Poutine raille les Juifs et leur rapport à l’argent lors d’une visite en Crimée
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Poutine raille les Juifs et leur rapport à l’argent lors d’une visite en Crimée

A l'occasion des 5 ans de l'annexion de la péninsule, le président russe a suggéré que Netanyahu devait être invité à l'inauguration d'une nouvelle synagogue régionale

Le président russe Vladimir Poutine, au centre, s'exprime lors d'une rencontre avec des résidents locaux à  Simferopol, en Crimée, le 18 mars 2019 (Crédit : Yuri Kadobnov/Pool Photo via AP)
Le président russe Vladimir Poutine, au centre, s'exprime lors d'une rencontre avec des résidents locaux à Simferopol, en Crimée, le 18 mars 2019 (Crédit : Yuri Kadobnov/Pool Photo via AP)

Le président russe Vladimir Poutine s’est laissé aller à une raillerie sur les Juifs et leur rapport à l’argent durant une visite en Crimée, plaisantant également sur une éventuelle invitation du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l’inauguration d’une synagogue dans la péninsule disputée.

Poutine célébrait le cinquième anniversaire de l’annexion de cette péninsule de la mer Noire prise à l’Ukraine. L’OTAN et l’Union européenne, pour leur part, ont une fois encore condamné avec force la saisie de ce territoire par la Russie.

Au cours d’une rencontre avec des résidents – parmi lesquels se trouvaient des responsables religieux – Poutine a répondu à des propos tenus par un membre de la communauté juive locale sur certaines difficultés financières.

« Ainsi les Juifs ont des problèmes avec leurs finances ! », a-t-il répondu, provoquant des éclats de rire dans l’assistance. « Il n’y a qu’en Crimée que ce genre de choses peut arriver ».

Il s’est alors exprimé en hébreu en disant « Merci beaucoup ».

Poutine a suggéré d’inviter Netanyahu à l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle synagogue de la région et il a expliqué avoir convié le président turc Recep Tayyip Erdogan lors de la cérémonie d’ouverture d’une nouvelle mosquée.

Prenant la parole lors d’un concert en plein air organisé dans la capitale régionale de la Crimée de Simferopol, le leader russe a salué les résidents de la péninsule en les comparant aux soldats de l’armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le président russe Vladimir Poutine, au centre, s’exprime lors d’une rencontre avec des résidents locaux à Simferopol, en Crimée, le 18 mars 2019 (Crédit : Yuri Kadobnov/Pool Photo via AP)

« La Russie vous a pris sous sa garde avec bonheur et avec joie », a-t-il dit à la foule. « Nous atteindrons tous nos objectifs… parce qu’aujourd’hui, nous sommes tous ensemble ».

L’annexion par Moscou de la Crimée en 2014 avait entraîné des sanctions américaines et européennes contre la Russie qui, si elles nuisent à son économie, ont dynamisé la popularité de Poutine dans son pays.

Les alliés de l’OTAN ont fait savoir lundi dans une déclaration que « nous condamnons cette action avec force et nous ne la reconnaîtrons pas ». Ils ont dénoncé les violations aux droits de l’Homme présumées incluant des « détentions et arrestations arbitraires ainsi que des actes de torture » contre les membres de la communauté Tatar et critiqué l’ancrage militaire en cours en Crimée.

La Russie a renforcé ses positionnements militaires sur le territoire de la Crimée en y installant de nouveaux navires, des missiles et des avions de guerre.

Viktor Bondarev, chef de la commission des Affaires de défense à la chambre haute russe, a annoncé que les nouveaux armements comprenaient des missiles Iskander-M et des bombardiers à longue portée de type Tu-22M3.

Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a protesté contre la visite effectuée par Poutine en Crimée, évoquant une « violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».

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