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Plaintes contre le député du Likud qui a menacé de « piétiner » les « gauchistes »

Une habitante, plusieurs élus et des militants ont porté plainte auprès de la police ou du Comité d'éthique de la Knesset. Mais le député David Amsalem ne regrette rien

David Amsalem, député du Likud, à la tribune de la Knesset, le 28 juin 2021.  (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
David Amsalem, député du Likud, à la tribune de la Knesset, le 28 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Samedi, une femme de Rosh Pina a déposé une plainte contre le député du Likud, David Amsalem. Parallèlement, des politiciens et des militants politiques ont déposé des plaintes contre lui auprès du Comité d’éthique de la Knesset. L’objet de leur colère : selon les médias israéliens, il aurait appelé à emprisonner les gauchistes.

Samedi soir, le principal intéressé prend la parole et accuse les journalistes d’avoir déformé ses propos tenus en début de semaine sur Twitter Space, plateforme de conversations audios.

« D’après l’enregistrement, il est clair que je n’ai pas dit d’emprisonner les gauchistes dans des cages. Ce que j’ai dit – et je ne m’en excuserai pas – c’est que tout comme la gauche nous piétine maintenant dans les comités de la Knesset, nous les piétinerons quand nous reviendrons au pouvoir », a-t-il écrit sur Twitter.

Selon l’enregistrement de la conversation, au bout d’une heure et demie, David Amsalem a dit du pouvoir des procureurs généraux des ministères : « Ce sont des loups qui dévorent tout ce qui bouge, et si nous ne les retenons pas et ne les mettons pas dans un enclos, ils finiront par nous dévorer à nouveau et notre pays sombrera dans les profondeurs. Il n’y aura plus d’État juif ».

À plusieurs reprises, Daivd Amsalem a qualifié le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu de Premier ministre. Il a suggéré de former une Knesset séparée dirigée par le Likud.

“Un gang fou, bolchevique et anti-sioniste a pris le contrôle du pays », a-t-il d’ailleurs déclaré avec colère avant de qualifier « le Premier ministre Netanyahu », d’ « émissaire de Dieu », du plus important « leader juif depuis 100-150 ans. »

Il a ensuite déclaré que le peuple votera pour le Likud, qui remportera les prochaines élections, et qu’une fois au pouvoir, il procédera à des changements drastiques. Le premier qu’il a mentionné est que tout fonctionnaire qui s’oppose au gouvernement verra son salaire réduit.

David Amsalem a également affirmé que s’il devient président de la Knesset, il ne laissera pas les membres de la coalition actuelle entrer dans le plénum. « Ils pourront se rendre à leur Haute Cour. Nous y remplacerons également les juges immédiatement, le jour de notre victoire. »

Faisant référence à la déclaration déférente de l’ancien Premier ministre du Likud, Menachem Begin, à propos de la Cour suprême, il a déclaré : « Cette histoire de Begin disant ‘Il y a des juges à Jérusalem’ est terminée. Nous allons les écraser. Nous allons faire adopter des lois dont ils ne se remettront pas pendant 20 ans. Afin de contrôler, nous supprimerons le mot ‘justice’. Il n’existera plus. »

David Amsallem a affirmé que les gauchistes sont « les plus riches du pays » et que les membres arabes de la Knesset qualifient les Juifs de stupides.

« Les Arabes se promènent à la Knesset comme des administrateurs d’État et disent : Les Juifs sont stupides, nous prenons leur argent et ils construisent des villes pour nous. Les Arabes ne paient pas d’impôts fonciers, pas d’électricité et pas d’eau – et construisent en violation de la loi. Des milliers de cabanes – tout le Néguev est à eux », peut-on l’entendre dire dans l’enregistrement largement relayé sur les réseaux sociaux.

Depuis, les critiques pleuvent y compris contre les alliés du député. À l’image du ministre de la Justice, Gideon Saar qui a reproché à Benjamin Netanyahu de ne pas avoir condamné les remarques de David Amsalem.

Michal Rozin, du Meretz, est la première à avoir déposé plainte auprès du Comité d’éthique, avertissant que ses propos conduiraient à « l’incitation et à une véritable violence ».

Le président de la Knesset, Mickey Levy, a tenté la semaine dernière de former le Comité d’éthique, malgré le boycott des comités de la Knesset par l’opposition. Le comité comprend traditionnellement deux députés de la coalition et deux de l’opposition, et il ne peut pas fonctionner sans député de l’opposition.

David Amsalem, député du Likud, à la tribune de la Knesset, le 2 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mickey Levy a nommé les députés Gila Gamliel (Likud) et Yaakov Margi (Shas) au comité et le député Osama Saadi (Liste arabe unie) comme suppléant. Mais Gila Gamliel et Yaakov Margi ont immédiatement démissionné et Osama Saadi les a rejoints samedi, ce qui rend peu probable le démarrage du comité.

« Je ne veux pas être un outil politique dans la lutte entre la coalition et l’opposition », a déclaré Osama Saadi.

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