Pour former un bébé juif, qui vient en premier – la mère ou l’ovule ?
Rechercher

Pour former un bébé juif, qui vient en premier – la mère ou l’ovule ?

Les ovules des femmes juives sont une denrée rare, mais font-elles un enfant « casher » ? Tout dépend du rabbin que vous interrogez

Une femme enceinte. Photo illustrative. (Ian Waldie / Getty Images / via JTA)
Une femme enceinte. Photo illustrative. (Ian Waldie / Getty Images / via JTA)

Rockville, USA – Laura a fait don quatre fois de ses ovules pour des femmes qui avaient besoin d’aide pour enfanter.

« Cela m’a donné un objectif avec un sens », dit-elle. « C’est vraiment un grand plaisir personnel de savoir que je possède quelque chose qui peut changer la vie de quelqu’un. »

Laura, 28 ans, de Manassas, en Virginie, a demandé que son nom ne soit pas publié afin de protéger sa vie privée.

Elle a fait ces dons à travers A Jewish Blessing, une société de Jacksonville, en Floride, qui met en relation des parents potentiels juifs stériles avec des donneuses ou mères porteuses juives. La société a contribué à mettre au monde plus de 180 bébés depuis ses 10 ans de création, déclare la fondatrice Judy Weiss.

Alors que certains Juifs cherchent des ovules juives pour veiller à ce que leurs bébés soient « casher » selon les autorités rabbiniques, la plupart veulent simplement que leur progéniture leur ressemble.

Les gens sont « à la recherche d’un donneur qui pourrait passer pour un membre de leur famille», dit Heidi Hayes, PDG de Donor Egg Bank USA à Rockville, Maryland. « Je pense que cela fait partie de la nature humaine. Nous voulons un donneur qui nous ressemble. »

Weiss acquiesce, disant : « C’est un sentiment de réconfort, savoir que vous pouvez mettre la femme en contact avec une personne qui a quelque chose en commun avec elle. »

Certains considèrent que ce désir est ethnocentrique. Weiss a reçu « beaucoup d’e-mails antisémites laids au fil des ans ». Fondamentalement, dit-elle, l’e-mail dit : « Vous les Juifs pensez que vous êtes meilleurs que quiconque. Vous pensez que vos ovules valent mieux que d’autres. »

Une plus grande préoccupation pour Weiss est de trouver suffisamment d’ovules pour les femmes juives qui le souhaitent. Elle est en mesure d’aider environ 40 familles par an, mais le nombre pourrait être plus élevé si elle avait plus d’ovules à distribuer, dit-elle.

Hayes a le même problème. Elle travaille avec tous les types de femmes et estime que seulement 5 % de ses clients sont juifs.

« Trouver des donneuses juives est difficile. Il n’y a pas tant de femmes qui font des dons », dit-elle.

NY LifeSpring, situé à New York et en Israël, relie également les couples juifs à des donneurs juifs. La société obtient beaucoup de dons d’ovules de femmes israéliennes.

Ruth Tavor, qui exploite l’entreprise avec son mari, David Fogle, estime aider environ 45 femmes par an issues d’au moins neuf pays.

Elle convient que la Loi juive n’est pas un facteur de motivation important pour les gens à la recherche d’ovules juives. Une partie de la raison, dit-elle, est qu’il n’y a pas de consensus rabbinique sur la question.

« Si vous rencontrez suffisamment de rabbins, vous obtiendrez de très nombreuses réponses », dit Tavor.

Le site JewishFertility.org conseille aux couples stériles de parler à leur rabbin de la meilleure façon d’essayer de devenir parents. Pour éliminer les doutes sur la religion de l’enfant, le nouveau-né peut être converti au judaïsme, dit-il.

Le site appelle le don d’ovules « une option viable » et énumère trois définitions de la maternité. Selon une définition, si la mère de naissance est juive, l’enfant est juif, indépendamment de la personne qui a fourni l’ovule.

Selon une autre, l’enfant n’est juif que si l’ovule provient d’une femme juive. Certains rabbins insistent que la donneuse soit célibataire, quelqu’un auquel le père pourrait se marier, selon le site.

La définition la plus stricte soutient que la donneuse d’ovule et la mère de naissance doivent toutes deux être juives pour que l’enfant soit juif.

Toutes les banques d’ovules mènent des contrôles poussés sur les donneurs potentiels, comprenant des renseignements sur leurs antécédents médicaux, leur emploi, revenus, consommation de drogues et d’alcool, et même leurs loisirs.

Au Shady Grove Fertility Center, qui possède des bureaux à travers Washington, les donneurs sont testés sur 103 troubles génétiques, dont une douzaine spécifiquement juifs. Ils sont interrogés sur leur religion et s’ils sont pratiquants ou non.

Sur 30 personnes candidates au don, une seule est acceptée, dit Dr David Saffan, endocrinologue de la reproduction au Shady Grove.

« La plupart des gens qui font des dons veulent aider quelqu’un », dit Saffan, qui travaille d’un bureau à Annandale, en Virginie. « Ils ont deux enfants. Ils veulent un peu d’argent pour financer leurs études à l’université. »

A Shady Grove, un cycle traditionnel de don d’ovule coûte environ 29 000 dollars, les médicaments non compris. Mais le coût peut être inférieur si une femme partage les ovules d’une donneuse avec d’autres patients.

À A Jewish Blessing, un cycle coûte entre 35 000 et 50 000 dollars, dit Weiss. Sa société réserve aux donneuses de 8 000 à 10 000 dollars.

Un couple juif gay de Washington s’est tourné vers A Jewish Blessing à la fois pour un don d’ovule et une mère porteuse. Il était important « de trouver quelqu’un qui reflète notre origine juive », dit l’un des hommes, qui voulait rester dans l’anonymat pour des raisons de confidentialité.

Leur fils, maintenant âgé de 6 ans, porte un nom israélien et reçoit une éducation juive, dit-il.

« Nous savons qu’il y a beaucoup de défis halakhiques » dans la garantie que l’enfant est juif, dit-il, mais avec l’aide de A Jewish Blessing, certaines de ces questions ont été éclaircies pour nous.

« Nous sommes très reconnaissants », dit l’homme. « Je souhaite simplement que davantage de femmes juives aident » en faisant des dons d’ovule.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...