Pour la première fois, Tsahal devoile publiquement sa stratégie
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Pour la première fois, Tsahal devoile publiquement sa stratégie

Répondant aux appels à la transparence, l'armée publie un document détaillant les changements dans sa vision du monde

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de Tsahal Gadi Eisenkot assistant à un exercice des Blindés le 23 juillet 2015. (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal / Flash90)
Le chef d'état-major de Tsahal Gadi Eisenkot assistant à un exercice des Blindés le 23 juillet 2015. (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal / Flash90)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eisenkot a publié jeudi un document non classifié intitulé « Stratégie de Tsahal, » qui définit les objectifs de l’armée et les méthodes globales pour les atteindre.
 
Parmi les impératifs on peut trouver: Préserver le statut international d’Israël, corriger une réaction inadéquate aux organisation terroristes, et repousser les cyber-attaques.

La publication du document d’environ 30 pages est pratiquement sans précédent, bien que certains éléments de la stratégie de l’armée israélienne – jusque là classifiés secret défense – ne présentent pas de surprise. Il semble que son but est de répondre aux demandes de la population et du gouvernement israéliens depuis une dizaine d’années pour une plus grande transparence de l’armée israélienne .

Le gaspillage de l’armée israélienne, le manque de préparation antérieur pour la cyber-guerre, les échecs logistiques dans la seconde guerre du Liban et les tactiques parfois vétustes sont touts mentionnés indirectement dans le document, et non sous la forme de problèmes à résoudre, mais comme des plans pour des changements à venir.

Des cadets en formation dans l'unité de Cyber Défense de l'armée israélienne, le 10 juin 2013 (Crédit : Unité de porte-parole de Tsahal)
Des cadets en formation dans l’unité de Cyber Défense de l’armée israélienne, le 10 juin 2013 (Crédit : Unité de porte-parole de Tsahal)

Le besoin d’efficacité et le soutien logistique, la reconnaissance de menaces actuelles qui pèsent Israël et un quatrième front nouvellement ajouté – le cyber en plus de la terre, la mer et l’air – sont tous mentionnés dans le guide de stratégie en réponse à ces allégations.

Le document commence par la présentation de la vocation de l’armée – assurer l’existence de l’Etat d’Israël, tout en conservant ses valeurs de foyer juif et démocratique pour le peuple juif, garantir une société et une économie robustes, et renforcer le statut d’Israël dans le monde.

Il se penche ensuite sur les menaces à ces objectifs provenant non seulement des pays comme l’Iran, le Liban, la Syrie en implosion, mais aussi de groupes non étatiques comme le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique palestinien et l’Etat islamique.

Jusqu’à présent, lit-on dans le document, l’armée s’était préparée à des guerres à grande échelle – impliquant des armées contre d’autres armées et des nations contre d’autres nations – alors que la réponse aux organisations terroristes non étatiques comme le Hamas et le Hezbollah n’ont jamais été traitées de manière adéquate par la politique officielle de Tsahal.

Une des critiques les plus sévères de l’armée israélienne au cours des dernières années a en effet été une réponse lente aux menaces changeantes.

Entraînement de combattants du Jihad islamique dans un tunnel dans le sud de la bande de Gaza le 3 mars 2015 (Crédit photo: Mahmud Hams/AFP)
Entraînement de combattants du Jihad islamique dans un tunnel dans le sud de la bande de Gaza le 3 mars 2015 (Crédit photo: Mahmud Hams/AFP)

Cette nouvelle stratégie vise à répondre à cette préoccupation en comprenant mieux les difficultés du conflit contre un ennemi qui combat en «se mélant aux zones civiles habitées pour entraver la capacité de combat de l’armée israélienne. »

La stratégie met également en garde contre la menace d’enlèvement, les cyberattaques, les combats juridiques internationaux et d’autres formes non conventionnelles de guerre contre laquelle l’armée israélienne doit se préparer.

À la lumière de la récente pression budgétaire sur l’armée israélienne, le thème de la gestion de l’efficacité et des ressources a été mentionné dans le document.

Les trois composantes nécessaires de la puissance de l’armée israélienne, selon le document, sont un « esprit combatif », « la qualité des décisions de ses commandants» et son «exécution des missions de façon complète, rapide et avec un minimum de ressources ».

Tsahal doit maintenir son statut d’armée avancée technologiquement, recommande le document, mais encourage de le faire « à partir de produits pré-existants. »

Eisenkot a également souligné la nécessité d’accroître l’efficacité des manœuvres terrestres rapides et écrasantes, en diversifiant les capacités opérationnelles de l’armée israélienne entre les guerres, en renforçant ses capacités de cyber-défense et en préservant un avantage clair dans les capacités navales et aériennes ainsi que dans le renseignement.

La plupart des recommandations contenues dans le document étaient déjà entrées en vigueur au sein de l’armée, leur présence dans la brochure de 33 pages visant à les consolider comme la doctrine officielle de l’armée et à fournir aux citoyens israéliens un aperçu rapide des changements que Tsahal a réalisés ces dernières années.

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