Pedro Sanchez réclame l’exclusion d’Israël des compétitions internationales
Le Premier ministre espagnol appelle à traiter Israël avec la même fermeté que la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a sans surprise réclamé l’exclusion d’Israël des compétitions sportives mondiales tant que perdure la guerre à Gaza. Une exigence qu’il compare à la fermeté adoptée contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.
« Tant que la barbarie ne cessera pas, ni la Russie ni Israël ne doivent participer à d’autres compétitions internationales. Israël ne peut utiliser aucune plateforme internationale pour blanchir sa présence », a déclaré le dirigeant socialiste, appelant à se tenir « du côté des victimes, et non des agresseurs ». Moscou a envahi l’Ukraine en février 2022 tandis qu’une horde de milliers de terroristes palestiniens a mené en Israël un pogrom sans précédent depuis la Shoah le 7 octobre 2023.
Cette prise de position intervient au lendemain de la clôture de la Vuelta, marquée par de nombreuses manifestations pro-palestiniennes. Dimanche dernier, plus de 100 000 personnes ont défilé à Madrid, tandis que des protestations ont émaillé plusieurs étapes de la course en raison de la participation de l’équipe Israel-Premier Tech, financée par l’homme d’affaires israélo-canadien Sylvan Adams. « L’Espagne sauve l’honneur de l’Europe », a estimé Pedro Sanchez, qui multiplie les appels hostiles à l’encontre des Israéliens depuis le 7 octobre 2023.
En interne, ce virage offensif s’inscrit aussi dans un contexte politique difficile. Affaibli par le rejet d’un projet de loi sur la réduction du temps de travail et privé de budget viable, le gouvernement Sanchez peine à rassembler une majorité stable. Dans cette atmosphère morose, le drapeau palestinien devient pour lui un outil de mobilisation de son électorat de gauche.
Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun (Sumar), a par ailleurs embrayé lundi, en demandant l’exclusion d’Israël de la prochaine édition de l’Eurovision, allant jusqu’à menacer de retirer la candidature espagnole si Jérusalem est maintenue en lice. Plusieurs pays, dont l’Irlande, l’Islande, la Slovénie et les Pays-Bas, ont déjà annoncé un boycott similaire.
L’offensive diplomatique espagnole n’est pas sans conséquence. Accusant Madrid d’antisémitisme, Benjamin Netanyahu a évoqué Isabelle la Catholique et l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Une polémique qui n’a pas empêché Sanchez de rappeler la reconnaissance officielle de l’État palestinien par l’Espagne, le 28 mai 2024, aux côtés de l’Irlande et de la Norvège.
Convaincu que la pression populaire peut infléchir l’Europe, le Premier ministre espagnol estime que son pays trace la voie : « On nous a dit que nous étions seuls, mais nous étions simplement les premiers. Aujourd’hui, c’est l’Espagne qui sauve l’honneur de l’Europe. »







