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Premier survol de l’espace aérien saoudien pour un vol à destination d’Israël

Le vol opéré par Cathay Pacific entre Hong Kong et Tel Aviv a été autorisé à survoler l’Arabie saoudite, après l’autorisation donnée par le Royaume lors de la visite de Biden

Un avion décolle de l'aéroport international Ben Gurion, le 7 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)
Un avion décolle de l'aéroport international Ben Gurion, le 7 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Un vol commercial à destination d’Israël a emprunté, jeudi, l’espace aérien saoudien, pour la première fois depuis que l’Arabie saoudite a ouvert son ciel à tous les vols, y compris israéliens, le mois dernier.

Le vol opéré par la compagnie aérienne Hong Kongaise Cathay Pacific a décollé de Hong Kong pour atterrir à Tel Aviv, jeudi matin.

Un service de suivi des vols a permis de suivre l’avion lors de son survol des Émirats arabes unis et du golfe Persique, avant de traverser la frontière saoudienne à hauteur de Damman. L’avion a survolé le nord de l’Arabie saoudite et la Jordanie, et est entré en territoire israélien au nord de la mer Morte.

Un autre vol Cathay Pacific reliant Hong Kong à Tel Aviv avait emprunté un autre itinéraire, en début de semaine, survolant le nord-ouest la Chine, le Kazakhstan et la Turquie avant de pénétrer dans l’espace aérien israélien par la mer Méditerranée.

Le mois dernier, l’Arabie saoudite a annoncé l’ouverture de son espace aérien à tous les survols civils, quelques heures avant que le président américain Joe Biden ne rallie le Royaume depuis Israël par un vol direct, pour la première fois de toute l’histoire américaine.

L’Arabie saoudite a expliqué avoir ouvert son espace aérien « à tous les transporteurs aériens répondant aux exigences de l’Autorité en matière de survol », autorisant de facto les compagnies israéliennes, elles aussi, à raccourcir leurs itinéraires en empruntant l’espace aérien saoudien. La situation qui prévalait avant cette annonce avait pour effet d’interdire le survol de compagnies non israéliennes à destination ou en provenance d’Israël.

Depuis l’annonce du mois dernier, aucune compagnie aérienne israélienne n’a, à ce jour, emprunté l’espace aérien saoudien.

Mercredi, le radiodiffuseur public Kan indiquait que la compagnie aérienne israélienne El Al avait reçu l’autorisation officielle de Ryad pour commencer à emprunter son espace aérien, alors que la Treizième chaîne déclarait le même jour qu’El Al et la compagnie aérienne israélienne Arkia attendaient le feu vert définitif de l’Arabie saoudite pour cette fin de semaine.

Israël et les États-Unis ont tous eux salué la décision de l’Arabie saoudite de lever les restrictions sur les survols, comme un signe d’amélioration majeure des relations entre Jérusalem et Ryad. Préalablement à la visite de Biden, les autorités israéliennes avaient exprimé de grands espoirs de progrès vers la normalisation avec l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite a quelque part douché ces espoirs, affirmant que la décision n’avait « rien à voir avec ses relations diplomatiques avec Israël » et n’était « en aucun cas annonciatrice de nouvelles mesures » vers la normalisation.

L’Arabie saoudite a commencé à autoriser les compagnies aériennes israéliennes à emprunter son espace aérien, dans un couloir aérien dédié aux vols à destination et en provenance des Émirats arabes unis et de Bahreïn, suite à la conclusion des accords d’Abraham en 2020, sans autoriser les vols vers des destinations plus orientales.

L’autorisation de survol [donnée le mois passé] signifie que les vols à destination et en provenance d’Inde, de Thaïlande, de Chine et d’autres pays orientaux pourront sensiblement raccourcir leur plan de vol. En effet, jusqu’alors, les vols à destination de l’Asie au départ de Tel Aviv devaient contourner la péninsule arabique, ce qui rallongeait de deux à trois heures le temps de trajet.

Favorable aux voyageurs, la décision profitera également aux musulmans d’Israël désireux de se rendre au hajj, car des vols charters directs vers l’Arabie saoudite seront affrétés pour les pèlerins chaque année.

Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas officiellement de relations diplomatiques, mais les relations secrètes se sont considérablement améliorées ces dernières années, à mesure que Ryad et son dirigeant de facto, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, en venaient a la conclusion qu’Israël pouvait être un partenaire stratégique contre l’influence iranienne.

A la grande déception des Etats-Unis et d’Israel, le royaume a refusé de signer les accords Abraham négociés par Washington en 2020, mais Ryad aurait donné le feu vert à Bahreïn, sur lequel il exerce encore une influence décisive, pour prendre part à l’accord de normalisation avec Israël aux côtés des Émirats arabes unis et du Maroc.

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