Plateau du Golan : Kakhol lavan s’engage à y renforcer la position israélienne
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Plateau du Golan : Kakhol lavan s’engage à y renforcer la position israélienne

"Le plateau ne sera plus jamais syrien" ; Lapid et Gantz, qui reprochent au gouvernement de révéler les frappes contre l'Iran, totalisent 117 ans d'expérience militaire

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les membres du parti Kakhol lavan (de gauche à droite) Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon lors d'une conférence de presse sur le plateau du Golan, le 4 mars 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
Les membres du parti Kakhol lavan (de gauche à droite) Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon lors d'une conférence de presse sur le plateau du Golan, le 4 mars 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

MITZPE RONEN – Les chefs du parti centriste Kakhol lavan ont juré lundi que leur gouvernement ne rétrocéderait jamais le plateau du Golan à la Syrie et qu’il continuerait à revendiquer la reconnaissance internationale de la souveraineté d’Israël sur ce territoire, conquis pendant la guerre des Six jours en 1967.

« Le plateau du Golan est sous souveraineté israélienne et restera sous souveraineté israélienne », a déclaré Yair Lapid, numéro deux sur la liste du parti, s’exprimant depuis Mitzpe Ronen, une colline sur le plateau du Golan dominant la ville syrienne de Qouneitra.

Benny Gantz a, lui, déclaré que le parti prévoyait de doubler la population du plateau stratégique, qui surplombe la mer de Galilée. Israël a étendu sa souveraineté au territoire en 1980, ce qui n’a jamais été reconnu internationalement. La Syrie a exigé la restitution du territoire dans le cadre de tout accord de paix.

« Nous développerons le peuplement du plateau du Golan de sorte que le monde comprenne clairement – nous ne descendrons pas du plateau, au contraire – qu’il sera valorisé et que [sa population] doublera », a précisé le chef de Kakhol lavan.

Environ 50 000 personnes vivent dans cette région, dont plus de la moitié sont des Druzes, et dont bon nombre continuent d’être fidèles à la Syrie.

Israël a, par le passé, émis l’idée de restituer le plateau du Golan à la Syrie dans le cadre d’un accord de paix. C’était le cas récemment, sous la direction du Premier ministre de l’époque, Ehud Olmert.

Les candidats de Kakhol lavan ont indiqué qu’ils ne feraient pas une telle concession au dictateur syrien Bashar el-Assad, en raison de ses violations flagrantes des droits humains.

« De l’autre côté de la frontière se trouve un dictateur responsable du meurtre d’un demi-million de ses concitoyens. Son régime est soutenu par les Iraniens et le Hezbollah », a déclaré M. Lapid.

Les sénateurs américains Tom Cotton et Ted Cruz, tous deux Républicains, ont proposé un projet de loi qui reconnaîtrait l’annexion de facto du territoire par Israël, mais la mesure ne devrait pas progresser compte tenu que la Chambre est actuellement contrôlée par les Démocrates.

Des chars Merkava de l’armée israélienne prennent position sur le plateau du Golan, le 20 janvier 2019. (Jalaa Marey/AFP)

« Historiquement, le Golan est à nous. Stratégiquement, le Golan est à nous », a déclaré M. Lapid, notant que l’année dernière, il avait offert à M. Cotton une pièce de monnaie découverte lors de fouilles archéologiques dans le plateau du Golan, datant de l’an 67 de l’ère commune.

Les dirigeants du parti ont également critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement pour avoir parlé trop publiquement des opérations militaires d’Israël menées contre les forces iraniennes en Syrie.

« La sécurité est une question d’action et non de bavardage », a déclaré l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, numéro trois sur la liste.

M. Lapid a qualifié le cabinet de sécurité actuel de « plus bavard » de l’histoire d’Israël, les informations provenant de discussions prétendument secrètes étant systématiquement transmises aux journalistes.

Pendant des années, Israël a mené une guerre parallèle contre l’Iran en Syrie, réalisant des centaines de frappes aériennes contre les forces iraniennes dans le pays. Jusqu’à l’année dernière, une grande partie de cette activité s’était déroulée sans confirmation officielle de la part des responsables israéliens, si ce n’est une déclaration générale selon laquelle Israël était prêt à prendre des mesures pour protéger ses intérêts.

La situation a commencé à changer depuis l’an dernier, les autorités gouvernementales et militaires reconnaissant de plus en plus les frappes de Tsahal en Syrie – une évolution qui a suscité la colère de plusieurs anciens et actuels responsables de la Défense, qui ont déclaré que de tels propos étaient inutiles et restreignaient la liberté d’intervention d’Israël.

Lors de la conférence de presse, le chef du parti et ancien chef d’état-major de Tsahal a promis que son gouvernement, s’il était élu, mènerait les politiques militaires du pays de manière plus discrète, « via des canaux appropriés, et non via les chaînes de télévision ».

Benny Gantz a rappelé que sur les quatre hommes à la tête du parti, trois sont d’anciens chefs d’état-major de l’armée israélienne – lui, Yaalon et Gabi Ashkenazi – et un – Lapid – est un ancien ministre des Finances qui a servi dans le cabinet de sécurité.

« À nous quatre, nous totalisons 117 ans de carrière », a indiqué Gantz.

Gantz a servi dans l’armée pendant 38 ans, Yaalon pendant 37 ans, et Ashkenazi pendant 39 ans. Lapid a effectué son service obligatoire de trois ans en tant que journaliste pour Bamahane, le magazine interne de l’armée.

Le discret Ashkenazi a menacé qu’Israël n’aurait aucune retenue dans ses combats contre ses ennemis.

« Je veux dire une chose à nos ennemis en Syrie et dans toute la région. Contre toute menace existentielle de l’État d’Israël, nous interviendrons et nous agirons sans retenue », a-t-il averti.

Tard dimanche soir, les forces israéliennes ont tiré un obus d’artillerie sur le village syrien de Khader, juste de l’autre côté de la frontière du plateau du Golan, ont rapporté les médias syriens.

Selon l’agence de presse publique SANA, l’obus n’a causé ni blessés ni dégâts. L’objectif n’était pas encore clair, Tsahal n’a fait aucun commentaire.

Khader est situé juste en face de la zone démilitarisée qui sépare les deux pays dans le plateau du Golan et se trouve dans la province de Qouneitra en Syrie.

Israël pense que l’Iran s’emploie à établir un réseau de postes d’observation le long de la frontière israélo-syrienne, composé de membres du groupe terroriste libanais du Hezbollah et de diverses milices chiites.

Le mois dernier, les médias syriens ont également rapporté qu’Israël avait bombardé des cibles dans la ville syrienne déserte voisine de Qouneitra.

Bien qu’Israël n’ait pas commenté les frappes à l’époque, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé l’attaque de février le jour suivant, en ces termes : « Nous œuvrons sans relâche pour bloquer l’Iran. Nous agissons tous les jours, y compris hier, contre l’Iran et ses efforts pour s’implanter dans la région ».

La frappe de Qouneitra visait des miliciens chiites soutenus par l’Iran qui tentaient d’établir une base d’opérations près de la frontière israélienne. Le bombardement de tanks a également été considéré comme un avertissement à la Syrie et à d’autres mandataires iraniens qu’Israël ne tolérerait pas les efforts déployés par Téhéran pour établir une présence militaire permanente dans le Golan syrien.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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