Port de Beyrouth : Nasrallah critique la convocation de Diab par la justice
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Port de Beyrouth : Nasrallah critique la convocation de Diab par la justice

Les autorités savaient que l'engrais hautement volatile, dont l'explosion en août 2020 a fait 214 morts, était stocké là depuis des années

Sur cette photo du 24 octobre 2015, le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah s'adresse à une foule dans une banlieue du sud de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)
Sur cette photo du 24 octobre 2015, le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah s'adresse à une foule dans une banlieue du sud de Beyrouth, au Liban. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar, File)

Le chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah Hassan Nasrallah a estimé vendredi que la décision d’un juge de citer le Premier ministre intérimaire à comparaître dans l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth était « inacceptable » et a exhorté le pouvoir judiciaire à intervenir.

Un énorme stock de nitrate d’ammonium a explosé dans le port le 4 août de l’année dernière, détruisant des pans entiers de la ville et faisant au moins 214 morts.

Il s’est avéré par la suite que les autorités savaient que l’engrais hautement volatile était stocké là depuis des années, mais une enquête sur la pire catastrophe du pays en temps de paix n’a jusqu’à présent pas permis de demander des comptes à qui que ce soit.

Le juge Tareq Bitar, chargé de l’enquête, a ordonné jeudi aux forces de sécurité de faire venir le Premier ministre sortant Hassan Diab pour l’interroger le 20 septembre, après qu’il n’a pas répondu à une convocation.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab lors d’une conférence de presse après l’annonce de son gouvernement, au Palais présidentiel à Baabda, à l’est de Beyrouth, Liban, le 21 janvier 2020. (AP/Bilal Hussein)

« Ce qu’il a fait, c’est… rabaisser le Premier ministre. C’est inacceptable », a déclaré le chef du mouvement terroriste chiite soutenu par l’Iran. « Nous demandons aux autorités judiciaires du Liban d’intervenir et de prendre des mesures conformément à la constitution et à la loi libanaises ».

En février, le prédécesseur de Tareq Bitar a été destitué par un tribunal après avoir accusé Hassan Diab et trois anciens ministres de « négligence et d’avoir causé la mort de centaines de personnes » dans l’explosion, une décision largement condamnée par la classe politique.

Depuis qu’il a hérité de l’affaire, M. Bitar a convoqué quatre anciens ministres – dont trois sont des parlementaires – mais le Parlement a refusé de lever leur immunité.

Le ministre de l’Intérieur sortant a également refusé d’autoriser l’interrogatoire du chef des services de renseignement, Abbas Ibrahim.

Au début du mois, Human Rights Watch a accusé les autorités libanaises de négligence criminelle à propos de l’explosion.

Des graffitis politiques sont visibles devant le lieu de l’explosion du 4 août qui a touché le port maritime de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2020.(Crédit : AP/Hussein Malla)

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