyens sur la base de la religion ou de la race », a-t-elle déclaré dans sa lettre du 25 mars.

Les remarques d’O’Brien sont intervenues après qu’Amnesty International a déclaré dans un rapport avoir déterminé que le traitement réservé par Israël aux Palestiniens en Cisjordanie équivalait à l’apartheid.

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