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Polémique après la suspension par Israël du streaming de l’AP de Gaza

Lapid dénonce la saisie du matériel de l'AP comme un "acte de folie" et affirme que Karhi semble déterminé à "ostraciser Israël dans le monde entier"

Du matériel vidéo de l'AP est posé sur le sol d'un immeuble d'habitation à Sderot, dans le sud d'Israël, peu avant qu'il ne soit saisi par les autorités israéliennes, le 21 mai 2024. (Crédit : Josphat Kasire/AP)
Du matériel vidéo de l'AP est posé sur le sol d'un immeuble d'habitation à Sderot, dans le sud d'Israël, peu avant qu'il ne soit saisi par les autorités israéliennes, le 21 mai 2024. (Crédit : Josphat Kasire/AP)

L’Associated Press (AP) a annoncé que son direct vidéo sur Gaza avait été coupé par Israël qui accuse l’agence de presse américaine de violer une loi ayant permis aux autorités israéliennes de fermer la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera sur leur territoire.

« Associated Press dénonce dans les termes les plus forts l’action du gouvernement d’Israël de fermer notre direct » qui montrait Gaza, et « la saisie de notre équipement », indique l’agence dans un communiqué qui attribue cette décision à « une utilisation abusive par le gouvernement israélien » de la loi votée début avril qui permet d’interdire la diffusion en Israël de médias étrangers portant atteinte à la sécurité de l’Etat.

AP a déclaré que les autorités avaient saisi sa caméra ainsi que son matériel de diffusion.

En parallèle, dans son rapport des faits, l’agence précise que la chaîne qatarie fait partie des milliers de clients des flux vidéo envoyés en direct par l’agence.

Elle indique que des responsables du ministère israélien des Communications sont arrivés mardi après-midi sur le site d’AP à Sdérot, dans le sud d’Israël, et ont saisi le matériel.

« Nous exhortons les autorités israéliennes à restituer notre équipement et à nous permettre de rétablir immédiatement notre diffusion en direct, afin que nous puissions continuer à fournir » ces images « importantes à des milliers de médias à travers le monde », poursuit AP dans son communiqué.

Le ministère israélien des Communications, dirigé par Shlomo Karhi (Likud) a indiqué pour sa part dans un communiqué que « les photographes d’AP photographient régulièrement la bande de Gaza depuis le balcon d’une maison à Sdérot », à la lisière du territoire du palestinien, « y compris en mettant l’accent sur les activités de soldats (israéliens] et l’endroit où il se trouvent ».

La censure militaire israélienne interdit la publication d’images ou d’informations susceptibles de permettre de localiser des soldats ou des installations militaires israéliennes.

« Le gouvernement israélien a décidé qu’il n’autoriserait pas la chaîne Al-Jazeera qui soutient le Hamas terroriste à diffuser depuis Israël », dit ensuite le texte.

« En dépit des mises en gardes des inspecteurs du ministère des Communications sur le fait qu’ils étaient en train d’enfreindre la loi et qu’ils devaient cesser d’alimenter Al-Jazeera avec leur contenu (…), ils ont continué à le faire », ajoute le ministère à propos d’AP.

Depuis plusieurs années, les autorités israéliennes critiquent publiquement la couverture par Al-Jazeera de l’actualité en Israël et dans les Territoires palestiniens où la chaîne a des correspondants.

Le Parlement israélien a voté début avril une loi permettant d’interdire la diffusion en Israël de médias étrangers portant atteinte à la sécurité de l’Etat – un texte visant la chaîne qatarie -, laquelle permet au Premier ministre d’interdire la diffusion du média visé et de fermer ses bureaux.

Netanyahu s’est appuyé sur ce texte le 5 mai, pour annoncer la fermeture d’Al-Jazeera, pour une période de 45 jours renouvelables.

Netanyahu a dans le passé accusé Al-Jazeera d’être « un organe de propagande du Hamas et d’avoir participé activement » à l’attaque sanglante menée le 7 octobre par le mouvement palestinien dans le sud d’Israël.

Dans la foulée, la Maison Blanche s’est dite préoccupée par la décision israélienne.

« Cette information est évidemment préoccupante et nous allons nous pencher dessus », a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, aux journalistes présents dans l’avion du président américain Joe Biden, qui se rendait dans le New Hampshire.

Jean-Pierre a précisé que la Maison Blanche estimait que chaque journaliste devait avoir la possibilité et le droit de faire son travail.

Des représentants de l’administration Biden se sont entretenus avec des fonctionnaires du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, les exhortant à revenir sur cette décision, selon le site d’information Walla.

Des responsables du bureau de Netanyahu ont déclaré au site d’information Ynet que le Premier ministre n’avait pas été informé de la décision du ministère des Communications.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid dirigeant une réunion de son parti Yesh Atid, à la Knesset, à Jérusalem, le 20 mai 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition Yair Lapid, qui est par ailleurs un ancien journaliste, a critiqué Karhi, qualifiant la saisie de l’équipement « d’acte de folie ».

Karhi a accusé l’agence de presse d’avoir violé la nouvelle loi sur les médias en fournissant des images à Al Jazeera. L’AP a dénoncé cette mesure, précisant que la chaîne satellitaire qatarie fait partie des milliers de clients qui reçoivent des flux vidéo en direct de l’agence de presse américaine.

« La confiscation de l’équipement d’AP, la plus grande agence de presse au monde, par les hommes de Shlomo Karhi est un acte de folie. Il ne s’agit pas d’Al Jazeera, mais d’un média américain qui a remporté 53 prix Pulitzer », a affirmé Lapid.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce aussi « la saisie de la caméra d »une agence de presse et la coupure d »un direct montrant une vue de Gaza sous prétexte que ces images sont fournies » à Al-Jazeera, la chaîne de télévision qatarie qu’Israël a interdite et fermée le 5 mai, écrit l’organisation de défense des journalistes dans un message sur X.

« Franchement, c »est plutôt choquant. Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail librement. Associated Press (…) devrait être autorisée à faire son travail librement et sans harcèlement », a estimé mardi le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Stéphane Dujarric.

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