Premier vol pour le navigateur du F-16 abattu
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Premier vol pour le navigateur du F-16 abattu

Le major 'Aleph' a repris du service pour la première fois depuis le crash survenu lors des affrontements avec la Syrie, au cours duquel son pilote avait été grièvement blessé

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division, Amikam Norkin, à gauche, aux côtés du major 'Aleph,' navigateur d'un F-16 abattu par des tirs antiaériens syriens, alors que ce dernier va remonter pour la première fois dans un avion , le 19 février 2018 (Crédit : Armée israélienne) t
Le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division, Amikam Norkin, à gauche, aux côtés du major 'Aleph,' navigateur d'un F-16 abattu par des tirs antiaériens syriens, alors que ce dernier va remonter pour la première fois dans un avion , le 19 février 2018 (Crédit : Armée israélienne) t

Le navigateur de l’avion-chasseur F-16 qui avait été abattu par un missile sol-air syrien la semaine dernière a redécollé pour la première fois lundi, rejoint dans le cockpit par le chef des forces aériennes israéliennes.

Le major « Aleph » – qui, pour des raisons de sécurité, ne peut être identifié que par la première lettre de son nom en hébreu – avait été légèrement blessé, le pilote étant pour sa part grièvement touché, après que leur avion a été apparemment touché par un éclat d’obus provenant des systèmes de défense aérienne syriens. Les deux hommes s’étaient éjectés de l’appareil qui s’était alors écrasé en flammes sur le versant d’une colline du nord d’Israël.

« [Le major ‘Aleph’] vient d’achever son premier vol depuis sa blessure, aux côtés du commandant des forces aériennes israéliennes, le général de division Amikam Norkin », ont fait savoir les militaires dans la soirée de lundi.

Après le crash, les deux hommes avaient été pris en charge au centre médical Rambam de Haïfa.

Le navigateur était sorti de l’hôpital vingt-quatre heures après. Le pilote grièvement blessé, arrivé inconscient au centre hospitalier et placé sous respiration artificielle, a pour sa part quitté l’établissement dimanche.

Lorsque le pilote était arrivé, les médecins avaient constaté qu’il avait été grièvement touché par un éclat d’obus à l’abdomen. Il avait été opéré en urgence pour résorber des saignements internes. Son état s’était stabilisé après l’intervention et il avait pu quitter l’unité de soins intensifs quelques jours après.

Le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division Amikam Norkin, à gauche, décolle aux côtés du major ‘Aleph,’ navigateur du F-16 qui avait été abattu par des tirs antiaériens syriens. C’est le premier redécollage de l’officier depuis le crash. Photo prise le 18 février 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Vingt-quatre heures après le crash, Norkin avait salué la décision prise par le pilote de s’éjecter du F-16.

« Au moment même où vous avez compris qu’il fallait que vous abandonniez l’avion, vous avez pris la bonne décision et vous savez sauvé la vie du major comme la vôtre », avait dit Norkin au pilote, selon un communiqué de l’armée émis lundi dernier.

Le président Reuven Rivlin rend visite aux pilotes de l’armée israélienne blessés lors de leur éjection d’un F-16 israélien frappé par un tir anti-aérien syrien, le 11 février 2018 (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Dans des retranscriptions diffusées par la chaîne Hadashot dimanche dernier, les deux hommes avaient expliqué n’avoir eu que quelques secondes pour s’éjecter de l’avion après l’explosion d’un missile à proximité.

« Nous n’avions pas de procédure longue et surtout, nous n’avions pas de temps à perdre. Quelques secondes. Le temps de comprendre qu’il fallait que nous partions vite à cause de nos blessures physiques et aussi à cause des dommages subis par l’avion qui avait cessé de fonctionner », aurait dit l’un des hommes.

Le F-16 s’était abattu en flammes au kibboutz Harduf, dans le nord d’Israël, à seulement quelques centaines de mètres des habitations. L’épave avait été filmée.

Personne n’avait été blessé lors de cet incident, survenu dans un contexte d’hostilités intenses qui avaient éclaté, le 10 février, après l’infiltration d’un drone iranien dans l’espace aérien israélien, entraînant des frappes aériennes contre des cibles iraniennes en Syrie.

Une habitante de Harduf avait indiqué à la radio militaire la semaine dernière qu’elle avait eu la certitude que la communauté faisait l’objet d’un attentat terroriste après avoir entendu un bruit assourdissant qui avait fait trembler le kibboutz.

Les restes du F-16 qui s’est écrasé après avoir fait l’objet de tirs syriens dans le kibboutz de Harduf, dans le nord d’Israël, le 10 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Jack GUEZ)

Les enquêteurs se penchent encore actuellement sur la manière dont l’appareil a été frappé et ils s’intéresseraient à d’éventuelles failles techniques, tels qu’une défaillance des systèmes anticipés d’alerte dans certains F-16.

Tomer Bar, numéro deux des forces aériennes israéliennes, a indiqué que les avions israéliens avaient dû affronter un barrage massif de tirs antiaériens syriens qui auraient compris au moins quatre systèmes de défense antiaériennes fabriqués en Russie : Les systèmes SA-5, SA-17, SA-6 et SA-3.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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