Israël en guerre - Jour 194

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Première diffusion des messages de Roni Eshel, soldate d’observation tuée le 7 octobre

Eyal Eshel pleure la mort injustifiée de sa fille et affirme qu''il y avait une fenêtre de six heures pour la sauver si les hauts gradés de l'armée ne l'avaient pas abandonnée

Roni Eshel, une soldate de l'armée israélienne, tuée par des terroristes du Hamas sur la base militaire du kibboutz Nahal Oz, à proximité de la frontière de Gaza le 7 octobre 2023. (Crédit : Eyal Eshel via AP)
Roni Eshel, une soldate de l'armée israélienne, tuée par des terroristes du Hamas sur la base militaire du kibboutz Nahal Oz, à proximité de la frontière de Gaza le 7 octobre 2023. (Crédit : Eyal Eshel via AP)

Un enregistrement non traité provenant du matériel utilisé par une soldate d’observation de Tsahal le matin du 7 octobre a été diffusé pour la première fois par la Douzième chaîne mercredi soir, donnant un aperçu des dernières heures des soldates d’observation de la base militaire de Nahal Oz, qui sont restées à leur poste jusqu’à la fin.

Les enregistrements ont été extraits de la radio de la soldate assassinée Roni Eshel. Les parents de cette dernière, qui ont reçu l’audio de Tsahal, en ont autorisé la diffusion au public.

« À toutes les stations, quatre individus courent vers la clôture, confirmez la réception », entend-on Roni dire dans la transmission radio, qui a été diffusée à tous les soldats de la région à 6h29 le 7 octobre. « Deux personnes armées courent vers la clôture, confirmez la réception. »

Quelques instants plus tard, Roni transmet un autre message, avertissant cette fois que des terroristes armés ont franchi le no man’s land qui sépare Israël de la bande de Gaza, en utilisant le code de Tsahal pour la menace, « cavaliers turcs ».

« Un terroriste armé a franchi [la frontière], un terroriste armé, confirmez la réception », l’entend-on dire, en parlant vite mais calmement. Elle continue à transmettre des informations sur les terroristes qu’elle voit franchir la clôture préliminaire de la frontière de Gaza, à mesure que leur nombre augmente et qu’ils se rapprochent de la barrière renforcée qui sépare l’enclave palestinienne d’Israël.

« Il y a deux individus qui se trouvent à la barrière ‘Sand Timer' », dit-elle, avec une voix qui témoigne de l’urgence de la situation. « Ils sont en train de détruire la barrière, confirmez la réception. »

« La clôture du ‘Sand Timer’ a explosé. Les individus ont fait sauter la clôture, confirmez la réception », dit-elle quelques instants plus tard. « Réceptionnez, il y a un trou dans la barrière, deux personnes ont fait exploser la barrière avec une bombe. Ils se tiennent à côté de la brèche, ils ne l’ont pas encore franchie. »

La jeune soldate de 19 ans a ensuite émis un dernier message : « Ils ont fait exploser la barrière du ‘Sand Timer’. Trois individus sont actuellement debout [à l’intérieur d’Israël]. Ils sont armés. Confirmez la réception. »

Tout au long de la frontière avec la bande de Gaza, les soldates d’observation ont diffusé des messages d’urgence similaires alors que la scène relayée par Roni se répétait dans des dizaines d’endroits. Quelques minutes plus tard, leurs caméras ont été coupées et les soldats sur le terrain se sont retrouvés à combattre à l’aveugle.

Le centre de commandement incendié de la base militaire Nahal Oz, pris d’assaut par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, pendant une visite faite par les proches des soldats de surveillance qui ont été tués par les terroristes, le 19 décembre 2023. (Autorisation/Eyal Eshel)

« Roni était une héroïne qui a parfaitement joué son rôle. Je suis très fier », a confié son père Eyal Eshel à la Douzième chaîne après la diffusion des enregistrements.

« Ils sont terrifiants », a-t-il déclaré à propos des enregistrements. « Il y a un côté unilatéral à ces enregistrements, parce que nous ne savons pas à qui elle parle ni ce qu’on lui répond. »

Il a ajouté : « Ce qui est encore plus glaçant, c’est que ces filles auraient toutes pu être sauvées, toutes ».

Eyal Eshel, père de Roni Eshel, soldat de surveillance des Tsahal tué, parle à la Douzième chaîne après que la dernière transmission radio de sa fille, le 7 octobre, a été diffusée publiquement, le 20 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran, Douzième chaîne, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Roni aurait vécu encore 6 heures après son dernier message. Elle a été tuée par des terroristes du Hamas infiltrés juste après midi, en même temps que plus d’une dizaine de ses collègues soldates d’observation.

Déplorant la mort inutile de sa fille, Eshel a expliqué que, selon les conclusions de Tsahal et ses propres recherches, « s’il y avait eu quelqu’un d’assez intelligent au sein de Tsahal pour comprendre qu’elles devaient être embarquées dans un véhicule et évacuées de la base, entre 6h23 et quelques minutes avant midi, toutes ces filles auraient pu être sauvées ».

Eyal a expliqué que les familles des soldates d’observation assassinées avaient fait pression pour que les enregistrements soient rendus publics, et il a dit qu’il espérait qu’il y en aurait d’autres.

« Elles sont restées à leur poste, ce sont les seules qui ne sont pas parties pour le week-end et la fête », a-t-il expliqué. « Elles sont les seules qui sont restées à leur poste et les seules à avoir continué à agir au milieu de toute cette cohue. Elles étaient les seules à pouvoir fournir des informations en temps réel ».

Le centre de commandement incendié de la base militaire Nahal Oz, pris d’assaut par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, pendant une visite faite par les proches des soldats de surveillance qui ont été tués par les terroristes, le 19 décembre 2023. (Autorisation/Eyal Eshel)

Pendant plus d’un mois, Roni a été considérée comme disparue. Ses parents désespérés, avaient lancé de nombreux appels publics pour obtenir des informations. Le 9 novembre, Tsahal a finalement confirmé qu’elle avait été tuée lors de l’attaque initiale.

Elle était dans l’armée depuis un an et deux mois et avait averti ses supérieurs à plusieurs reprises que des terroristes du Hamas étaient en train d’étudier la frontière pour préparer un événement inconnu, comme l’a indiqué son père dans de nombreuses interviews.

Quinze soldates de surveillance ont été tuées sur la base de Nahal Oz le 7 octobre, et six autres ont été prises en otage. L’une des soldates enlevées, la caporale Ori Megidish, a été secourue par Tsahal à la fin du mois d’octobre, mais les cinq autres sont toujours en captivité, et l’on ignore leur état.

« Cinq otages, des filles tellement précieuses et merveilleuses, sont là-bas en ce moment même », a indiqué Eyal à la Douzième chaîne en évoquant les camarades soldates de sa fille décédée et l’incapacité du pays à les protéger. « Le temps est venu de changer la chaîne de commandement. »

Eyal a ajouté qu’il aurait préféré ne pas avoir à formuler ce genre de critiques, mais qu’elles étaient inévitables. « Ça fait mal, ça fait vraiment mal ».

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