Première Gay pride à Beit Shemesh malgré les oppositions
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Première Gay pride à Beit Shemesh malgré les oppositions

Environ 200 personnes se sont rassemblées pour partager leurs expériences et prôner la tolérance avant un défilé ; des affiches ont été vandalisées

Les participants à la première Gay pride de Beit Shemesh, le 25 juillet 2019 (Capture d'écran/Walla news)
Les participants à la première Gay pride de Beit Shemesh, le 25 juillet 2019 (Capture d'écran/Walla news)

Environ 200 personnes se sont réunies à Beit Shemesh ce jeudi pour la toute première Gay pride dans la ville, dans un contexte de troubles entre résidents laïcs et religieux – dont un grand nombre étaient opposés à l’événement.

Cela fait des années que la communauté LGBTQ préparait ce défilé qui marque un tournant, et ce malgré l’opposition chez les habitants, ont expliqué les organisateurs Shay Tevet et Alice Hoffman.

« Nous sommes excités de voir ce rêve enfin réalisé. Il nous semblait encore tellement éloigné il y a quelques mois », ont expliqué les organisateurs à la Treizième chaîne.

« Nous invitons tous les habitants de Beit Shemesh et des environs, qui pensent que l’amour est l’amour et que tout le monde a sa place dans la ville, à y participer », avaient-ils ajouté.

La manifestation a eu lieu dans le parc Geffen, entourée d’une lourde sécurité, et a réuni des participants religieux et laïcs. Les organisateurs désiraient initialement défiler dans la ville mais l’autorisation ne leur a pas été donnée.

Les organisateurs de la Gay pride de Beit Shemesh, Alice Hoffman, à gauche, et Shay Tevet, à droite, lors d’une interview accordée à Ynet, le 25 juillet 2019. (Capture d’écran : YouTube)

L’événement a été organisé par les jeunes résidents LGBTQ de la ville, qui ont profité de cette occasion pour évoquer leurs expériences et encourager le pluralisme et la tolérance.

Depuis l’idée initiale, « trois années se sont écoulées et la communauté LGBTQ s’est réveillée. Nous avons tous vu les manifestations en faveur de l’égalité, l’année dernière, et nous les voyons aujourd’hui, avec tous ces événements mis en place pour la Gay pride cette année, avec 50 événements dans tout Israël, et aussi avec la nouvelle maire de la ville, Aliza Bloch qui serait plus libérale que le précédent », a dit Tevet au site Ynet.

Des affiches collées dans la ville qui faisaient la promotion de la Gay pride ont été vandalisées la semaine dernière, et des opposants à la marche ont brandi des pancartes la dénonçant dans la journée de jeudi.

En réponse, Ohad Hizki, directeur de l’Association pour l’égalité LGBTQ en Israël, a déclaré : « Nous ne nous tairons pas face à la haine et aux violences et nous continuerons à soutenir tous ceux qui ont été meurtris en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre grâce au centre d’enregistrement des incidents de notre association et grâce à tous les outils dont nous disposons. »

Avant le défilé, Tevet a expliqué que les LGBTQ se battraient pour être acceptés dans la communauté.

« Quand je marche dans la rue, je tente de ne pas montrer des signes attestant de qui je suis en réalité parce que ce n’est pas accepté dans cette ville. La population, ici, ne nous accepte pas », a dit Tevet.

Bloch, une femme sioniste religieuse, est devenue la première femme maire de Beit Shemesh l’année dernière, après l’avoir remporté au second tour face au maire sortant, l’ultra-orthodoxe Moshe Abutbol.

Aliza Bloch, la nouvelle maire élue de Beit Shemesh, prend la parole lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville de Beit Shemesh, le 20 novembre 2018. (Yaakov Lederman/Flash90)

Elle a indiqué au début du mois à la Treizième chaîne que la ville était plus libérale que Tel Aviv, célèbre pour son importante Gay pride annuelle. Elle a ajouté qu’elle ne soutiendrait pas la Gay pride de Beit Shemesh, clamant qu’elle ne croyait « ni dans les mouvements de protestation, ni dans les défilés ».

« Beit Shemesh est une ville bien plus libérale que Tel Aviv. Voyez qui a été élu ici », a-t-elle dit, faisant référence à elle-même.

« Je ne pense pas qu’à Tel Aviv, aujourd’hui, il serait possible d’établir une synagogue ou une grande yeshiva. Ca fait aussi partie, de mon point de vue, du libéralisme », a-t-elle ajouté.

Ces dernières années, Beit Shemesh a connu des conflits entre habitants ultra-orthodoxes et laïcs non-ultra-orthodoxes en raison des restrictions sur l’habillement des femmes et la séparation des sexes dans les bus.

Lors d’un incident très médiatisé survenu en 2011, une fillette ultra-orthodoxe de huit ans qui se rendait à l’école avait essuyé les crachats d’hommes ultra-orthodoxes à cause de sa tenue jugée comme impudique.

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