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Pression de représentants US sur Israël au sujet des groupes classés terroristes

Un groupe bipartisan dirigé par le sénateur Coons a affirmé que Jérusalem avait accepté de fournir plus d'informations au Congrès

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le sénateur Chris Coons (D-DE) s'adresse aux journalistes à Jérusalem, le 10 novembre 2021 (Crédit : Lazar Berman, Times of Israel).
Le sénateur Chris Coons (D-DE) s'adresse aux journalistes à Jérusalem, le 10 novembre 2021 (Crédit : Lazar Berman, Times of Israel).

Un groupe bipartisan et bicaméral de législateurs américains a demandé des éclaircissements concernant la désignation par Israël de six organisations de la société civile palestinienne comme groupes terroristes, a déclaré le sénateur Chris Coons (Démocrate, Delaware) lors d’une conférence de presse à Jérusalem mercredi.

« La proposition a été faite, et les membres du Congrès pourront l’examiner à peu près au moment de notre retour la semaine prochaine », a-t-il déclaré.

Le mois dernier, Israël a déclaré six organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme comme liées au Front populaire de libération de la Palestine, un mouvement politique laïc et de gauche doté d’une branche armée qui a mené des attaques meurtrières contre des Israéliens. Israël et les pays occidentaux considèrent le FPLP comme organisation terroriste.

Mais un dossier confidentiel israélien détaillant les liens présumés entre les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme et le FPLP n’a pas réussi à convaincre les pays européens de cesser de financer ces groupes.

M. Coons a déclaré que la question des implantations avait été abordée lors de toutes leurs réunions, mais n’a pas voulu s’étendre davantage sur ce qui a été dit.

Le Premier ministre Naftali Bennett a rencontré la délégation mardi. Dans un tweet mercredi matin, Bennett a reconnu « l’excellente réunion » avec la délégation bipartisane.

La sénatrice Jacky Rosen (D-NV) s’adresse aux journalistes à Jérusalem, le 10 novembre 2021. (Crédit : Lazar Berman / Times of Israel)

La délégation devait rencontrer le ministre de la Défense, Benny Gantz, plus tard dans la journée de mercredi, avant de s’envoler pour l’Allemagne.

La délégation – composée des sénateurs Coons, Jacky Rosen (Démocrate-Nevada), Kirsten Gillibrand (Démocrate-New York), Michael Bennet (Démocrate-Colorado), Joni Ernst (Républicain-Iowa), Tammy Baldwin (Démocrate-Wisconsin) et des représentants Bruce Westerman (Républicain-Arkansas) et Tom Malinowski (Démocrate-New Jersey) – comprend des membres des commissions les plus influentes du Congrès, notamment celles du Renseignement, des Services armés, des Relations étrangères, des Crédits et du Commerce.

Le groupe a rencontré le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, plus tôt dans la journée à Ramallah.

« La question du consulat a été soulevée à chacune de nos rencontres », a déclaré M. Coons, soulignant « qu’il est important pour les États-Unis de continuer à avoir un dialogue ouvert avec l’Autorité palestinienne ».

M. Shtayyeh a apprécié que les États-Unis renouvellent leur soutien à l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, selon M. Coons.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, lors d’une conférence de presse à Ramallah, le 29 mars 2020. (Crédit : Wafa)

Le président américain de l’époque, Donald Trump, avait réduit le financement de l’UNRWA en 2018. L’agence fournit une assistance à plus de cinq millions de Palestiniens enregistrés auprès d’elle dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et au Liban. Israël fait depuis longtemps pression pour la fermeture de l’UNRWA, arguant qu’elle contribue à perpétuer le conflit avec les Palestiniens puisqu’elle confère le statut de réfugié aux descendants des personnes initialement déplacées à l’époque de la guerre d’indépendance d’Israël.

Les huit sénateurs et membres du Congrès ont souligné que les deux partis continuaient de soutenir l’État juif.

« Le soutien à Israël reste bipartisan et fort au sein du Congrès des États-Unis », a déclaré M. Coons.

« Renforcer le soutien bipartisan – et il doit être bipartisan – à la relation États-Unis-Israël est d’une importance capitale, car Israël est un phare de la démocratie dans le monde, c’est un allié stratégique, c’est un partenaire économique important. C’est une nation progressiste qui soutient le droit des femmes, l’égalité LGBTQ, et l’accès à des soins de santé abordables pour tous ses citoyens », a déclaré Rosen, ancienne présidente de synagogue.

Le sénateur Chris Coons (D-DE), au centre, s’adresse aux journalistes à Jérusalem avec un groupe bipartisan de législateurs, le 10 novembre 2021. (Crédit : Lazar Berman / Times of Israel)

Rosen a également appelé les États-Unis « à travailler pour construire sur le succès des Accords d’Abraham, en élargissant l’accord historique à de nouveaux pays dans le monde arabe, et avec lesquels Israël peut former de nouveaux et productifs partenariats économiques et sociaux et des liens pacifiques ».

M. Coons, président de la puissante sous-commission des crédits du Sénat chargée des opérations étrangères et de l’État, a souligné que le projet de loi de crédits du Sénat pour l’exercice 2022 prévoyait 3,3 milliards de dollars pour Israël et 225 millions de dollars pour les Palestiniens. Le projet de loi prévoit également un soutien spécifique aux accords d’Abraham.

Le sénateur Coons a souligné que les responsables de l’administration Biden ont toujours été pleinement favorables à l’élargissement des accords d’Abraham dans leur communication avec le Sénat.

Plusieurs membres de la délégation ont abordé les niveaux croissants d’antisémitisme aux États-Unis.

Rosen, co-fondatrice du tout premier groupe de travail bipartisan pour combattre l’antisémitisme, a déclaré : « Nous devons nous assurer que, que ce soit dans les couloirs du Congrès ou dans nos communautés, nous devons éduquer, éclairer et commencer à parler de ces questions et rassembler les gens. »

« Nous attendons avec impatience la confirmation de Deborah Lipstadt en tant qu’émissaire spéciale », a-t-elle ajouté.

« Nous devons le combattre partout, ce n’est pas seulement aux États-Unis », a déclaré Michael Bennet, dont la mère a survécu au Ghetto de Varsovie. « Nous étions à Bruxelles le premier jour de ce voyage, et la question de l’antisémitisme a été évoquée à chaque réunion. »

Les législateurs ont été clairs dans leur soutien ferme à un futur État palestinien, Coons qualifiant le groupe de « fervents partisans de la solution à deux États ».

« Nous devons travailler pour soutenir une solution à deux États dans laquelle les Israéliens et les Palestiniens peuvent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité », a déclaré Gillibrand.

La question des plaintes palestiniennes contre Israël auprès de la Cour pénale internationale de La Haye n’a été évoquée dans aucune des conversations avec les Israéliens, a précisé M. Coons.

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