Première étape contre la discrimination sur l’orientation sexuelle et le genre
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Première étape contre la discrimination sur l’orientation sexuelle et le genre

La proposition de loi a passé de justesse la première lecture avec l'appui de 2 députés de la coalition; le chef de la coalition affirme qu'ils ont eu droit à un vote de conscience

Des milliers de personnes participent au 17e défilé annuel de la Marche des fiertés à Tel Aviv le 12 juin 2015. (Alexi Rosenfeld)
Des milliers de personnes participent au 17e défilé annuel de la Marche des fiertés à Tel Aviv le 12 juin 2015. (Alexi Rosenfeld)

Les parlementaires ont donné mercredi leur approbation initiale à une proposition de loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, une loi qui élargirait le champ d’application de toutes les lois anti-discrimination antérieures.

Trente-sept députés ont appuyé la proposition de loi, 36 ayant voté contre.

Les députés Amir Ohana du Likud et Meirav Ben-Ari de Koulanou appartenant à la coalition au pouvoir ont apparemment brisé les lignes de leur parti et voté en faveur de la loi, lui permettant d’obtenir une majorité très courte.

Ohana fait partie de la communauté LGBT et Ben-Ari a eu un enfant avec son meilleur ami gay.

Alors que la commission des Lois, qui fixe la position du gouvernement sur les projets de loi de la Knesset, a statué dimanche que les députés de la coalition doivent voter contre la proposition de loi, le président de la coalition, David Amsalem, a réfuté avoir « perdu » le vote, affirmant que les députés ont eu droit à un vote de conscience.

Meirav Ben-Ari, membre du Parlement (Parti Koulanou), lors d’une réunion du Comité de l’éducation le 22 novembre 2016. (Miriam Alster/FLASH90)

Pressé de dire aux membres de la Knesset qu’ils ont la liberté de voter comme ils le souhaitent sans crainte de mesures disciplinaires, M. Amsalem a déclaré qu’il avait personnellement dit à Ohana et Ben-Ari qu’ils pouvaient voter contre la proposition de loi.

Lorsqu’on lui a demandé si les 36 autres députés qui avaient voté contre la proposition de loi s’étaient fait dire qu’ils avaient la liberté de voter comme bon leur semblait, le porte-parole d’Amsalem a répondu au Times of Israel : « Ceux qui avaient besoin de savoir, savaient. »

Ni Ohana ni Ben-Ari n’ont immédiatement répondu à la demande du Times of Israel de préciser s’ils avaient été en contact avec Amsalem avant le vote.

Amir Ohana, membre du Likud à la Knesset, dirige une réunion du comité de la Chambre à la Knesset à Jérusalem le 26 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ohana, un nouveau député et militant des droits des homosexuels, a écrit sur Facebook après le vote que la proposition de loi était « bonne » et que la position traditionnelle de la coalition contre les projets de loi promouvant les droits des LGBT ne représente que le « droit de veto » détenu par le député Yaakov Litzman, chef du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah qui s’oppose fermement à une telle législation, plutôt que l’opinion réelle de la plupart de ses membres.

La modification de la loi actuelle a été proposée par les députés Michal Rozin de Meretz et Dov Khenin du parti de la Liste arabe unie.

Lorsqu’il est devenu évident pour les députés que la proposition de loi allait recevoir suffisamment de votes pour être adoptée, les membres de l’opposition se sont applaudis et se sont étreints.

Khenin a répondu à la proposition de loi en disant : « Il est interdit de faire de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Ce sont des choses qui doivent être considérées comme allant de soi pour quiconque veut vivre dans une société qui traite les gens avec respect ».

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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