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Pour la première fois en 20 mois, Israël accueille de nouveau des touristes

Seules les personnes ayant été vaccinées au cours des 6 derniers mois seront autorisées ; le vaccin russe sera reconnu et les personnes vaccinées devront subir une sérologie

Des voyageurs arrivés à l'aéroport international Ben-Gurion, en Israël, se dirigent vers la zone de dépistage du coronavirus, le 1er juillet 2021. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)
Des voyageurs arrivés à l'aéroport international Ben-Gurion, en Israël, se dirigent vers la zone de dépistage du coronavirus, le 1er juillet 2021. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Israël a ouvert lundi ses frontières pour la première fois depuis mars 2020 aux touristes vaccinés contre le COVID-19 ou ayant guéri.

La grande majorité des touristes ont effectivement été interdits d’entrée en Israël depuis le début de la pandémie de coronavirus. La réouverture des frontières a été retardée à de nombreuses reprises tout au long de l’année, en fonction de l’évolution des infections au COVID.

Cette mesure est considérée comme une étape essentielle pour restaurer quelque peu l’industrie du tourisme en Israël, qui a été ravagée par la pandémie et les restrictions qui l’ont accompagnée.

Le ministère du Tourisme s’est félicité de la réouverture de lundi, déclarant que « tout au long de la pandémie mondiale de corona, l’intérêt pour les visites en Israël est resté élevé et le ministère du Tourisme israélien a travaillé dur pour trouver des solutions créatives afin de faciliter le retour des touristes en toute sécurité ».

Le ministère a déclaré qu’au cours des derniers mois, il avait mis en place un programme d’essai avec « plusieurs milliers de touristes, principalement des États-Unis et d’Europe, visitant les sites religieux, historiques, culturels et naturels d’Israël dans un environnement sûr et convivial pour les touristes. »

Cependant, tous les touristes ne seront pas immédiatement autorisés à visiter Israël, et ceux qui viendront seront confrontés à certaines restrictions.

Seuls les touristes provenant de pays qui ne sont pas définis comme « rouges » en raison de taux d’infection élevés seront autorisés à entrer, bien qu’il n’y ait actuellement aucun pays étiqueté comme tel.

Des touristes américains portant des masques par crainte du coronavirus, visitent le mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En vertu de la nouvelle réglementation, seuls les touristes qui ont été vaccinés au cours des 180 jours précédant leur embarquement dans l’avion seront autorisés à entrer en Israël. Quatorze jours doivent s’écouler entre la deuxième ou troisième injection du voyageur et l’entrée en Israël (pour Johnson & Johnson, une seule dose est nécessaire).

À partir de la mi-novembre, Israël autorisera l’entrée des visiteurs vaccinés avec le vaccin russe Sputnik V COVID-19, ce qui constitue un changement de politique pour le pays qui, jusqu’à présent, ne reconnaissait que les vaccins approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a confirmé cette décision à la radio de l’armée mercredi et a déclaré que les personnes qui ont été vaccinées avec Sputnik V devront subir un test sérologique, en plus des tests PCR standard que tous les visiteurs doivent passer avant d’embarquer sur leur vol d’arrivée et à leur arrivée en Israël.

Le test sérologique, qui détecte les anticorps, permettra de vérifier que les personnes qui entrent dans le pays sont réellement inoculées contre le coronavirus, a-t-il précisé.

En vertu de la réglementation précédente, les touristes ont commencé à arriver en groupes organisés en mai, mais de manière très limitée. En outre, les parents au premier degré de citoyens ou de résidents israéliens pouvaient demander une autorisation spéciale pour se rendre dans le pays.

Un technicien teste un passager pour le COVID-19 à l’aéroport international Ben Gurion, le 30 juin 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Si la réouverture a été saluée par les responsables du tourisme, elle a reçu une réaction mitigée de la part des responsables de la santé, certains craignant qu’elle n’expose Israël à de nouvelles variantes.

« Nous ne devrions pas trop mettre à l’épreuve l’immunité que nous avons construite ici », a déclaré le professeur Gabi Barbash, ancien directeur général du ministère de la Santé, au Times of Israël.

Il n’a pas rejeté l’idée d’accueillir certains touristes, mais a dit craindre que l’ampleur de la réouverture – accepter des visiteurs de tous les pays – soit trop grande.

« Je ne suis pas en mesure de dire si c’est bien ou mal, mais je suis inquiet », a-t-il déclaré. « Ce que l’on craint, c’est de faire venir des patients qui sont apparemment immunisés, mais pas réellement immunisés ».

Barbash est particulièrement préoccupé par la Russie, où les décès quotidiens dus au COVID viennent d’atteindre un nouveau record, d’autant qu’il doute de la fiabilité du vaccin russe Sputnik V. Israël a décidé de reconnaître ce vaccin – apparemment dans un geste diplomatique envers la Russie – à partir du 15 novembre, bien qu’il n’ait pas reçu l’aval de l’Organisation mondiale de la santé.

Contrairement à Barbash, le professeur Eyal Leshem, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Sheba, n’est pas particulièrement inquiet.

« L’aéroport n’est pas un point faible aujourd’hui, et il ne l’a pas été depuis que nous avons atteint une couverture vaccinale élevée », a-t-il déclaré au Times of Israël.

Selon Leshem, le coronavirus se transmet dans les centres commerciaux, les écoles, les restaurants, les concerts et ailleurs en Israël. Les vols entrants sont l’un des nombreux vecteurs du virus, mais à moins que le pourcentage d’arrivants infectés et non détectés ne devienne élevé, cela n’affectera pas de manière significative les taux de virus, estime-t-il.

Les Israéliens profitent de la plage à Tel Aviv, le 8 juin 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

« La plupart des pays ont été beaucoup plus permissifs qu’Israël. Il n’y a pas besoin de continuer à frapper l’industrie du voyage. Nous pouvons accepter le risque en partant du principe qu’il y a encore une certaine transmission en Israël, et les arrivées de l’étranger ne feront qu’y contribuer légèrement. »

La quatrième vague de coronavirus semble toucher à sa fin, puisque les nouvelles infections et les cas graves ont diminué au cours des dernières semaines.

Dimanche, on comptait 218 cas graves de COVID-19 en Israël, contre près de 750 il y a un mois.

Seulement 0,64 % des personnes testées dimanche se sont révélées positives, le taux le plus bas depuis le début du mois de juillet.

Dimanche, 225 nouveaux cas de coronavirus ont été diagnostiqués, ce qui porte le nombre total de cas depuis le début de la pandémie à 1 327 458.

Aucun nouveau décès n’a été signalé dimanche et le bilan se maintient à 8 100 personnes.

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