Peu de chances que Ben Gvir soit nommé ministre, dit un responsable du Likud
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Peu de chances que Ben Gvir soit nommé ministre, dit un responsable du Likud

Alors que les sondages indiquent que la faction extrémiste Otzma Yehudit franchirait le seuil électoral lors du prochain scrutin, son chef a dit demander un siège au cabinet

Itamar Ben-Gvir du parti Otzma Yehudit , à une conférence à Jérusalem le 2 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Itamar Ben-Gvir du parti Otzma Yehudit , à une conférence à Jérusalem le 2 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

SOTCHI, Russie — Un haut-responsable du parti du Likud a déclaré jeudi que les chances que le Premier ministre Benjamin Netanyahu nomme Itamar Ben Gvir à un poste de ministre du prochain gouvernement n’étaient « pas réalistes ».

Ben Gvir, à la tête du parti extrémiste Otzma Yehudit, avait indiqué dans la journée que si son mouvement parvenait à entrer à la Knesset au cours du scrutin de la semaine prochaine, il demanderait à devenir ministre en échange de son soutien.

Plusieurs sondages récents montrent qu’Otzma Yehudit franchirait le seuil électoral pour la première fois et s’adjugerait quatre sièges. Le Likud, en interne, a débattu de la manière de gérer la formation qui a été depuis longtemps considérée comme inadmissible dans la sphère politique israélienne.

Ce haut-responsable du Likud, qui se trouvait aux côtés du Premier ministre lors de son déplacement en Russie qui a eu lieu jeudi, a déclaré que le bureau de Netanyahu avait également commandité trois sondages différents, ces derniers jours, pour mieux estimer les chances qu’avait Otzma Yehudit d’entrer au parlement.

Deux de ces trois enquêtes d’opinion prévoient que la formation franchisse le seuil électoral de 3,25 % et entrerait à la Knesset forte de quatre sièges, a-t-il ajouté.

Ces sondages viennent s’ajouter à plusieurs études récentes qui ont présenté des résultats similaires, même si la marge d’erreur dans toutes les enquêtes a été plus importante que le seuil de 3,25 %, ce qui rend la situation difficile à prévoir avec exactitude.

Le soutien apporté dans le passé à Otzma Yehudit est difficile à estimer car le mouvement s’est présenté dans le cadre de listes conjointes, aux côtés d’autres partis, au cours des deux élections les plus récentes et qu’il a échoué à placer ses candidats à la Knesset dans les deux cas.

« Nous avons à déterminer comment nous allons prendre en charge cette question », a indiqué le responsable à Zman Yisrael, le site en hébreu du groupe Times of Israel, ajoutant que les chances de Ben Gvir d’accéder à un poste de ministre n’étaient « pas réalistes ».

Jusqu’à récemment, l’idée du parti rejoignant une coalition au pouvoir était considérée comme impossible. Otzma Yehudit est né du parti kahaniste Kach, interdit pour racisme. Et, en effet, trois des quatre leaders du mouvement – Michael Ben-Ari, Baruch Marzel et Bentzi Gopstein – ont été interdits de se présenter aux élections en raison de leur soutien de longue haleine à des politiques racistes et à la violence politique.

Bentzi Gopstein, à droite, et Baruch Marzel durant une conférence de presse organisée par le parti Otzma Yehudit à Jérusalem, le 26 août 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais Netanyahu a semblé sortir la faction de l’ombre au cours des élections du 9 avril, manigançant un accord qui lui avait permis de se présenter en compagnie d’autres partis de droite sur une liste d’union afin d’empêcher que des votes ne soient perdus par les mouvements ne franchissant pas le seuil électoral.

Cette initiative avait été largement condamnée.

Le parti a résisté à des pressions intenses exercées par Netanyahu, qui désirait qu’il se retire du scrutin. Néanmoins, si Otzma Yehudit pouvait avoir un rôle dans l’équilibre du pouvoir, dans la prochaine Knesset, alors Netanyahu pourrait être tenté de faire entrer le parti dans une coalition.

Le Likud et Kakhol lavan sont au coude à coude.

Tentant de garantir qu’il prendra le dessus sur Kakhol lavan, le parti au pouvoir a vivement recommandé aux électeurs des formations de droite d’abandonner leurs factions pour voter pour le Likud, revenant à sa tactique alarmiste controversée ciblant le public arabe, avertissant souvent que ses rivaux ont l’intention de former un gouvernement avec les partis arabes (Kakhol lavan a exclu toute coalition avec les formations non-sionistes et jamais, dans le passé, un parti arabe n’a intégré une coalition au pouvoir).

La dirigeante de Yamina, Ayelet Shaked, a vivement recommandé la semaine dernière à Otzma Yehudit de se retirer de la course électorale.

« Otzma Yehudit ne franchira pas le seuil électoral et ses deux sièges iront à la gauche », a estimé l’ex-ministre de la Justice au micro de la radio israélienne.

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