Pompeo : le nouveau gouvernement a le « droit et le devoir » de décider d’annexer
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Pompeo : le nouveau gouvernement a le « droit et le devoir » de décider d’annexer

En Israël, le secrétaire d'État américain a déclaré que pour Netanyahu et Gantz, le plan de paix "pragmatique" de Trump est "la base sur laquelle nous pouvons aller de l'avant"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo débarque en Israël pour une visite d'une journée, le 13 mai 2020. (Matty Stern/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo débarque en Israël pour une visite d'une journée, le 13 mai 2020. (Matty Stern/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Le nouveau gouvernement israélien a « le droit et le devoir » de décider si et comment il veut appliquer sa souveraineté en  Cisjordanie, a déclaré mercredi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à l’issue d’une visite éclair à Jérusalem.

« Nous avons eu une bonne conversation sur la façon d’aller de l’avant. Ils devront trouver ensemble un moyen de procéder », a-t-il commenté dans une interview accordée au quotidien Israel Hayom, faisant référence au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au nouveau ministre de la Défense et Premier ministre d’alternance Benny Gantz.

« Je leur ai rappelé que la décision revenait au final à Israël », a poursuivi le diplomate américain, dans des commentaires publiés en hébreu. « Ils auront à la fois le droit et le devoir de prendre une décision sur la manière dont ils vont le faire ».

Plus tôt dans la journée de mercredi, Pompeo a rencontré séparément Netanyahu et Gantz, ainsi que le nouveau ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, pour des discussions sur divers sujets, notamment la pandémie de coronavirus, l’agression régionale actuelle de l’Iran, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et l’implication d’Israël dans cette guerre, ainsi que le fameux « deal du siècle » du président américain Donald Trump.

« Nous avons parlé non seulement de la question de l’annexion, mais aussi de nombreux autres sujets liés – comment traiter tous les éléments impliqués, et comment il serait possible de s’assurer que la démarche est faite correctement afin d’obtenir un résultat conforme à la vision de la paix », a-t-il indiqué.

Certains observateurs ont vu dans ce commentaire un avertissement voilé à l’attention Israël, l’appelant à agir avec prudence avant de procéder à une véritable annexion.

Dans une deuxième interview accordée par Pompeo lors de son séjour de six heures en Israël, il a semblé insister sur le fait que le moment et la manière revenaient entièrement à Israël.

« Le gouvernement israélien prendra des décisions concernant l’annexion – s’il doit le faire, comment le faire et le moment de l’annexion », a-t-il déclaré à la chaîne publique Kan.

L’administration américaine a fait savoir qu’elle reconnaîtrait la souveraineté israélienne sur toute la vallée du Jourdain et toutes les implantations israéliennes en Cisjordanie en échange de l’assurance que Jérusalem serait prête à négocier un accord de paix avec les Palestiniens sur la base du plan Trump.

Diverses informations ont suggéré que l’administration pourrait vouloir demander au gouvernement israélien de ne pas se précipiter, mais Pompeo a souligné à plusieurs reprises que l’annexion constituait une décision israélienne.

A la question de savoir si la Maison Blanche soutiendrait toujours une annexion israélienne même si le gouvernement devait rejeter d’autres parties du plan, le diplomate américain a répondu à Kan : « Nous avons présenté une vision de la paix il y a plusieurs mois. Le Premier ministre Netanyahu et l’actuel président de la Knesset Gantz ont tous deux accepté ce plan et accepté de négocier avec les Palestiniens sur cette base. Ils continuent à croire que cette vision est réfléchie et pragmatique et qu’elle constitue une base sur laquelle nous pouvons aller de l’avant ».

Lors d’une conférence de presse commune avec Netanyahu avant leur rencontre de trois heures à la résidence du Premier ministre plus tôt dans la journée, Pompeo a insisté sur les « progrès » dans la mise en œuvre du plan de paix de l’administration, mais n’a pas abordé spécifiquement le calendrier de l’annexion prévue par Israël.

« Il reste du travail à faire, et nous devons progresser sur ce point. J’attends cela avec impatience », a-t-il indiqué.

Netanyahu, dans ses commentaires, n’a que brièvement fait référence au plan de paix.

« Actuellement, nous sommes sur le point de former un gouvernement d’unité nationale », a-t-il rappelé, en faisant référence au gouvernement de coalition entre son parti, le Likud, et le parti Kakhol lavan de Gantz qui prêtera serment jeudi.

« C’est une occasion de promouvoir la paix et la sécurité sur la base de l’accord que j’ai conclu avec le président Trump lors de ma dernière visite à Washington en janvier », a-t-il déclaré.

« Ce sont tous des défis et des opportunités considérables, nous pouvons les relever parce que nous avons un lien si puissant qui fait que l’alliance entre Israël et les États-Unis se démarque, certainement pour nous, mais pour beaucoup d’autres pays en regardant autour de nous », a-t-il ajouté, sans élaborer.

Selon l’accord de coalition signé entre Netanyahu et Gantz, le Premier ministre pourra proposer une loi pour annexer les implantations de Cisjordanie et la vallée du Jourdain dès le 1er juillet. L’accord stipule que toute mesure d’annexion doit être coordonnée avec les États-Unis tout en tenant compte des traitées de stabilité et de paix régionaux, mais ne donne pas à Gantz un droit de veto si la mesure largement condamnée ne bénéficie pas du soutien international.

Un document publié mercredi soir décrivant les politiques de base du nouveau gouvernement énumère le désir de « lutter pour la paix », mais ne fait pas explicitement référence au conflit israélo-palestinien, au plan de paix américain ou à une annexion du territoire de la Cisjordanie.

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