Pourquoi le Hamas est accusé d’emprisonner des chauffeurs de bus
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Pourquoi le Hamas est accusé d’emprisonner des chauffeurs de bus

Le responsable du COGAT publie un enregistrement du propriétaire d'une compagnie d'autobus, selon qui, des chauffeurs refusent de transporter les Palestiniens aux manifestations

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des manifestants palestiniens scandent des slogans durant des affrontements avec les forces israéliennes suite à un rassemblement à la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Gaza City, le 4 avril 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Des manifestants palestiniens scandent des slogans durant des affrontements avec les forces israéliennes suite à un rassemblement à la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Gaza City, le 4 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le Hamas a incarcéré des chauffeurs de bus qui ont refusé de transporter des Gazaouis à une marche de protestation à la frontière de l’enclave palestinienne avec Israël, a indiqué jeudi le ministère de la Défense chargé de la liaison avec les Palestiniens.

Un enregistrement téléphonique publié par le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) a affirmé pouver que le Hamas, le groupe terroriste qui gouverne la bande de Gaza, avait obligé les chauffeurs à emmener des manifestants sur les sites de manifestations vendredi dernier.

Le général Yoav Mordechai, le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGaT), a publié une déclaration intitulée : « le Hamas terrorise son propre peuple », accompagnée d’un enregistrement.

Dans l’extrait d’une conversation téléphonique entre un responsable du COGAT et le propriétaire d’une compagnie de bus, le responsable de la sécurité israélienne peut être entendu en train de mettre en garde les Palestiniens contre le fait de « prendre part au terrorisme » en poussant les habitants de Gaza à manifester comme les compagnies l’ont fait la semaine dernière.

Le conducteur répond en insistant sur le fait que lui et d’autres ont tenu compte des avertissements israéliens, mais que ceux qui ont refusé de se plier aux pressions du Hamas ont été emprisonnés et remplacés par d’autres conducteurs prêts à transporter des Palestiniens aux manifestations.

« Nous ne les aidons pas. Le Hamas est venu, il nous a arrêtés et a porté plainte contre nous », a-t-il soutenu. « Que sommes-nous censés faire dans une telle situation ? ».

Un jeune Palestinien collecte de l’argent et des pneus à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 4 avril 2018. (Saïd Khatib/AFP)

Avant la manifestation de vendredi dernier, Israël avait mis en garde les propriétaires des compagnies de bus de Gaza contre le transport de Palestiniens aux manifestations de masse près de la frontière avec Israël.

« Nous avons contacté les propriétaires de plus de 20 compagnies de bus dans la bande de Gaza qui ont reçu de l’argent du Hamas pour conduire les Palestiniens aux violentes manifestations. Nous avions prévenu que des mesures seraient prises contre les gérants et leurs entreprises », a déclaré Mordechai mercredi à la chaîne de télévision diffusée par satellite en arabe Alhurra, basée aux Etats-Unis.

Le Général de division Yoav Mordechai, coordinateur du ministère de la Défense pour les activités du gouvernement dans les Territoires (COGAT). (Capture d’écran)

Le Hamas a déclaré que plusieurs propriétaires de compagnies de bus avaient reçu ces derniers jours des appels téléphoniques les mettant en garde en leur demandant de ne pas participer à l’organisation des manifestations. Le groupe terroriste a ajouté que les agents de sécurité israéliens avaient menacé de prendre des mesures punitives contre les propriétaires et leurs compagnies, y compris en leur interdisant d’opérer aux passages frontaliers avec Israël.

La diffusion de l’enregistrement, jeudi, a eu lieu alors que les Gazaouis et les Forces de l’armée israélienne se préparent pour de nouvelles manifestations vendredi organisées dans le cadre de la même marche dite du Retour.

Vendredi dernier, plus de 30 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza, dans ce qu’Israël décrit comme une émeute orchestrée par le groupe terroriste Hamas, qui contrôle Gaza, et que les Palestiniens ont considéré comme une manifestation pacifique.

Il y a eu des divergences dans les rapports palestiniens sur le bilan des morts de Gaza pour la journée de vendredi. Alors que le Hamas a déclaré lundi que 18 personnes étaient mortes, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne a publié le chiffre de 16 morts. Israël, pour sa part, ne dispose pas de chiffres officiels. Plus de 1 000 personnes ont été blessées.

Jeudi, le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a annoncé la mort d’un autre manifestant palestinien qui a été touché par les tirs israéliens lors des affrontements frontaliers survenus vendredi dernier.

Sa mort porte le bilan des affrontements de vendredi à 20, selon les chiffres du ministère.

Un jeune Palestinien blessé est porté par d’autres manifestants alors qu’ils fuient lors d’affrontements à la frontière avec Israël à l’est de la ville de Gaza commémorant la Journée de la Terre, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général Ronen Manelis, a déclaré samedi que toutes les personnes tuées avaient été impliquées dans des actes de violence. Manelis a déclaré vendredi soir que l’armée avait fait face « à une violente manifestation terroriste sur six points » le long de la clôture. Il a déclaré que les troupes avaient utilisé des « tirs chirurgicaux » partout où il y a eu des tentatives de briser ou d’endommager la clôture de sécurité.

Les forces israéliennes ont identifié samedi 10 personnes tuées comme appartenant à des groupes terroristes, notamment au Hamas (Le Hamas avait précédemment reconnu que cinq d’entre eux étaient ses membres.) Le Jihad islamique a ensuite revendiqué un 11ème mort.

Les Palestiniens ont signalé quelques séquences filmées de la manifestation qui semblaient montrer des manifestants se faisant tirer dessus alors qu’ils ne représentaient aucune menace pour les troupes israéliennes. L’armée a affirmé que ces vidéos avaient été fabriquées par le Hamas.

Avant la manifestation de vendredi, les Gazaouis ont rassemblé des milliers de pneus pour les brûler et les faire rouler vers la frontière de l’enclave côtière avec l’État juif.

Les organisateurs appellent cette deuxième journée de manifestation dans le cadre de la marche du « jour du pneu », avec un hashtag en vogue sur les réseaux sociaux.

Dans le même temps, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré mardi qu’Israël ne changerait pas sa politique à l’égard des émeutes palestiniennes le long de la barrière de sécurité de Gaza et a rejeté les critiques selon lesquelles l’armée aurait eu la main lourde lors des protestations vendredi dernier.

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