Pour éviter la prison, l’ancien maire d’Emmanuel admet avoir acheté des votes
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Pour éviter la prison, l’ancien maire d’Emmanuel admet avoir acheté des votes

Ezra Gershi va purger 6 mois de TIG pour avoir soudoyé des fonctionnaires locaux du Habad et influencé illégalement les résultats des municipales de 2013

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le maire de l'implantation d'Emmanuel Ezra Gershi, dans son bureau, le 11 décembre 2011. (Crédit capture d'écran YouTube)
Le maire de l'implantation d'Emmanuel Ezra Gershi, dans son bureau, le 11 décembre 2011. (Crédit capture d'écran YouTube)

Dans le cadre d’une procédure de plaider coupable, l’ancien maire de l’implantation ultra-orthodoxe Emmanuel, située dans le nord de la Cisjordanie, a admis avoir soudoyé des membres locaux du mouvement hassidique Habad et influencé illégalement le résultat des élections municipales de 2013.

Ezra Gershi, qui va purger une peine de six mois de travaux d’intérêt général, va devoir payer une amende de 15 000 shekels est reconnu coupable de » turpitude morale », une désignation qui l’empêchera de briguer une fonction publique dans l’avenir, selon l’accord signé mardi. Il écopera, de plus, d’une peine de à six mois de prison avec sursis.

Dans le cadre du plaider coupable, M. Gershi va aussi admettre qu’il a enfreint la loi sur les conseils municipaux lors des élections municipales de 2013, qu’il a ensuite remportées.

Gershi aurait promis d’employer des membres du mouvement hassidique Habad à des postes rémunérés au sein du conseil local, de le financer, et de fournir des avantages à ses cadres. Il a d’ailleurs remis une garantie de 300 000 shekels pour prouver qu’il respecterait ces engagements.

L’ancien maire a été accusé d’avoir permis aux dirigeants du Habad de la ville de transformer un tout nouveau gymnase financé par l’État en yeshiva privée en échange de centaines de votes des résidents affiliés à cette branche du hassidisme.

Selon l’acte d’accusation, le maire n’a pas divulgué cet accord alors que la loi le stipule. En août, le ministère public a prononcé son acte d’accusation contre Gershi, ainsi qu’avec le haut fonctionnaire anonyme du Habad qui a conclu l’accord secret.

Malgré le fait que des accusations avaient déjà été portées contre lui, Gershi – qui était maire depuis 2008 – a tenté de se présenter pour un troisième mandat lors des élections municipales d’octobre. Il aurait eu de bonnes chances de l’emporter, mais il a abandonné inopinément quelques jours avant le vote, pour soutenir un nouveau venu dans l’arène politique, Eliyahu Gafni, qui a accepté de faire de Gershi son adjoint après avoir obtenu une victoire éclatante.

Dans le cadre de l’accord, ce dernier a également accepté de ne pas assumer ce poste.

Cet accord « reflète la sévérité des actions de Gershi d’une part, et sa prise de responsabilité, le regret qu’il a exprimé et son gain de temps du système judiciaire, de l’autre, » a fait savoir le bureau du procureur

L’avocat de Gershi, Sharon Nahari, a affirmé que les intentions de son client étaient pures et qu’il avait agi au nom des résidents d’Emmanuel.

« Nous sommes heureux que le ministère public ait accepté nos arguments et qu’il soit prêt à clore l’affaire avec des travaux d’intérêt général et une amende », a déclaré M. Nahari.

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