Pour la Journée de la Femme, Akunis demande aux députées « d’arrêter de geindre »
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'Inspirez-vous de Nikki Haley !'

Pour la Journée de la Femme, Akunis demande aux députées « d’arrêter de geindre »

Le ministre de la Science s'est attiré les foudres des élus pour avoir vivement recommandé aux femmes de se débarrasser de perceptions "dépassées"

Ofir Akunis à Jérusalem, le 22 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Ofir Akunis à Jérusalem, le 22 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

En amont de la journée internationale des droits des Femmes, le ministre de la Science et de la technologie a provoqué un tollé en disant aux femmes que si elles devaient « continuer de geindre », elles ne deviendront jamais des leaders.

« Vous voulez marquer la journée des droits des femmes et c’est bien », a ainsi déclaré Akunis dans un discours prononcé pendant une séance plénière particulière marquant l’événement. « Je vais suivre le mouvement ».

Mais, a-t-il continué, « le féminisme ne signifie pas geindre en permanence. Cela signifie agir ».

Akunis a nommé l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher, l’ancienne Première ministre indienne Indira Gandhi, l’ancien Première ministre turque Tansu Ciller et l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley comme des modèles positifs pour les femmes désireuses d’accéder à des postes de pouvoir.

La seule femme Première ministre israélienne, Golda Meir, n’a pas été citée par Akunis.

« Qu’est-il arrivé ? Arrêtez, changez vos perceptions dépassées et tirez les leçons données par ces femmes », a ajouté Akunis.

« Si vous continuez à geindre, vous ne serez jamais des leaders »

« A mon avis, Nikki Haley est une vraie leader. Inspirez-vous de son leadership », a-t-il continué en s’adressant aux députées présentes dans la salle.

L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, prend la parole à la conférence politique de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 5 mars 2018. (Capture d’écran AIPAC)

Les propos d’Akunis ont suscité des grognements et des cris de protestation de la part des législateurs, plusieurs sortant précipitamment de la salle en signe de protestation.

« Voilà une courte leçon : Pendant des années, les femmes que vous avez qualifiées de ‘geignardes’ ont changé le cours de l’Histoire », a tweeté le député de l’Union sioniste Revital Swid. « Vos propos sont très exactement ce pourquoi nous avons besoin d’une journée des droits des femmes en 2018 ».

Hilik Bar, de l’Union sioniste, a qualifié pour sa part les propos tenus par Akunis de « honteux ».

« Quelqu’un peut-il me dire ce qui est arrivé à Ofir Akunis ? », a écrit sur Twitter Rachel Azaria, membre de la coalition et députée au sein du parti Koulanou. « Il vient de qualifier les femmes de ‘geignardes’ pour la journée internationale des droits des femmes. Je ne m’y attendais pas ».

Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie et militante des droits des femmes, a critiqué les propos « scandaleux » d’Akunis, disant que célébrer cette journée internationale « symbolise l’espoir dans la lutte en faveur d’une société plus équitable ».

Akunis a ultérieurement présenté ses excuses pour son discours.

Aida Touma-Suleiman, de la Liste arabe unie (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Il y a deux ans, Akunis avait écopé d’une amende de 12 000 shekels de la part de la cour des magistrats de Tel Aviv pour avoir déclaré qu’une femme atteinte de paralysie faciale était « affreuse » sur Facebook.

Après que Batya Shefi Gottlieb a posté sur le réseau social que le député du Likud, qui se trouvait aux Etats-Unis à ce moment-là, avait « toute liberté » d’y rester, Akunis avait répondu qu’elle était « affreuse et sans gêne ».

Akunis ayant refusé de présenter ses excuses, Gottlieb l’avait poursuivi en diffamation.

C’était la première fois qu’un député israélien en exercice s’était trouvé condamné sous les termes de la loi de diffamation israélienne de 1965.

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