Pour son PDG, la vente de SodaStream est une victoire sur le BDS
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Pour son PDG, la vente de SodaStream est une victoire sur le BDS

En interview avec la Dixième chaîne, Daniel Birnbaum a également critiqué le gouvernement de Netanyahu pour sa politique à l'égard des minorités, des couples homosexuels...

Scarlett Johansson et Daniel Birnbaum de Sodastream (Crédit : Mike Coppola / Getty Images for SodaStream / via JTA)
Scarlett Johansson et Daniel Birnbaum de Sodastream (Crédit : Mike Coppola / Getty Images for SodaStream / via JTA)

Daniel Birnbaum, PDG de SodaStream, qui a conclu un accord pour vendre le fabricant d’appareils domestiques de gazéification de boissons au géant américain de l’alimentation et des boissons PepsiCo Inc pour 3,2 milliards de dollars, a déclaré que l’accord représente une victoire sur le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, qui vise à isoler Israël au niveau international.

L’entreprise de Birnbaum était devenue une cible de la campagne pro-palestinienne sur l’emplacement de son usine en Cisjordanie, avant de s’installer à l’intérieur de la ligne verte il y a plusieurs années.

« Qui est le BDS ? » Birnbaum a dit dédaigneusement, dans une interview avec la Dixième chaîne lundi soir, quelques heures après l’annonce de la vente.

« Je pense qu’ils ont appris qu’il ne fallait pas se mêler de nos affaires. Regardez ce qui est arrivé à SodaStream qu’ils ont ciblé, et ce qui leur est arrivé « , dit-il.

En octobre 2014, SodaStream a annoncé qu’il fermerait son usine de Cisjordanie à Maale Adumim et déménagerait dans le sud d’Israël, un déménagement que le mouvement BDS prétendait être le résultat de ses pressions.

Le mouvement BDS a affirmé que SodaStream discriminait les travailleurs palestiniens et les payait moins que les travailleurs israéliens. SodaStream a affirmé le contraire – qu’il fournissait du travail à des centaines de Palestiniens aux mêmes conditions qu’aux Israéliens.

Un ouvrier palestinien et un employé juif de SodaStream dans l’usine du parc industriel de Mishor Adumim, le 2 février 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Quelque 500 employés palestiniens ont perdu leur emploi à cette époque. Israël a donné aux 74 employés restants la permission d’entrer dans le pays et de continuer à travailler pour SodaStream.

De plus, l’actrice américaine Scarlett Johansson a été critiquée par le mouvement BDS pour son rôle en tant que première ambassadrice de la marque de la compagnie israélienne, elle a joué dans une publicité projetée pendant le SuperBowl.

Johansson a rejeté la critique et décrit l’entreprise comme  » établissant un pont vers la paix entre Israël et la Palestine.

SodaStream, fondée en 1991, fabrique et vend des machines de gazéification de boissons à usage domestique. Les machines transforment l’eau plate en eau gazeuse en 30 secondes. L’entreprise commercialise également des dizaines d’arômes qui permettent de réaliser des boissons au cola, au gingembre, au citron vert et aux fruits.

Ses 3 500 employés produisent environ 500 000 appareils par mois, qui sont vendus dans 46 pays à travers le monde.

Le PDG de Sodastream Daniel Birnbaum (à gauche) et le PDG de PepsiCo Ramon Laguarta dans l’usine SodaStream, dans le Néguev, le 20 août 2018. (Crédit : Eliran Avital)

Lundi, Birnbaum et Ramon Laguarta, PDG de PepsiCo, ont salué l’accord de 3,2 milliards de dollars, Birnbaum a décrit PepsiCo qui poursuivra ses activités en Israël pendant au moins 15 ans comme une « entrée » plutôt qu’une « sortie ».

SodaStream restera une unité indépendante au sein de PepsiCo, avec son siège social en Israël et sa propre marque, dirigée par Birnbaum. L’accord débouchera sur des opportunités de croissance massive pour SodaStream, a déclaré Birnbaum lors d’une interview accordée au Times of Israël lundi dernier.

L’achat de 3,2 milliards de dollars a permis au géant américain de boissons de lutter contre la baisse de la demande de boissons gazeuses à forte teneur en sucre, en particulier les sodas. SodaStream fabrique des machines qui gazéifient l’eau du robinet à domicile. L’acquisition est également un argument en faveur des consommateurs préoccupés par l’accumulation des déchets provenant des canettes et des plastiques dans les décharges du monde entier. En effet SodaStream utilise des bouteilles réutilisables.

Dans l’interview accordé à la Dixième chaîne, le PDG, qui emploie des Juifs israéliens, des Arabes, des Palestiniens et des Bédouins dans les usines de fabrication de SodaStream, a également critiqué certaines politiques du gouvernement israélien, concernant les minorités et les droits de la communauté LGBT.

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a subi des pressions internes et internationales pour l’adoption de la loi de l’État-nation en juillet, qui déclare qu’Israël est le foyer national du peuple juif, mais omet l’engagement d’Israël pour l’égalité de tous ses citoyens.

Netanyahu a également voté contre une loi qui aurait étendu les droits de mères porteuses aux couples homosexuels.

Birnbaum a dit qu’il ne peut que remarquer les choses « qui se passent dans notre pays ».

« Il est difficile de donner une certaine reconnaissance aux minorités dans la population », a-t-il demandé lors de l’interview de Channel 10. « Pourquoi ? »

Les entreprises et les PDG ne devraient pas avoir peur d’exprimer leurs idées sur le sujet, a-t-il dit.

« Tout le monde doit exprimer son opinion, avec courage, et si vous avez des doutes quant à savoir si c’est bon ou mauvais pour votre entreprise, regardez SodaStream », a-t-il dit.

Le mois dernier, SodaStream a envoyé des paquets cadeaux sur le thème LGBT aux membres de la Knesset pour protester contre l’absence de droits de mères porteuses pour les couples homosexuels.

Ce n’est pas la première fois que Birnbaum exprime des critiques à l’égard de Netanyahu et de sa politique. Dans une interview accordée en 2016 au Times of Israël, le chef de SodaStream avait accusé le premier ministre d’avoir cyniquement et délibérément entretenu le conflit avec les Palestiniens « dans toutes ses manifestations maléfiques » et l’a appelé « le premier ministre du conflit ».

On s’attend à ce qu’Israël gagne environ 1 milliard de shekels dans ses coffres grâce aux recettes fiscales de l’accord, selon la Dixième chaîne.

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