Plainte de proches de Wallenberg contre les services secrets russes
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Plainte de proches de Wallenberg contre les services secrets russes

Les proches du Schindler suédois se battent depuis des dizaines d'années pour connaître les circonstances de son arrestation et de sa mort

Raoul Wallenberg, envoyé de la Suède en Hongrie occupée par l'Allemagne nazie. (Crédit : WikiCommons)
Raoul Wallenberg, envoyé de la Suède en Hongrie occupée par l'Allemagne nazie. (Crédit : WikiCommons)

Des proches du diplomate suédois Raoul Wallenberg, sauveur de milliers de juifs hongrois, dont les traces se perdent à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ont porté plainte contre les services secrets russes (FSB) tout en réclamant l’accès à leurs archives.

« La plainte a été déposée mercredi par des proches de Wallenberg auprès du tribunal Mechtchanski de la capitale russe », a annoncé jeudi à l’AFP l’avocat Ivan Pavlov, chargé de l’affaire.

La famille Wallenberg demande d' »obliger le FSB (ex-KGB) à lui fournir l’accès aux originaux des documents » des services secrets soviétiques concernant le diplomate suédois, a-t-il précisé.

Selon Me Pavlov, les proches de Raoul Wallenberg se sont adressés à plusieurs reprises en vain au FSB en demandant l’accès à ses archives héritées de l’URSS et ont également reçu des documents incomplets.

« Cette affaire est non seulement une possibilité de restaurer la mémoire d’une personne remarquable mais aussi un pas de plus dans la lutte contre l’inaccessibilité des archives du FSB », souligne l’avocat.

Né le 4 août 1912, Raoul Wallenberg avait rejoint la capitale de la Hongrie, Budapest, occupée par l’Allemagne nazie en juillet 1944. Il avait sauvé des juifs de la mort en leur délivrant des papiers suédois aux derniers mois de l’Holocauste.

Arrêté à Budapest le 17 janvier 1945 par des soldats soviétiques, il avait ensuite disparu.

En 1957, l’Union soviétique rendait public un document montrant qu’il avait été détenu à la Loubianka, le siège du KGB à Moscou, et qu’il était mort d’une crise cardiaque le 17 juillet 1947. Cette version a toujours inspiré des doutes, notamment chez des historiens qui estiment qu’il a pu être exécuté.

Les proches de Raoul Wallenberg se battent depuis des dizaines d’années pour connaître les circonstances de son arrestation et de sa mort.

Ils veulent notamment savoir si le « prisonnier numéro 7 », interrogé le 23 juillet 1947 avec le chauffeur de Raoul Wallenberg à la Loubianka, est bien le diplomate suédois.

Selon la famille, l’existence de ce « prisonnier numéro 7 » a été révélée en 2009 à deux chercheurs par des archivistes du FSB qui leur ont confié à l’époque que Raoul Wallenberg et lui étaient « très probablement » la même personne.

« La majorité des questions tournent autour de ce prisonnier-là », dont la date d’arrivée au siège du KGB correspond à la disparition du Suédois, a expliqué jeudi à l’AFP la nièce de Raoul Wallenberg, Marie Dupuy. « A chaque fois ils disent qu’ils ne sont pas capables de répondre » alors que « nous sommes sûrs qu’ils ont la réponse ».

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