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Plainte d’Iraniens en exil contre le président Raïssi aux États-Unis

La plainte accuserait Ebrahim Raïssi de torture et de meurtre lors des exécutions de masse d'opposants qui ont eu lieu au sein de la République islamique en 1988

Le nouveau président iranien Ebrahim Raissi salue les journalistes à la fin d'une conférence de presse à Téhéran, le 21 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Le nouveau président iranien Ebrahim Raissi salue les journalistes à la fin d'une conférence de presse à Téhéran, le 21 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Un groupe d’opposants iraniens en exil a annoncé jeudi l’existence de poursuites à New York contre le président de la République islamique, Ebrahim Raïssi, qui doit arriver sur le sol américain le mois prochain pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies.

Selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui n’a pas lui-même déposé la plainte, celle-ci accuse Ebrahim Raïssi de torture et de meurtre lors des exécutions de masse d’opposants en 1988.

Faisant écho à des actions similaires engagées au Royaume-Uni, la plainte au civil soutient qu’Ebrahim Raïssi faisait partie d’une « Commission de la mort » – quatre juges qui ont ordonné des milliers d’exécutions et la torture de membres du mouvement des Moudjahidines du Peuple (MEK).

Le MEK est un partenaire essentiel du CNRI.

Il ne fait « aucun doute qu’en tant que procureur adjoint de l’État pour la province de Téhéran, Ebrahim Raïssi était un membre de cette ‘Commission de la mort' », a déclaré Steven Schneebaum, avocat des plaignants, lors d’une conférence de presse organisée par le CNRI à Washington.

Les poursuites ont été engagées à New York la semaine dernière, au nom de deux personnes torturées à l’époque et d’une troisième dont le frère a été exécuté.

Elles s’appuient notamment sur des déclarations d’Amnesty International et des sanctions américaines, qui accusaient M. Raïssi d’avoir pris part à la répression sanglante de 1988.

Des dommages et intérêts, dont le montant n’est pas précisé, sont demandés en réparation d’actes de torture, d’exécutions sommaires, de génocide et de crimes contre l’humanité.

La plainte remet en cause l’idée selon laquelle M. Raïssi, élu président l’an dernier, bénéficierait de l’immunité en tant que chef d’État et représentant d’un pays étranger participant à l’Assemblée générale des Nations unies.

Des manifestants tiennent des photos de personnes qu’ils considèrent comme des prisonniers politiques tués en 1988 lors d’un rassemblement pour dénoncer le président iranien Ebrahim Raïssi près du siège des Nations unies, le 21 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Jason DeCrow)

Selon M. Schneebaum, M. Raïssi n’est ainsi pas un diplomate officiellement accrédité aux États-Unis.

Par ailleurs, s’il est bien président, le réel chef d’État en Iran est le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, avance l’avocat.

Si les États-Unis acceptent ces arguments, ils pourraient le notifier officiellement de l’existence de poursuites contre lui s’il participe aux réunions à l’ONU.

Interrogé sur la venue de M. Raïssi, le porte-parole du département d’État américain Vedant Patel a déclaré que les États-Unis se devaient de laisser entrer sur leur territoire les dignitaires étrangers.

« En tant que pays hôte de l’ONU, les États-Unis sont généralement tenus, en vertu de l’accord sur le siège de l’ONU, de délivrer des visas aux représentants des États membres des Nations unies pour se rendre au siège » de l’organisation, a-t-il dit à des journalistes.

Cette plainte intervient au moment où l’Iran et les États-Unis ravivent l’espoir d’un retour à l’accord historique sur le programme nucléaire iranien de 2015, dont l’ancien président Donald Trump s’était retiré avec fracas.

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