Pays-Bas : hommage aux malades psychiatriques juifs, victimes des nazis
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Pays-Bas : hommage aux malades psychiatriques juifs, victimes des nazis

Une cérémonie organisée à l'hôpital Parnassia, en amont du 75e anniversaire des déportations menées depuis cette institution psychiatrique, illustre l'ampleur de la cruauté nazie

Photo d'illustration : Des milliers de pierre gravées d'étoiles de David en mémoire des 100 000 Juifs venus du camp de transit de  Westerbork aux Pays-Bas vers les camps de la mort nazis (Crédit :  Vanrijnr/Wikimedia Commons)
Photo d'illustration : Des milliers de pierre gravées d'étoiles de David en mémoire des 100 000 Juifs venus du camp de transit de Westerbork aux Pays-Bas vers les camps de la mort nazis (Crédit : Vanrijnr/Wikimedia Commons)

AMSTERDAM – Des centaines de personnes ont assisté à l’inauguration d’un monument commémorant les 251 Juifs qui avaient été envoyés à la mort depuis un hôpital psychiatrique de La Haye.

Cette cérémonie qui a été organisée la semaine dernière à l’hôpital Parnassia de La Haye a eu lieu quelques jours avant le 75ème anniversaire des déportations menées par cette institution, qui, pour de nombreuses personnes, avaient incarné toute la cruauté des forces d’occupation nazies aux Pays-Bas aux côtés de leurs actifs collaborateurs.

Un mur de commémoration portant le relief d’une ménorah a été dévoilé sur le site où les nazis, en 1942, avaient rassemblé les patients de ce qui était alors l’institution psychiatrique de Rosenburg, le nom précédent de cet établissement hospitalier.

Selon une recherche qui vient d’être achevée, des dizaines de Juifs s’étaient cachés dans l’institution et avaient clamé être des malades dans l’espoir d’être épargnés par les Allemands. Il y avait plusieurs autres malades juifs qui étaient aussi légitimement pris en charge dans l’établissement.

Mais le 31 décembre 1942, tous les Juifs qui se cachaient dans l’institution avaient été rassemblés, envoyés au camp de transit de Westerbork et, à partir de là, dans des camps de la mort en Pologne. Sur 251 déportés, 227 avaient été assassinés.

Ronny Naftaniel, fondateur du groupe du patrimoine juif de La Haye et l’un des initiateurs de la construction de ce monument, a expliqué que l’insensibilité montrée par l’institution psychiatrique de Rosenburg était typique des persécutions sans relâche qui s’étaient achevées par le meurtre de 75 % des 140 000 Juifs néerlandais – le taux de mortalité le plus élevé de tous les pays d’Europe occidentale occupés par les nazis.

« Le sort épouvantable réservé aux malades et aux demandeurs d’asile ici me rappellent les histoires que ma mère me racontait sur Apeldoornsche Bosch – une institution pour les malades psychiatriques juifs où elle travaillait comme infirmière », a dit Naftaniel dans un discours prononcé lors de l’inauguration.

« Elle avait vu comment les nazis, la nuit du 21 janvier, s’étaient emparés de 50 membres du personnel et de 1 200 patients sortis de leurs lit et comment ils les avaient fait monter à bord d’un train pour Auschwitz, où ils étaient arrivés deux jours plus tard. Certains étaient morts d’épuisement, de stress et de soif. Les survivants avaient été envoyés dans les chambres à gaz ».

Séparément, la municipalité de la Haye a commencé à annoncer dans les médias son projet de remboursement des taxes injustement imposées aux survivants de l’Holocauste.

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités locales néerlandaises, notamment à Amsterdam et à la Haye, avaient donné des pénalités et des amendes aux résidents qui avaient des arriérés dans le versement de leurs impôts immobiliers et ce, même si ces mêmes habitants avaient été dans l’incapacité de payer parce qu’ils se trouvaient dans des camps de concentration ou qu’ils vivaient dans la clandestinité.

Les appels qui avaient suivi avaient été largement rejetés. Un archiviste avait découvert cette pratique à Amsterdam en 2013 et des recherches avaient été ensuite menées à La Haye.

Contrairement à Amsterdam, où la ville a décidé de transférer la somme de 11 millions de dollars à une organisation non-gouvernementale qui sera chargée de distribuer ce montant aux organisations travaillant pour des causes juives, la municipalité de La Haye a recommandé que la ville rembourse 2,75 millions de dollars aux personnes concernées – majoritairement les descendants de ces survivants. Elle a déterminé que cet argent avait été prélevé après la guerre « de manière immorale. »

Cette annonce apparaîtra dans les médias en Israël, en Belgique, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, a fait savoir le mois dernier Omroep West.

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