Possible expulsion des étudiants étrangers s’ils enfreignent la quarantaine
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Possible expulsion des étudiants étrangers s’ils enfreignent la quarantaine

Ronni Gamzu, responsable de la gestion de la crise du coronavirus, a par ailleurs indiqué qu'il pensait que les frontières aériennes devraient rouvrir à la mi-août

Des Juifs ultra-orthodoxes étudient la torah en petits groupes à la yeshiva  Imrei Emes de Gur (Hasidic dynasty) dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 16 juin 2020. (Photo par Yossi Zeliger/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes étudient la torah en petits groupes à la yeshiva Imrei Emes de Gur (Hasidic dynasty) dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 16 juin 2020. (Photo par Yossi Zeliger/Flash90)

Dimanche, le responsable nouvellement nommé pour superviser la gestion de la crise du coronavirus en Israël a déclaré que tout étudiant étranger, autorisé à entrer dans le pays en vertu d’un plan polémique, pourrait être expulsé s’il enfreignait les règles de quarantaine.

« Je dis aux chefs d’établissements – qu’il s’agisse de yeshivas, d’universités – que si une personne arrive et qu’elle doit être placé en quarantaine et ne respecte pas les règles, nous prendrons des mesures contre l’établissement et peut-être contre la personne concernée, peut-être même une expulsion », a déclaré le professeur Ronni Gamzu à la chaîne publique Kan.

Les étudiants devront être placés en quarantaine dans des espaces pouvant compter jusqu’à six personnes pendant 14 jours après leur arrivée.

« La décision [d’autoriser l’entrée aux étudiants] a été prise avant [que je prenne le poste] », a déclaré Gamzu, qui s’est publiquement exprimé contre cette décision.

Le professeur Roni Gamzo lors d’une conférence de presse le 3 janvier 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le mois dernier, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri et le ministre de la Santé Yuli Edelstein se sont accordés pour permettre aux étudiants étrangers inscrits dans différents programmes d’entrer dans le pays malgré l’interdiction d’entrée aux étrangers en raison de l’épidémie de coronavirus.

Samedi, Gamzu a critiqué la décision du gouvernement, qui pourrait permettre l’arrivée d’environ 16 000 étudiants en Israël – dont beaucoup devraient venir des Etats-Unis. Ce pays a été plus durement touché par le coronavirus que n’importe quel autre pays dans le monde, avec plus de 4,6 millions de cas et plus de 150 000 morts. L’épidémie est loin d’être contrôlée aux Etats-Unis.

« Nous devons faire ce qui est sage et éviter un autre rebond » des cas, a déclaré Gamzu.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein lors d’une conférence de presse sur le coronavirus au ministère de la Santé de Jérusalem, le 6 juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une étude épidémiologique réalisée pendant la première vague du virus a montré que la plupart des infections en Israël à ce moment là venaient de personnes en provenance des Etats-Unis.

Vendredi, Edelstein a souligné que le programme autorisant l’entrée d’étudiants étrangers ne concernait pas seulement la communauté ultra-orthodoxe. Il a déclaré que la critique de la décision était « antisémite », apparemment en référence à un sentiment anti-haredi.

Edelstein a déclaré à la Douzième chaîne qu’en réalité, la majorité des personnes qui entreraient en Israël en vertu du plan ne seraient pas des ultra-orthodoxes. Il a cité le programme de voyages de découverte Masa et les échanges de lycée avec le programme Naale comme des bénéficiaires majeurs.

Il n’a pas donné de chiffre sur le nombre de ces étudiants qui arriveraient dans le pays pour suivre de tels programme en comparaison à ceux qui viendraient étudier dans des yeshivas ultra-orthodoxes.

Photo d’illustration : Des immigrants, des Israéliens et des stagiaires internationaux durant un séminaire de dialogue parrainé par Masa Israel à Ein Gedi. (Crédit : Louis Fisher/Flash90)

« C’est dommage que je n’ai pas mon téléphone avec moi pour vous montrer les remerciements que j’ai reçu des présidents de l’Agence [juive] et du programme Naale : ‘Merci beaucoup d’avoir sauvé le sionisme, d’avoir sauvé les institutions' », a déclaré Edelstein.

« Le lendemain, j’ouvre le journal et je vois en gros titre : ’17 000 étudiants de yeshivas vont venir dans le pays, un succès pour [Aryeh] Deri et [Yaakov] Litzman' », a-t-il dit en référence aux ministres de l’Intérieur et du Logement, tous les deux ultra-orthodoxes.

« Cela me fatigue, c’est de l’antisémitisme », a déclaré Edelstein.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri (à gauche) s’entretient avec le ministre de la Santé Yaakov Litzman lors d’une réunion à Jérusalem, le 4 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

La plupart des cours commencent en septembre et les études dans les yeshivas doivent commencer vers la dernière semaine d’août.

Le mois dernier, le journal Calcalist a rapporté que l’annulation des voyages pour les jeunes Juifs et pour les jeunes adultes en raison de la crise du coronavirus devrait coûter environ 200 millions de dollars à l’économie israélienne.

Les frontières israéliennes sont fermées à presque tous les étrangers depuis la mi-mars. Selon un plan proposé par le ministère du Tourisme, les premières personnes autorisées à entrer dans le pays seraient les étudiants ou les participants à des voyages universitaires ou culturels. Peu après, les autorités devraient autoriser les visiteurs d’autres pays, notamment les pays « verts », où les touristes n’auraient pas besoin de se mettre en quarantaine pendant 14 jours après leur entrée en Israël.

Samedi, dans un entretien séparé avec la Douzième chaîne, Gamzu a exprimé son soutien à la reprise du trafic aérien vers Israël à la mi-août.

« Je pense que le ciel sera ouvert à la mi-août », a-t-il dit. « L’objectif est d’autoriser l’entrée à autant de gens que possible des ‘pays verts’. »

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