« Plan d’action » en faveur des minorités persécutées au Moyen-Orient
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« Plan d’action » en faveur des minorités persécutées au Moyen-Orient

Une soixantaine d’États seront représentés à la conférence de mardi à Paris prévue depuis mars dernier

Laurent Fabius, alors ministre français des Affaires étrangères, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit : Christian Bruna / AFP)
Laurent Fabius, alors ministre français des Affaires étrangères, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit : Christian Bruna / AFP)

Un « plan d’action » va être dévoilé mardi en faveur des minorités persécutées au Moyen-Orient par le groupe de l’État islamique (EI), à l’occasion d’une conférence internationale organisée à Paris, selon des sources diplomatiques.

Cette conférence, qui sera ouverte par le président français François Hollande, avait été décidée en mars lors d’un débat consacré à ce sujet au Conseil de sécurité de l’Onu.

La réunion, co-présidée par le chef de la diplomatie française Laurent Fabius et par son homologue jordanien Nasser Judeh, a pour but de tirer les conclusions « des discussions du printemps » et de « proposer une charte d’action », avait précisé M. Fabius.

« L’objectif de cette rencontre est d’identifier des mesures concrètes pour répondre à tous les aspects de la situation des victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient », a précisé le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal.

Le « plan d’action », dont les détails seront annoncés mardi après-midi, va prévoir dans ses grandes lignes de « préparer et faciliter le retour volontaire et durable des déplacés, promouvoir des solutions politiques respectueuses des droits de l’Homme (…) et mettre fin à l’impunité de ceux qui ont commis des crimes contre les populations pour des raisons d’appartenance ethnique ou de conviction religieuse », a précisé M. Nadal.

S’adressant le 27 mars au Conseil de sécurité, Laurent Fabius avait estimé que la communauté internationale devait tout faire pour permettre le retour chez elles des minorités du Moyen-Orient persécutées par les groupes extrémistes comme l’EI.

Il avait évoqué le sort non seulement des Chrétiens d’Orient mais aussi des Yézidis du Kurdistan irakien ou les Kurdes de Kobané (Syrie). Il ne reste qu’environ 400 000 Chrétiens en Irak, contre environ 1,4 million en 1987.

Laurent Fabius avait proposé notamment la création d’un fonds d’aide au retour pour financer la reconstruction des habitations et des lieux de culte dans les régions reprises à l’EI.

Une soixantaine d’États seront représentés mardi à Paris, dont tous les pays concernés et de nombreux Etats de la région, de même que les représentants de nombreuses ONG et de toutes les grandes agences de l’ONU.

« Cette initiative servira à dire : ça suffit », a souligné le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, lors d’un point-presse lundi au siège de l’Unesco. « Le monde doit réagir de manière plus déterminée », face à l’action de l’EI, a-t-il jugé.

« En Irak, il est important de combiner des moyens militaires, qui sont sans aucun doute nécessaires, avec une stratégie politique », notamment de soutien au gouvernement et d’aide aux déplacés, a-t-il estimé.

Quant à la Syrie, il faut selon lui « des efforts combinés » des membres du Conseil de sécurité de l’ONU et des pays de la région pour « mettre un terme à l’horreur ». « Pour l’instant, nous n’avons pas eu de résolution forte », a-t-il déploré.

Moscou a opposé à plusieurs reprises son veto à des projets de résolution condamnant le pouvoir de Damas.

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