« Pourquoi nous restons juifs » de Leo Strauss, réédité en français
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« Pourquoi nous restons juifs » de Leo Strauss, réédité en français

La retranscription de la fameuse conférence que Leo Strauss a prononcé en 1962 donne toujours autant à réfléchir sur la place du Juif parmi les nations

Léo Strauss. (Crédit : University of Chicago ou New York Times/Fair use/WikiCommons)
Léo Strauss. (Crédit : University of Chicago ou New York Times/Fair use/WikiCommons)

La célèbre et polémique conférence donnée par Leo Strauss à l’université de Chicago en février 1962 avait déjà été retranscrite en anglais, puis discutée et étudiée par les cercles intellectuels juifs outre-atlantique depuis plus de 50 ans.

Il y est question du dialogue entre la philosophie grecque, dont les concepts, la vision et les outils d’analyse de la réalité irriguent toujours la pensée occidentale, et la pensée juive, appelé le dialogue entre Athènes et Jérusalem.

Mais dans cette conférence, Strauss aborde de face cette question difficile : l’existence juive étant une histoire d’exil, de malheur, de persécutions, comment l’envisager ? Et « pour être plus polémique », rappelle Jonathan Aleksandrowicz sur Akadem, Leo Strauss pose la question : si telle est l’existence juive, pourquoi ne pas s’assimiler ?

La réponse à cette question a été donnée lors de cette conférence, dont les éditions Allia viennent de publier la retranscription en langue française, après sa première publication en 2001 aux éditions Contretemps La Table Ronde.

Strauss donne à voir les choix donnés aux juifs : l’assimilation « à la raison » occidentale et athée pour se fondre dans la masse et fuir ainsi les persécutions ? Non, car, pour résumer, nos ancêtres mourraient ainsi une deuxième fois de voir perdue la foi qu’ils nous avaient transmise et que, du point de vue de Strauss, les Lumières et la modernité n’ont pas réussi à remettre en question.

Avoir un Etat, comme les autres nations du monde ? Peut-être, si cet Etat, devait posséder un « cœur juif », spirituel et pas seulement culturel, rappelle Aleksandrowicz, qui précise que Strauss n’a pas exploré plus avant la voie du sionisme religieux.

La conférence est également accessible en langue anglaise.

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