L’achat par PepsiCo ouvrira la voie la à croissance, dit le PDG de SodaStream
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L’achat par PepsiCo ouvrira la voie la à croissance, dit le PDG de SodaStream

"PepsiCo. a réalisé que notre solution fait partie de l'avenir de l'industrie de la boisson", a expliqué au Times of Israël le PDG de SodaStream Daniel Birnbaum

Le PDG de Sodastream Daniel Birnbaum (à droite) et le PDG de PepsiCo Ramon Laguarta dans l'usine SodaStream, dans le Néguev, le 20 août 2018. (Crédit : Eliran Avital)
Le PDG de Sodastream Daniel Birnbaum (à droite) et le PDG de PepsiCo Ramon Laguarta dans l'usine SodaStream, dans le Néguev, le 20 août 2018. (Crédit : Eliran Avital)

Lorsque cette journaliste a souhaité à Daniel Birnbaum « mazal tov » pour la conclusion d’un contrat de 3,2 milliards de dollars avec PepsiCo, lundi, le directeur-général du fabricant israélien de machines à soda a répondu en souriant : « Ce n’est pas de la chance, mais énormément de travail ».

Il y a six semaines, la directrice-générale sortante de PepsiCo, Indra Nooyi, avait demandé à rencontrer son homologue de l’entreprise israélienne SodaStream à Londres et, avec Ramon Laguarta, qui sera le prochain directeur-général du géant alimentaire et de la boisson américain, ils ont eu tous les trois une « bonne conversation sur l’avenir de l’industrie de la boisson », a expliqué Birnbaum de SodaStream lors d’un entretien réalisé à Tel Aviv.

« Elle m’a demandé si j’étais ouvert à une proposition, à un partenariat stratégique, en quelque sorte. Et tout s’est déroulé très rapidement ». Lors de cette rencontre, ils ont bu de l’eau pétillante dans un hôtel de la capitale britannique, a noté en riant Birnbaum, PDG du fabricant de machines à gazéifier.

Birnbaum s’est entretenu avec le Times of Israel après la conclusion de l’accord entre PepsiCo et SodaStream, lundi à Tel Aviv.

Le nouveau PDG de PepsiCo, Ramon Laguarta (à droite), et Daniel Birnbaum de SodaStream lors de la signature du contrat d’acquisition, le 20 août 2018, dans les bureaux de SodaStream en Israël (Lens Productions)

Le plus grand obstacle à cet accord, signé dans la même matinée entre Birnbaum et Laguarta, a été le prix élevé des actions boursières de SodaStream, a expliqué Birnbaum.

« Le prix a été un obstacle. Le prix de nos actions a continué à monter et le mois dernier, il a augmenté de 25 % à peu-près ou plus, et c’est un élément qui a menacé l’accord ».

Des centaines de représentants de PepsiCo ont contrôlé « tous les aspects de l’entreprise », a-t-il expliqué, avant que l’accord ne soit enfin signé.

Birnbaum continuera à diriger SodaStream même après l’accord, l’entreprise fonctionnant comme une unité indépendante au sein de PepsiCo, avec son siège qui restera en Israël et le maintien de sa propre marque, a déclaré Laguarta lors de la conférence de presse. Le géant américain ne prévoit pas de licencier des employés en Israël, a-t-il ajouté, mais il construira plutôt sur la base des infrastructures actuelles en Israël et fera croître PepsiCo et SodaStream en tandem.

Ce qui changera pour SodaStream, a précisé Birnbaum dans l’interview, est que l’entreprise aura dorénavant « accès à des ressources que nous étions susceptibles de ne pas avoir jusqu’à aujourd’hui ».

Le directeur-général de SodaStream Daniel Birnbaum, à gauche, et le directeur-général de PepsiCo Ramon Laguarta à l’usine SodaStream dans le désert du Negev israélien, à proximité de la ville de Rahat, le 20 août 2018 (Crédit : Eliran Avital)

Ce qui inclura des ressources humaines, de la technologie, des capacités en recherche et développement et des canaux de distribution, ainsi que des accès aux distributeurs, a-t-il noté. « Ils sont dans bien plus de magasins que nous. Nous aurons accès à de nouveaux marchés, à de nouveaux pays, nous auront un budget illimité, des liquidités pour le marketing, les investissements pour la croissance, le capital pour étendre nos usines. Tout ce qu’il faut pour qu’une entreprise devienne encore plus importante », a-t-il dit.

PepsiCo s’est engagé à conserver l’entreprise en Israël et l’usine à Rahat « à l’échelle actuelle pendant au moins quinze ans », a dit Birnbaum.

Ce qui signifie que « le nombre d’employés qui travaillent ici, qui est d’environ de 2 000 personnes » sera maintenu pendant au moins cette période. En plus, l’entreprise construira une nouvelle usine, à proximité de celle de Rahat, qui embauchera quelques centaines de personnes de plus, a-t-il poursuivi. Au total, SodaStream emploie environ 3 000 salariés dont 2 500 se trouvent en Israël, a-t-il affirmé.

Qu’est-ce qui vous inquiète dans cet accord ?

Il y a, dans cet accord, plus d’éléments de satisfaction que d’inquiétude, a-t-il dit.

« Ce qui me soulage, c’est l’engagement à maintenir SodaStream dans un statut d’unité d’opération indépendante », a-t-il ajouté.

Le PDG de Sodastream Daniel Birnbaum (à gauche) et le PDG de PepsiCo Ramon Laguarta dans l’usine SodaStream, dans le Néguev, le 20 août 2018. (Crédit : Eliran Avital)

« Un grand nombre de grandes corporations réalisent que si elles tentent d’intégrer leurs acquisitions – et en particulier leurs acquisitions entrepreneuriales, ou start-ups – dans les corporations, elles les tuent, elles en détruisent l’esprit. Le coeur », a-t-il expliqué.

« Nous ne sommes pas une start-up », a-t-il ajouté. « Mais nous pensons comme une start-up. »

Et PepsiCo l’a compris, a-t-il affirmé. « Ils le savaient. Je n’ai pas eu besoin de les en convaincre. Parce que lorsque j’ai demandé à Indra de nous laisser travailler, elle a répondu : ‘Absolument, nous voulons que vous continuiez à faire ce que vous faites ».

« PepsiCo a acquis SodaStream à cause de ce que nous sommes, pas en raison de ce que nous ne sommes pas. Et je leur rends hommage pour cela. C’est une initiative osée. Nous sommes un adversaire. Manifestement pas à la même échelle, mais on ne dit pas des choses agréables les uns sur les autres et ils ont pourtant réalisé que notre solution fait partie de l’avenir de l’industrie de la boisson, et PepsiCo est suffisamment important et courageux pour le reconnaître et pour permettre à notre entreprise de faire partie de son portefeuille ».

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