Pour Netanyahu, la fusion avec l’extrême-droite a sauvé le Likud de la défaite
Rechercher

Pour Netanyahu, la fusion avec l’extrême-droite a sauvé le Likud de la défaite

Dans un enregistrement, le Premier ministre dit aux membres de son parti que "les élections seraient déjà décidées" sans l'alliance négociée avec Otzma Yehudit

Le Premier ministre Bejamin Netanyahu lors de la signature d'un accord portant sur la construction de nouveaux appartements à Jérusalem, le 11 mars 2019 (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)
Le Premier ministre Bejamin Netanyahu lors de la signature d'un accord portant sur la construction de nouveaux appartements à Jérusalem, le 11 mars 2019 (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confié aux députés de son parti du Likud au pouvoir qu’il aurait d’ores et déjà perdu les prochaines élections nationales sans l’alliance négociée avec les factions d’extrême-droite dans un enregistrement qui a été diffusé mardi à la télévision israélienne.

Netanyahu a livré d’importants efforts pour amener HaBayit HaYehudi et le parti de l’Union nationale à se présenter sur la même liste que le parti extrémiste Otzma Yehudit, arguant que les votes de droite seraient « perdus » si l’une des formations ne réunissait pas assez de vote pour dépasser le seuil électoral.

Le Premier ministre a été extrêmement critiqué pour cette fusion par les personnalités de l’opposition dans le pays, mais aussi par des groupes juifs majeurs aux Etats-Unis comme l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Sous les termes de l’accord, Netanyahu a promis à HaBayit HaYehudi deux postes ministériels s’il devait former le prochain gouvernement et il a offert à l’un des candidats du parti la 28e place sur la liste électorale du Likud.

« Je dis que nous aurions perdu ces élections. Sans cette fusion, nous les aurions perdues », dit Netanyahu dans cet enregistrement qui a été diffusé par la chaîne publique Kan.

Cette dernière a indiqué que l’enregistrement avait eu lieu au cours d’une réunion à huis-clos des responsables du Likud, sans en préciser la date.

Michael Ben Ari, (au centre), Ben Gvir, (à gauche), et le dirigeant de Lehava Bentzi Gopstein, tous membres du parti Otzma Yehudit, lors d’un événement à Jérusalem marquant le 27e anniversaire de la mort du rabbin Meir Kahane, le 7 novembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu explique que la campagne du parti sera affectée sur la base des partis plus modestes qui se trouvent dans l’incertitude de franchir le seuil électoral.

Netanyahu ne nomme pas spécifiquement ces formations mais il semble qu’il se réfère dans l’enregistrement à Koulanou et Yisrael Beytenu, ce dernier se situant en-dessous du seuil électoral dans un certain nombre d’enquêtes d’opinion récentes.

Le Likud est à la traîne dans les sondages derrière Kakhol lavan, une alliance formée du parti centriste Yesh Atid de Yair Lapid et de Hossen LeYisrael, fondé par l’ancien chef militaire Benny Gantz. C’est le Likud qui est encore néanmoins considéré comme ayant la meilleure chance de former une coalition au pouvoir à l’issue du vote du 9 avril au vu du paysage électoral actuel.

Une constellation de petits partis de droite le permettent. Si l’une de ces formations devait tomber en-deça du seuil électoral – soit 3,25% des votes – cela pourrait représenter une perte d’au moins quatre sièges potentiels pour une coalition dirigée par le Likud.

L’Union des partis de droite – le nom de la faction d’extrême-droite – remporte actuellement environ six sièges dans les sondages, ce qui signifie que l’un des membres d’Otzma Yehudit pourrait faire son entrée à la Knesset.

Otzma Yehudit est dirigé par d’anciens disciples du rabbin Meir Kahane, un suprématiste juif dont le parti Kach avait été interdit de se présenter aux élections pour ses incitations au racisme et rendu ultérieurement hors-la-loi, considéré comme un groupe terroriste.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...