Rechercher

Polémique après la décoration des Klarsfeld à Perpignan par Louis Aliot (RN)

L'événement a suscité l'émoi des internautes en raison de l’appartenance politique de Louis Aliot, qui est en campagne pour la présidence du Rassemblement national

Les chasseurs de nazis Serge et son épouse Beate Klarsfeld assistent à une cérémonie d'inauguration du Mur des noms rénové, au mémorial de la Shoah, à Paris, le 27 janvier 2020. (Crédit : Michel Euler / AP)
Les chasseurs de nazis Serge et son épouse Beate Klarsfeld assistent à une cérémonie d'inauguration du Mur des noms rénové, au mémorial de la Shoah, à Paris, le 27 janvier 2020. (Crédit : Michel Euler / AP)

Serge et Beate Klarsfeld, combattants historiques de l’extrême droite et chasseurs de nazis, ont été décorés jeudi 13 octobre de la médaille de Perpignan par Louis Aliot, maire Rassemblement national (RN) de la ville et vice-président du parti.

La cérémonie a eu lieu à l’occasion de l’inauguration d’un local associatif mémoriel et de la remise par les Klarsfeld de la Légion d’honneur à son dirigeant, Philippe Benguigui, président-fondateur de l’association mémorielle « Zakhor pour la Mémoire » en France.

L’évènement a eu lieu sous la verrière de l’Hôtel Pams, dans le centre de Perpignan, devant un parterre de près de 150 personnes.

L’événement a suscité l’émoi des internautes en raison de l’appartenance politique de Louis Aliot, qui est par ailleurs l’ancien compagnon de Marine Le Pen et qui est en campagne pour la présidence du Rassemblement national face à Jordan Bardella.

Les Klarsfeld, ambassadeurs honoraires de l’UNESCO de la mémoire de la Shoah, sont en effet des opposants historiques du parti d’extrême droite.

Dans un message aimé près de 400 fois, parmi de nombreux autres, l’avocat Albert Lévy a écrit : « J’avoue ne plus comprendre les subtilités de la pensée actuelle des Klarsfeld s’alliant avec la bête immonde. »

Dans une tribune pour Libération publiée lundi, les historiens Denis Peschanski et Renée Poznanski ont eux estimé que les Klarsfeld contribuaient ainsi à « légitimer le Rassemblement national », un acte « triste et grave ».

Dans une interview à Libération, Serge Klarsfeld a expliqué sa présence à la cérémonie. Il a ainsi indiqué qu’il appréciait l’engagement du maire de Perpignan pour la mémoire de la Shoah.

« J’ai observé qu’il y a quand même une évolution : Marine Le Pen a pris position l’an dernier et cette année encore sur le Vél’ d’Hiv’. J’ai dit publiquement que c’était ‘un pas en avant’. Du point de vue juif, on peut le reconnaître. J’observe aussi que depuis longtemps, à Perpignan, Louis Aliot vient aux cérémonies, qu’il y favorise la lutte contre l’antisémitisme et j’ai considéré qu’il fallait pousser cette tendance », a-t-il déclaré.

Il a aussi encouragé la ligne « d’ouverture » de Louis Aliot, dont le grand-père maternel était un Juif d’Algérie, face à celle de Jordan Bardella pour la présidence du RN.

« Aliot semble être dans une attitude d’ouverture vis-à-vis de nos compatriotes musulmans. Je pense qu’il faut accompagner ceux qui veulent transformer une partie du FN sinon la situation va empirer », a-t-il dit.

Le fils de Serge et Beate Klarsfeld, Arno, a réagi samedi dernier à la polémique sur son compte Twitter.

« Ne vaut-il pas mieux qu’un élu RN d’une grande ville de France cultive la mémoire de la Shoah et remette la médaille de sa ville à Serge et Beate plutôt qu’il n’élève une statue à Pétain ? Pourquoi ne pas se réjouir de choses positives ? Seriez-vous sectaire ? », a-t-il écrit.

La médaille de la Ville de Perpignan est remise à ceux investis dans l’animation de la ville. Les époux Klarsfeld l’ont reçue pour leur combat en faveur des déportés juifs en France.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...