Pour la Banque d’Israël, la COVID-19 est encore un « risque » pour l’économie
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Pour la Banque d’Israël, la COVID-19 est encore un « risque » pour l’économie

La Banque centrale ne change pas son taux directeur qui reste à 0,1 % et a fait savoir que la politique monétaire restera "très accommodante" pendant une période prolongée

Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors de la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 17 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors de la conférence Eli Horowitz pour l'économie et la société, organisée par l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 17 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

La Banque d’Israël a annoncé, lundi, qu’elle allait maintenir son taux directeur à un niveau exceptionnellement bas – 0,1 %. Elle a ajouté que la Banque centrale continuera à mener « une politique monétaire très accommodante » pendant une période prolongée.

La Banque d’Israël a aussi réactualisé ses prévisions globales pour l’année 2021 et l’année 2022, rapportant que le PIB augmentera de 5,5 % en 2021 et de 6 % en 2022. Le niveau du PIB, à la fin 2022, devrait ainsi être seulement de 0,5 % inférieur à celui qui était attendu avant la crise.

Au mois d’avril, la Banque centrale avait anticipé, cette année, une croissance de 6,3 %, la campagne de vaccination contre le coronavirus unique au monde en Israël ayant calmé la pandémie. Les taux d’infection ont toutefois connu une augmentation depuis en raison de la présence du variant Delta, très contagieux, sur le territoire.

« À ce stade, le taux de morbidité est bas mais la propagation de la maladie présente un risque pour le rétablissement continu de l’économie », a fait savoir la Banque centrale dans son communiqué de lundi.

« Le retour à la vie normale en Israël soutient une croissance rapide pour l’année prochaine », a ajouté la Banque centrale. « Toutefois, au vu des risques sanitaires en Israël et à l’étranger et de leur impact sur l’économie, en particulier sur le marché du travail, les activités économiques ont encore des défis à relever. »

La Commission chargée de la politique monétaire au sein de la Banque centrale « va donc maintenir une politique monétaire très accommodante pour une période prolongée et elle utilisera pour cela les outils nécessaires, et notamment les taux d’intérêt, de façon à continuer à soutenir la réalisation de nos objectifs politiques et le rétablissement de l’économie face à la crise tout en parvenant à garantir le fonctionnement approprié et continu des marchés financiers ».

Amir Yaron, le gouverneur de la Banque d’Israël, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il « reste difficile d’évaluer le risque posé par le variant actuel au vu du taux élevé de vaccination au sein de la population ».

« Nous ignorons en particulier si la hausse de la morbidité sera accompagnée par une augmentation significative du nombre de personnes très malades et hospitalisées, et si cela va obliger le gouvernement à réimposer des limitations substantielles sur les activités économiques encore une fois », a-t-il ajouté.

L’inflation part à la hausse mais elle reste dans la fourchette cible, a expliqué la Banque centrale, à 1,5 %. Le taux d’inflation dans les quatre prochains trimestres (jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2022) devrait être de 1,0 % et le taux d’inflation, pour 2022, devrait être de 1,2 %. Selon les prévisions, le taux monétaire directeur devrait être de 0,1 % dans un an, a précisé le communiqué.

Yaron a fait savoir qu’à ce stade, la commission monétaire estime qu’il « n’y a pas d’inquiétude sur une éventuelle flambée de l’inflation ».

En présumant l’adoption d’un budget national, telle qu’elle est prévue, et que la consolidation fiscale sera repoussée à 2023, le déficit gouvernemental, en 2021, devrait s’élever à 7,1 % du PIB et il devrait représenter 3,8 % du PIB en 2022, a poursuivi la Banque centrale. Le ratio de la dette publique devrait être de 74 % au cours de chacune de ces années.

La Banque centrale a ajouté avoir décidé de mettre un terme au programme de prêts à long-terme accordés au système bancaire en échange de prêts fournis aux PME en date du 1er octobre 2021 et à l’utilisation de 40 milliards de shekels dans le cadre de ce programme.

Au début de la pandémie de COVID-19, au mois de mars 2020, la Banque centrale avait commencé un programme d’assouplissement quantitatif, rapportant qu’elle achèterait jusqu’à 50 milliards de shekels de bons du Trésor pour permettre de maintenir les taux d’intérêt et pour empêcher l’économie de s’effondrer. Au mois d’octobre, cet investissement avait été revu à la hausse, passant à 85 milliards de shekels.

Yaron a déclaré que la Banque centrale allait prendre une décision concernant ce programme d’acquisition de bons du Trésor jusqu’à la fin de l’année – quand elle aura acheté le nombre de bons préalablement fixé.

Des économistes de la banque Leumi Le-Israel ont estimé que la décision prise par la Banque centrale de cesser d’accorder des prêts à long-terme au système bancaire était un premier pas vers la réduction de son programme d’assouplissement quantitatif.

« Nous pensons que l’intention de la banque est de diminuer graduellement ses interventions sur le marché, après avoir estimé qu’une telle démarche n’affecterait pas le marché de manière négative », a commenté l’économiste en chef de la Banque Leumi Gil Bufman.

Se référant au plan prévoyant l’acquisition de devises étrangères pour un montant de 30 milliards de dollars – une démarche entreprise avec pour objectif de contrôler la valeur du shekel –, Yaron a répété que la Banque centrale « n’est pas limitée » à une intervention maximale de 30 milliards de dollars cette année et que « quand le programme se terminera, la Banque continuera à agir sur le marché des devises étrangères lorsque cela sera nécessaire en prenant en compte les activités économiques ».

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