Pour Liberman, le chef du parti arabe est un terroriste qui a sa place en prison
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Pour Liberman, le chef du parti arabe est un terroriste qui a sa place en prison

Le ministre de la Défense a fustigé Ayman Odeh pour s’en être pris à la police après la dispersion "brutale" de la manifestation de solidarité avec Gaza à Haifa

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Dimanche, le ministre de la Défense Avidgor Liberman a qualifié le chef du parti de la Liste arabe unie Ayman Odeh et ses partenaires de « terroristes » qui ont leur place en prison, après que le député arabe a virulemment critiqué la police pour avoir dispersé une manifestation de solidarité pour Gaza qui se tenait à Haïfa et qu’Odeh a décrit la dispersion comme « brutale ».

« Chaque jour où Ayman Odeh et ses partenaires sont libres de circuler pour insulter des officiers de police est un échec de la part des autorités à maintenir l’ordre », a posté sur Twitter Liberman dimanche.

« La place pour ces terroristes n’est pas dans la Knesset, elle est en prison, a-t-il dit. Il est temps qu’ils paient pour leurs actes ».

Le ministre de la Défense Avidgor Liberman a ensuite réitéré son attaque lundi contre le chef de la Liste arabe unie. Faisant référence aux manifestations en solidarité avec Gaza, Liberman a dit que les manifestants avaient choisi le Hamas au lieu de Tsahal. « C’est une cinquième colonne pour toutes les intentions et tous les objectifs », a déclaré Liberman, isolant Odeh et d’autres membres de son parti.

Liberman s’est plaint de « l’échec systématique » du maintien de l’ordre pour prendre des actions contre Odeh « et ses amis ». Il a demandé qu’ils soient interdits.

Odeh a critiqué samedi la police à l’hôpital où Jafar Farah était traité pour une fracture du genou qu’il aurait subie après son arrestation vendredi soir lors d’une manifestation contre la réponse d’Israël aux manifestations actuelles le long de la frontière de Gaza. Odeh a qualifié l’un des officiers placés devant le Centre Médical Bnai Zion de « loser » [« perdant », en anglais].

Les organisateurs de la manifestation ont dit que Farah, qui est également le président du groupe des droits de l’homme Mossawa, avait eu le genou brisé alors qu’il était en garde à vue vendredi.

Dans un premier communiqué, Odeh a fustigé la police pour la « dispersion brutale » de la manifestation de vendredi et a appelé le procureur général à mener une enquête. Il a également critiqué la police pour sa conduite lors d’une manifestation d’environ 200 personnes lundi contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Plusieurs députés de la Liste arabe unie ont participé à cette manifestation, à proximité de l’ambassade, y compris Odeh.

Riot police surrounded protest in down town Haifa tonight and immediately attacked protesters.21 arrested so far.#Haifa #Gaza #GreatReturnMarch #حيفا #فلسطين #مسيرة_العودة_الكبرى #غزة

Posted by Nadine Nashef on Friday, 18 May 2018

Nava Boker, députée du Likud, a dit qu’elle avait demandé au Comité d’Ethique de la Knesset de sanctionner Odeh après la confrontation à l’hôpital.

« Nous ne pouvons pas garder le silence quand des membres de la Knesset humilient [la police], leur font du mal et les transforment en punching ball », a-t-elle tweeté.

Ayman Odeh, tête de la Liste arabe unie, à la tribune de la Knesset, le 28 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

On ne savait pas clairement comment l’activiste Farah avait reçu sa blessure au genou, et la police n’a pas répondu à la demande de commentaires du Times of Israël. Les images de son arrestation montrent Farah être emmené avec les menottes aux poignets et marcher de lui-même.

Le fils de Farah a posté dimanche une photo sur Facebook où son père était menotté à son lit d’hôpital, toujours en garde à vue policière.

Farah était l’un des 21 manifestants arrêtés pour ce que la police a dit être « une violation de l’ordre public » pendant la manifestation.

La députée de l’Union Sioniste Merav Michaeli a condamné la gestion de l’incident par la police, qui devrait être une « partenaire dans la lutte pour l’égalité et la paix ». Dans un tweet, la législatrice de l’opposition a dit que son traitement aux mains de la police était « effrayant », et a dit qu’elle demanderait une explication de la part du ministre de la Sécurité Publique Gilad Erdan la semaine prochaine.

Depuis le 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens ont pris part aux manifestations hebdomadaires de la « Marche du Retour », dont Israël a dit qu’elle a été orchestrée par le groupe terroriste du Hamas et utilisée comme une couverture pour des tentatives d’attaques terroristes et de forcer des brèches dans la barrière de la frontière.

Samedi, le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas a dit que le nombre de Palestiniens tués par les forces israéliennes lors des affrontements de lundi à la frontière a atteint 64 personnes, avec plus de 2 700 blessés. Le Hamas a ensuite admis que 50 des morts étaient des membres du groupe terroriste. Trois autres étaient des membres du Jihad Islamique.

La campagne longue de plusieurs semaines de manifestations contre Israël, aussi connue comme la « Marche du Retour », devait se terminer cette semaine, mais les dirigeants du Hamas ont dit qu’ils voulaient les poursuivre. Environ 1 000 manifestants ont pris part aux manifestations vendredi.

Les morts palestiniens lors des manifestations ont causé un tollé international. Vendredi, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a ordonné une enquête sur ces morts. Israël a dit qu’il ne coopérerait pas tandis que les Etats-Unis ont qualifié la décision de « honteuse ».

A Jérusalem lundi, la police a arrêté 14 activistes de gauche qui manifestaient contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem à proximité du nouveau bâtiment dans le quartier d’Arnona de la capitale. Parmi les manifestants, on trouvait plusieurs membres arabes de la Knesset, certains ont participé aux échauffourées avec la police et un parlementaire a été poussé au sol par les officiers à un moment.

Des manifestants arabes israéliens et Palestiniens aux abords de la nouvelle ambassade américaine alors que la cérémonie d’inauguration controversée de la mission venait de commencer, le 14 mai 2018 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP)

Des images de la manifestation à proximité de l’ambassade, où des dirigeants israéliens et des officiels américains s’étaient rassemblés pour la cérémonie, ont montré le député de la Liste arabe unie Jamal Zahalka être poussé au sol par des officiers à qui il s’opposait. On voit aussi un autre membre du parti, le député Masud Ganaim, s’opposer avec colère aux forces israéliennes.

Les personnes arrêtées « n’ont pas respecté les conditions sur lesquelles les manifestants s’étaient mis d’accord avec la police », a déclaré un porte-parole de la police. La police a dit que certains chantaient « Allahu Akbar » et brandissaient des drapeaux palestiniens lors de la manifestation.

Le porte-parole a refusé de donner des détails quant à savoir pourquoi de tels drapeaux et chants étaient considérés comme une « provocation ».

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