Pompeo refuse de dire si une attaque contre l’Iran serait légale
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Pompeo refuse de dire si une attaque contre l’Iran serait légale

Le secrétaire d'Etat a nié que le placement des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes étrangères visait à poser les bases juridiques pour une guerre

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo  à l'université américaine du Caire, le 10 janvier 2019. (Crédit : AP/Amr Nabil)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à l'université américaine du Caire, le 10 janvier 2019. (Crédit : AP/Amr Nabil)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a accusé mercredi l’Iran d’avoir des liens avec le groupe jihadiste Al-Qaïda, mais a refusé de dire si l’administration américaine disposait de la possibilité légale d’envahir le pays.

Devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères, M. Pompeo a été interrogé pour savoir si l’autorisation d’utiliser la force, donnée par le Congrès après les attentats du 11 septembre 2001, permettait aux Etats-Unis de frapper l’Iran.

« Je préfère laisser cela aux avocats », a répondu le chef de la diplomatie américaine au sénateur républicain Rand Paul, très critique des interventions américaines à l’étranger.

« La question en ce qui concerne les liens de l’Iran avec Al-Qaïda est très réelle. Ils ont hébergé Al-Qaïda, ils ont autorisé Al-Qaïda à traverser leur pays », a poursuivi M. Pompeo. « Il ne fait aucun doute qu’il existe un lien entre la République islamique d’Iran et Al-Qaïda. Point final ».

Les membres des Gardiens de la Révolution durant une parade militaire au mausolée de l’Ayatollah Khomeini, en périphérie de Téhéran,le 22 septembre 2019. (Crédit : AP/ Ebrahim Noroozi)

Il a en revanche nié la suggestion du sénateur selon laquelle le placement lundi par les Etats-Unis des Gardiens de la Révolution – armée idéologique du régime iranien – sur leur liste noire des « organisations terroristes étrangères » visait à poser les bases juridiques pour une guerre.

« Cela n’a pas fait partie du processus de prise de décision. La désignation a été une simple reconnaissance de la réalité », a défendu M. Pompeo, affirmant que l’Iran était derrière la mort de plus de 600 soldats américains en Irak après l’intervention internationale en 2003, lorsque Téhéran avait soutenu les forces chiites.

Le président américain Donald Trump fait monter la pression sur l’Iran depuis sa décision en 2018 de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire signé en juillet 2015. Ce retrait unilatéral a entraîné le rétablissement de sanctions américaines contre Téhéran.

Le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul, s’adresse au Sénat le 8 février 2018. (Crédit : Senate TV via AP)

« Je suis troublé par le fait que l’administration ne puisse pas dire sans ambiguïté qu’elle n’a pas reçu le pouvoir ou l’autorité de la part du Congrès pour faire la guerre à l’Iran », a relevé Rand Paul.

« Dans un monde un tant soit peu sain, vous devriez revenir nous demander avant d’aller en Iran », a-t-il ajouté, rappelant que la Constitution américaine donnait le pouvoir de déclarer la guerre au Congrès.

L’autorisation de 2001 a été donnée à l’origine pour intervenir en Afghanistan mais a aussi servi pour attaquer Al-Qaïda dans les pays où l’organisation jihadiste se trouvait, comme le Yémen ou les Philippines.

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