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« Pratiques nazies » : Berlin dénonce les propos « inacceptables » d’Erdogan

"Nous allons, en tant que gouvernement fédéral, le faire savoir très clairement" à la Turquie, a déclaré le chef de la chancellerie fédérale allemande

Peter Altmaier en 2013 (Crédit : RudolfSimon/CC BY SA 3.0)
Peter Altmaier en 2013 (Crédit : RudolfSimon/CC BY SA 3.0)

Les propos du président turc accusant l’Allemagne de « pratiques nazies » après l’interdiction de meetings de soutien sont « absolument inacceptables », a déclaré lundi Peter Altmeier, le chef de la chancellerie fédérale allemande et proche d’Angela Merkel.

« Nous allons, en tant que gouvernement fédéral, le faire savoir très clairement » à la Turquie, a-t-il dit à l’antenne de la chaîne publique allemande ARD.

« Il n’y a aucune raison qu’on nous fasse la leçon, des reproches », a ajouté le responsable.

Dimanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé l’Allemagne d’user de « pratiques nazies » après l’interdiction en fin de semaine dernière par des autorités municipales de meetings électoraux en faveur du oui au référendum du 16 avril sur l’extension des pouvoirs présidentiels turcs.

« Si je le veux, je viendrai en Allemagne », a encore clamé M. Erdogan, « si vous m’arrêtez à la porte et ne me laissez pas parler, je mettrai le monde sens dessus dessous ».

Ces déclarations sont intervenues alors que la tension semblait être retombée d’un cran samedi soir après un entretien téléphonique entre Angela Merkel et le Premier ministre turc Binali Yildirim, que celui-ci avait qualifié de « productif ».

La dispute autour de l’annulation de réunions publiques auxquelles devaient participer des ministres turcs viennent encore détériorer des relations très compliquées. Ankara dénonce notamment les critiques allemandes après la vaste purge qui a suivi la tentative de putsch de juillet dernier.

Elles se sont aggravées après l’incarcération la semaine dernière pour « propagande terroriste » du correspondant germano-turc du quotidien Die Welt en Turquie, Deniz Yücel. Berlin a vivement dénoncé les atteintes à la liberté d’expression.

La Turquie accuse régulièrement l’Allemagne d’héberger des « terroristes », que ce soient des sympathisants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation « terroriste » par Ankara, Bruxelles et Washington, ou des putschistes présumés.

L’Allemagne héberge la plus forte communauté de la diaspora turque dans le monde, soit trois millions de personnes, dont 1,4 million d’électeurs turcs courtisés par les différents partis avant chaque scrutin majeur en Turquie.

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