Pour Pompeo, l’Iran est plus « déstabilisateur » que la Corée du Nord
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Pour Pompeo, l’Iran est plus « déstabilisateur » que la Corée du Nord

Washington a émis 12 conditions pour négocier un accord avec l'Iran, mais mène des négociations directes avec Pyongyang, car les Coréens "ne déstabilisent" pas leur région

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse avec le ministre polonais des Affaires étrangères au palais Lazienki, lors de sa visite à Varsovie, Pologne, le mardi 12 février 2019. (AP Photo/Czarek Sokolowski).
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse avec le ministre polonais des Affaires étrangères au palais Lazienki, lors de sa visite à Varsovie, Pologne, le mardi 12 février 2019. (AP Photo/Czarek Sokolowski).

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a justifié la différence de traitement réservé à l’Iran et la Corée du Nord en estimant que Téhéran était plus « déstabilisateur » que Pyongyang, malgré les rapports de l’administration américaine qui mettent fermement en cause le régime nord-coréen.

« Nous avons dit très clairement que ces situations étaient très différentes », a dit M. Pompeo dans un entretien avec la chaîne américaine CBS, dont la transcription a été diffusée jeudi par le département d’Etat américain.

Alors que Washington a émis douze conditions draconiennes pour négocier un accord global avec l’Iran, le président américain Donald Trump a entamé depuis juin des négociations directes avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un quasiment sans conditions préalables. Ils doivent se revoir fin février à Hanoï, au Vietnam.

Prié d’expliquer ces stratégies divergentes, Mike Pompeo a répondu: « la Corée du Nord se comporte très différemment ». « Ils ne déstabilisent pas le Yémen. Ils ne déstabilisent pas la Syrie. Ils ne mènent pas d’énormes campagnes d’assassinats », contrairement à l’Iran, a-t-il assuré.

Le président Donald Trump, à droite, et le leader nord-coréen Kim Jong Un, à gauche, au début de leur sommet historique Etats-Unis-Corée du Nord, au Capella Hotel, sur l’île de Sentosa de Singapour, le 12 juin 2018 (Crédit :AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Or le régime nord-coréen est justement accusé par l’administration américaine, depuis des années, de déstabiliser sa propre région d’Asie de l’Est avec sa course à l’arme atomique et ses missiles pointés vers Séoul. C’est d’ailleurs la principale raison de l’importante présence militaire américaine en Corée du Sud, placée, comme le Japon, sous la protection de l’armée des Etats-Unis.

Les essais nucléaires et balistiques de Pyongyang ont aussi conduit Washington a réclamer des sanctions internationales toujours plus fermes jusqu’à fin 2017.

Qui plus est, en novembre 2017, les Etats-Unis ont inscrit à nouveau la Corée du Nord sur leur liste noire des « Etats soutenant le terrorisme », en l’accusant, « en plus de menacer le monde de dévastation nucléaire », d’avoir « soutenu de manière répétée des actes de terrorisme international, dont des assassinats en territoire étranger ».

En cause, notamment, l’assassinat du demi-frère de Kim Jong Un, Kim Jong Nam, en Malaisie avec un agent neurotoxique. Donald Trump avait aussi accusé les Nord-Coréens d’avoir torturé l’étudiant américain Otto Warmbier, détenu par Pyongyang puis décédé mi-2017 après son rapatriement dans le coma.

Et le régime reclus est considéré dans les rapports officiels du département d’Etat comme l’un des pires pays de la planète en termes de violations des droits humains.

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