Polémique après une déclaration d’une députée LFI sur antisionisme et antisémitisme
Marie Mesmeur a affirmé que la justice française avait établi que critiquer le sionisme n’est pas de l’antisémitisme – or, il n’en est rien

Un communiqué de la députée La France insoumise (LFI) Marie Mesmeur affirmant que la justice française reconnaîtrait que l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme a suscité une vive controverse ces derniers jours sur X.
Dans un message publié le 22 décembre sur le réseau social X et vu par plus de 200 000 personnes, l’élue d’Ille-et-Vilaine a estimé que la justice avait « enfin » tranché cette question, accusant plusieurs responsables politiques d’ « instrumentaliser » la lutte contre l’antisémitisme pour faire taire les critiques de la politique israélienne.
Cette interprétation a toutefois été contestée par de nombreux commentateurs, dénonçant une manipulation de la députée. En effet, contrairement à ce qu’avance Marie Mesmeur, aucune juridiction française n’a établi de principe général dissociant antisionisme et antisémitisme.
À l’origine de la polémique se trouve un jugement du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand portant sur des propos d’une militante. Ceux-ci ont été tenus sur Instagram en septembre 2025 et ont été décrits par Marie Mesmeur comme un « soutien à la résistance palestinienne, y compris armée, et appelant à des actions contre des institutions soutenant le régime sioniste ». Le tribunal a estimé que, dans ce cas précis, les déclarations poursuivies ne constituaient pas pénalement une provocation à la haine, conduisant à une relaxe. La décision ne portait ni sur une définition de l’antisionisme ni sur son lien avec l’antisémitisme.
ANTISIONISME ≠ ANTISÉMITISME.
La justice française le reconnaît enfin : critiquer le sionisme n’est pas de l’antisémitisme.@AuroreBerge @CarolineYadan, allez-vous continuer à instrumentaliser cette lutte pour faire taire les critiques de la politique génocidaire d'Israël ? pic.twitter.com/c0aVY2W8OB
— Marie Mesmeur (@MarieMesmeur) December 22, 2025
En droit français, une relaxe ne vaut pas validation idéologique, mais signifie que les conditions légales d’une condamnation ne sont pas réunies dans un dossier donné. Toute généralisation au-delà de ce cadre relève d’une interprétation politique, ce dont Marie Mesmeur est accusée.
Les autorités françaises distinguent la critique de la politique israélienne, qui relève de la liberté d’expression, de la remise en cause de l’existence même de l’État d’Israël, considérée, selon la position officielle de l’État, comme une forme d’antisémitisme.
Faute de jurisprudence constante ou de texte législatif explicite, aucun principe général séparant antisionisme et antisémitisme n’a, à ce stade, été consacré par la justice française.







