Pays-Bas : un ex-Premier ministre utilise un mot associé aux nazis pour décrire les arrestations de Palestiniens
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Pays-Bas : un ex-Premier ministre utilise un mot associé aux nazis pour décrire les arrestations de Palestiniens

Un dirigeant juif fustige l’usage de ce terme par Dries van Agt, militant pro-palestinien qui a dit en 2012 que les Juifs auraient dû “avoir un bout de terre en Allemagne”

Dries van Agt, ancien Premier ministre des Pays-Bas. (Crédit : Heden en verleden in het Torentje/CC BY/WikiCommons)
Dries van Agt, ancien Premier ministre des Pays-Bas. (Crédit : Heden en verleden in het Torentje/CC BY/WikiCommons)

AMSTERDAM – Un dirigeant de la communauté juive néerlandaise a critiqué un ancien Premier ministre des Pays-Bas qui a utilisé un mot largement associé à la Shoah pour décrire les arrestations de Palestiniens par Israël.

Dries van Agt, militant pro-palestinien qui avait dit en 2012 que les Juifs auraient dû « avoir un bout de terre en Allemagne » et pas en Israël parce que « la Seconde Guerre mondiale n’a rien à voir avec le Moyen Orient », a utilisé le mot « razzia » sur Twitter pour décrire les arrestations de suspects de faits de terrorisme qui ont eu lieu la semaine dernière.

Le mot, d’origine arabe, veut dire invasion ou raid. Mais selon Ronnie Eisenmann, ancien dirigeant de la communauté juive d’Amsterdam qui préside actuellement le Centre d’information et de documentation sur Israël, « il est principalement utilisé dans le contexte nazi » en néerlandais.

Selon l’encyclopédie néerlandophone ENSIE, « le mot ‘razzia’ est principalement utilisé aux Pays-Bas en connexion avec l’époque de l’occupation allemande. »

Eisenmann a jugé que l’utilisation de ce terme par Van Agt était « inacceptable et inappropriée », ajoutant que les Juifs néerlandais « sont habitués à cela de la part de Van Agt. »

Bart Vink, représentant du parti de gauche D66, relativement critique d’Israël, a lui aussi condamné Van Agt. « Votre langage, votre partialité et votre parti-pris sont questionnables », a écrit Vink à Van Agt sur Twitter. « Encore une fois, vous nuisez à la cause palestinienne. Pitié, eux aussi méritent mieux. »

Yahya Sinwar, 2e à droite, nouveau chef du Hamas à Gaza, et Ismail Haniyeh, à gauche, près du fils de Mazen Foqaha, cadre terroriste du groupe, pendant ses funérailles, à Gaza Ville, le 27 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Yahya Sinwar, 2e à droite, nouveau chef du Hamas à Gaza, et Ismail Haniyeh, à gauche, près du fils de Mazen Foqaha, cadre terroriste du groupe, pendant ses funérailles, à Gaza Ville, le 27 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Van Agt a été Premier ministre au début des années 1980. En 2008, il s’était exprimé pendant un rassemblement à Rotterdam où Ismail Haniyeh, alors Premier ministre du Hamas, avait donné un discours par vidéoconférence.

Van Agt a dit qu’il accepterait la définition du Hamas comme organisation terroriste uniquement si la même définition était appliquée à Israël. Il a également demandé l’arrestation et le procès pour crimes de guerre du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Van Agt est accusé d’antisémitisme depuis les années 1970, et a sans cesse refusé ces allégations.

En 1972, alors qu’il était ministre de la Justice, Van Agt avait dit « je ne suis qu’un aryen » à un journaliste. Il parlait de son intention de permettre la libération de prisonniers nazis pour des raisons de santé.

Après le scandale causé par cette déclaration, Van Agt s’était expliqué en disant qu’il aurait du mal à parvenir à leur libération car son prédécesseur juif avait tenté de les libérer et avait échoué, selon Van Agt.

L’Alliance internationale pour le souvenir de la Shoah, un organe intergouvernemental composé de 31 pays, dont les Pays-Bas, a adopté l’année dernière une définition de l’antisémitisme qui comprend les comparaisons entre la politique d’Israël et celle des nazis. Les détracteurs de cette définition affirment qu’elle est imprécise et pourrait limiter la liberté d’expression au sujet d’Israël.

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